Le cancer de la vulve est une tumeur rare qui atteint la région vulvaire. Diagnostiqué à un stade localisé, il se traite principalement par la chirurgie. La prise en charge dépend de la taille de la tumeur, de sa localisation et de l'atteinte ganglionnaire.
Le cancer de la vulve se développe au niveau de la région vulvaire — principalement sur les grandes lèvres. Dans 90 % des cas, il s'agit d'un carcinome épidermoïde de la vulve. Des démangeaisons persistantes, une plaie qui ne cicatrise pas ou une modification de l'aspect vulvaire sont les signes d'alerte les plus fréquents.
On vous a proposé une biopsie vulvaire, ou on vous a parlé de VIN ou de lichen scléreux et atrophique ? Ce n'est pas forcément un cancer. Une consultation permet de faire le point.
Parmi les facteurs de risque du cancer de la vulve : le lichen scléreux et atrophique, une infection à HPV (types 16 et 18), le tabac, et un état d'immunodépression. L'âge médian au diagnostic est de 77 ans en France — mais ce cancer peut survenir à tout âge.
Le cancer de la vulve est classé selon la classification FIGO (Fédération Internationale de Gynécologie et d'Obstétrique), qui guide les décisions de traitement. Stade I : tumeur limitée à la vulve, sans atteinte ganglionnaire. Stade II : extension aux structures adjacentes (urètre inférieur, vagin, anus). Stade III : atteinte ganglionnaire inguinale. Stade IV : extension à distance ou aux structures pelviennes. La majorité des cancers de la vulve sont diagnostiqués aux stades I et II.
Vous souhaitez une prise en charge chirurgicale rapide ou un deuxième avis sur votre diagnostic ou votre plan de traitement ?
Le type histologique du cancer — c'est-à-dire la nature des cellules analysées au microscope — oriente directement le traitement et le pronostic. Dans le cancer de la vulve, le carcinome épidermoïde représente la grande majorité des cas.
Une particularité importante : le cancer de la vulve peut être multifocal — plusieurs zones de la vulve peuvent être atteintes simultanément. Cette éventualité est systématiquement recherchée avant toute décision chirurgicale, car elle influence directement l'étendue du geste opératoire.
Le cancer de la vulve est souvent détecté à un stade localisé, justement parce qu'il provoque des signes reconnaissables. Consultez rapidement si vous avez l'un de ces signes persistants depuis plusieurs semaines.
Vous avez l'un de ces signes, notamment des démangeaisons ou une lésion qui ne cicatrise pas ? Ne restez pas seule avec cette incertitude — une consultation permet de savoir rapidement à quoi vous avez affaire.
Du premier rendez-vous jusqu'à la fin du traitement, voici comment les choses se déroulent concrètement. Chaque décision est discutée en réunion pluridisciplinaire et avec vous.
Le type d'opération dépend de la taille de la tumeur, de sa localisation, et de ce que décide la réunion pluridisciplinaire. Voici ce que chaque intervention implique concrètement.
Ce que c'est. La vulvectomie retire tout ou partie de la vulve selon l'extension tumorale et la localisation de la lésion. Elle peut être partielle (excision locale élargie) ou totale. C'est l'opération de référence pour le cancer de la vulve. L'objectif est d'obtenir des marges chirurgicales saines.
Quand on la propose. Dans la grande majorité des cas de cancer de la vulve invasif, dès lors que la chirurgie est possible. L'étendue du geste est adaptée à chaque situation, en préservant au maximum la fonction et l'aspect.
Comment ça se passe. L'opération dure 1h à 3h selon les gestes associés (curage inguinal inclus ou non). Elle est réalisée sous anesthésie générale. L'hospitalisation dure en général 3 à 5 jours à la Clinique Hartmann.
Et mes ovaires ? La chirurgie vulvaire ne touche pas à l'utérus ni aux ovaires. Vous ne serez pas ménopausée par cette opération.
Une chirurgie qui peut être mutilante. La vulvectomie est une intervention qui modifie l'anatomie vulvaire de façon souvent importante. Selon l'étendue du geste, les conséquences sur l'image corporelle et la vie intime peuvent être significatives. Ces aspects sont abordés en consultation, avant toute décision. Dans les cas où l'exérèse est particulièrement étendue, une reconstruction immédiate par lambeau peut être nécessaire pour couvrir le défect cutané — cette éventualité est anticipée et planifiée avant l'intervention.
Les complications de cicatrisation. La cicatrisation vulvaire est souvent difficile et longue — 4 à 8 semaines en moyenne, parfois davantage. Des défauts de cicatrisation (désunion de plaie, nécrose partielle, infection locale) sont fréquents et font partie des complications les plus courantes après vulvectomie. Des soins locaux quotidiens sont nécessaires, et un suivi infirmier à domicile est systématiquement organisé à la sortie.
À quoi ça sert. Quand un cancer se propage, il passe d'abord par les ganglions lymphatiques de l'aine (ganglions inguinaux). Le ganglion sentinelle est le premier ganglion que le cancer atteindrait s'il se propageait. Si ce ganglion est sain, on évite un curage inguinal complet et ses complications.
Comment ça se fait. Le plus souvent par voie isotopique : on injecte un traceur radioactif autour de la tumeur la veille ou le matin de l'opération. Ce traceur se dirige vers le ganglion sentinelle inguinal, détecté en salle d'opération à l'aide d'une sonde gamma. On le retire pour analyse anatomopathologique. Un colorant bleu peut être utilisé en complément selon les centres.
Si le ganglion sentinelle n'est pas identifié, un curage inguinal complet est réalisé.
Ce que c'est. Le curage inguinal consiste à retirer les ganglions lymphatiques de l'aine — d'un seul côté ou des deux selon la localisation de la tumeur. Ces ganglions sont analysés pour savoir si des cellules cancéreuses s'y sont propagées.
Pourquoi c'est important. Le résultat de l'analyse des ganglions détermine si un traitement complémentaire est nécessaire après l'opération (radiothérapie). C'est une information qui change parfois la stratégie de traitement.
Est-il toujours réalisé ? Non — la décision dépend du type de cancer et de son stade. Quand un ganglion sentinelle est réalisé, son résultat guide la décision : si le ganglion est sain, le curage peut être évité ; s'il est envahi, le curage est réalisé.
Le principal risque. Le lymphœdème — un gonflement de la jambe dû à une perturbation de la circulation lymphatique. Ce risque existe mais est limité, surtout quand le ganglion sentinelle permet d'éviter un curage extensif. Une kinésithérapie spécialisée permet de le prévenir et de le traiter.
La radiothérapie. Elle peut être recommandée après la chirurgie en cas de marges chirurgicales insuffisantes ou d'atteinte ganglionnaire. Dans certaines situations de tumeur localement avancée non opérable d'emblée, une radiochimiothérapie concomitante peut être proposée en première intention.
La chimiothérapie. Elle est plus rarement utilisée dans le cancer de la vulve. Elle est réservée aux formes avancées ou métastatiques, souvent en association avec la radiothérapie. Elle ne concerne pas les stades précoces traités par chirurgie seule.
La décision se prend en RCP, après analyse de la pièce opératoire, et est discutée avec vous lors d'une consultation dédiée.
Une réalité à anticiper. Le cancer de la vulve peut récidiver, le plus souvent dans les deux premières années suivant le traitement. La récidive peut être locale (sur la vulve), régionale (ganglions inguinaux) ou à distance. C'est pourquoi la surveillance rapprochée après traitement est essentielle.
Le traitement de la récidive. Chaque récidive est discutée en réunion pluridisciplinaire. Selon sa localisation et son étendue, une nouvelle chirurgie peut être proposée — parfois plus étendue que la première intervention. La radiothérapie et la chimiothérapie peuvent également être indiquées, seules ou en association.
L'importance du suivi. Un examen clinique régulier permet de détecter une récidive à un stade précoce, où les options thérapeutiques sont plus nombreuses. Tout signe inhabituel entre deux consultations — douleur, saignement, gonflement dans l'aine — doit être signalé rapidement sans attendre le prochain rendez-vous prévu.
Un cancer qui touche principalement les femmes âgées. L'âge médian au diagnostic du cancer de la vulve est de 77 ans en France. La chirurgie reste le traitement de référence, mais elle doit être adaptée à l'état général de la patiente.
L'évaluation gériatrique. Pour les patientes de plus de 75 ans ou présentant des comorbidités importantes, une consultation d'oncogériatrie est systématiquement proposée avant l'opération. Cette évaluation — notamment le score G8 — permet de mesurer la capacité à tolérer une chirurgie lourde et d'adapter le projet thérapeutique si nécessaire.
Des alternatives à la chirurgie. Lorsque l'état de santé général ne permet pas une intervention chirurgicale, d'autres options peuvent être discutées en RCP : radiothérapie exclusive, radiochimiothérapie concomitante, ou traitement à visée palliative. L'âge seul n'est jamais une contre-indication — c'est l'état général qui compte.
Une question sur le type d'opération qui vous concerne ? Je vous explique tout lors d'une consultation.
La chirurgie n'est pas la fin du parcours. Voici ce que vous pouvez attendre concrètement dans les semaines et les mois qui suivent.
Vous avez des questions sur les suites d'une opération ? Je réponds aux questions pratiques pendant la consultation — pas seulement aux questions médicales.
Les questions les plus posées en consultation. Posez-moi les vôtres lors de notre rendez-vous.
Le cancer de la vulve est une maladie rare qui mérite une prise en charge chirurgicale experte, dans un centre disposant d'une expérience spécifique en chirurgie vulvaire. À Paris, le Dr Jérémie Zeitoun prend en charge les cancers de la vulve à la Clinique Hartmann (Neuilly-sur-Seine) et reçoit en consultation au 241 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris 8e. Chaque dossier est présenté en réunion pluridisciplinaire avant toute décision chirurgicale.
Venez avec vos questions, vos résultats, vos doutes. On prend le temps d'en parler ensemble.
Les consultations et interventions du Dr Zeitoun sont remboursées par l'Assurance Maladie sur la base du tarif Sécurité sociale. En cas de cancer (ALD 30), la prise en charge est à 100 % sur ce tarif.