Quand le cancer est infiltrant, il faut savoir si les ganglions lymphatiques de l'aisselle sont atteints — c'est une information clé pour la suite du traitement. C'est une étape qui inquiète souvent. La technique du ganglion sentinelle a permis de la rendre beaucoup moins lourde qu'elle ne l'était autrefois.
Le ganglion sentinelle. Selon la technique utilisée, le repérage du ganglion sentinelle peut se faire de deux façons — ou en combinant les deux pour une détection plus fiable.
Avec traceur radioactif — la veille de l'opération, un rendez-vous est prévu en médecine nucléaire : un traceur est injecté autour de l'aréole et migre vers le premier ganglion de l'aisselle. Le lendemain, une sonde gamma le localise pendant l'opération. Ce rendez-vous est organisé par le secrétariat.
Avec fluorescence — une technique plus récente qui utilise un colorant fluorescent injecté en début d'intervention, détecté grâce à une caméra infrarouge. Elle permet de repérer le ganglion sentinelle sans injection la veille et sans passage en médecine nucléaire — ce qui simplifie le parcours préopératoire. Les deux techniques peuvent aussi être combinées pour une double détection, particulièrement utile dans les cas complexes.
Quel que soit le mode de repérage, le principe reste le même : si ce ganglion ne contient pas de cellules cancéreuses, l'exploration s'arrête là — les autres ganglions ne sont pas touchés, ce qui préserve la sensibilité du bras et réduit fortement le risque de lymphoedème.
Quand le ganglion sentinelle est atteint — le curage n'est plus systématique. Les données médicales actuelles montrent que dans de nombreuses situations, un ganglion sentinelle positif ne justifie plus d'emblée un curage axillaire complet. La radiothérapie axillaire ciblée (technique TAD — Targeted Axillary Dissection — ou irradiation axillaire seule) permet aujourd'hui de traiter l'aisselle avec moins de séquelles dans un grand nombre de cas. La décision se prend au cas par cas, en RCP, en tenant compte du nombre de ganglions atteints, du type de tumeur et des traitements complémentaires prévus.
Quand le curage axillaire reste nécessaire — ganglions massivement envahis ou suspects à l'imagerie préopératoire — c'est un geste plus étendu, avec des suites un peu plus lourdes : sérome possible (accumulation de liquide traitée par ponctions indolores), hypoesthésie transitoire du bras interne, risque de lymphoedème. La kinésithérapie spécialisée, à débuter idéalement dès 7 à 10 jours après l'opération, est fortement recommandée — prendre rendez-vous dès maintenant, les délais sont souvent longs.
En cas de CCIS (cancer non infiltrant), un geste ganglionnaire n'est généralement pas nécessaire.