L'hormonothérapie en cancer du sein
Pour 80 % des cancers du sein, la chirurgie (tumorectomie ou mastectomie) ne suffit pas à elle seule. Selon votre situation, le traitement peut associer plusieurs approches : radiothérapie, chimiothérapie, immunothérapie, thérapies ciblées — et hormonothérapie. Cette dernière, un traitement médicamenteux pris pendant 5 à 10 ans, réduit significativement le risque de récidive et de mortalité. Ce n'est pas une chimiothérapie : ce sont des comprimés (ou des injections mensuelles), à domicile, à prendre tous les jours.
Le cancer du sein dit hormonodépendant se nourrit des hormones féminines — œstrogènes et progestérone. L'hormonothérapie agit en bloquant cette stimulation hormonale, soit au niveau du récepteur tumoral, soit en empêchant la production des œstrogènes. C'est l'un des traitements les plus efficaces que la médecine ait à offrir dans le cancer du sein.
L'indication est posée selon trois critères analysés sur votre compte-rendu d'anatomopathologie : les récepteurs aux œstrogènes (RE), les récepteurs à la progestérone (RP) et — pour orienter la stratégie associée — le statut HER2 et le Ki67. L'indication d'hormonothérapie n'est pas influencée par le statut HER2 : un cancer HER2+ qui est aussi hormonodépendant recevra une hormonothérapie.
Mon rôle dans cette phase : vous expliquer pourquoi ce traitement vous est proposé, vous accompagner dans la compréhension des bénéfices et des effets secondaires, et travailler en lien étroit avec l'oncologue médical qui supervisera la prescription et le suivi. L'observance est déterminante — arrêter prématurément le traitement diminue significativement son efficacité.
Ces recommandations sont issues de l'INCa 2025 et du référentiel SénoriF 2025-2026, mis à jour en s'appuyant sur les essais TEXT, SOFT, MA17, ATAC, BIG 1-98, ATLAS, aTTom, MonarchE, NATALEE et OlympiA.



