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Thérapies ciblées cancer du sein — Dr Jérémie Zeitoun Paris
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Médecine de précision · Paris 8e & Neuilly-sur-Seine

Thérapies ciblées du cancer du sein Dr Jérémie Zeitoun · Chirurgien Paris 8e

Anti-HER2, inhibiteurs CDK4/6, inhibiteurs PARP. Une cible biologique, une molécule. La médecine de précision a transformé le pronostic du cancer du sein.

Dr Jérémie Zeitoun chirurgien Paris
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L'ESSENTIEL

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CHIFFRES CLÉS

Chiffres clés — Thérapies ciblées

Données chiffrées issues des grands essais cliniques internationaux.

1 sur 6
cancers du sein concerné par un traitement anti-HER2
3 sur 4
cancers du sein sensibles aux hormones : l'hormonothérapie est leur traitement principal
5 à 10 %
cancers du sein liés à une mutation génétique BRCA : les inhibiteurs PARP leur sont destinés
− 1/3
de risque de récidive grâce au trastuzumab dans les cancers HER2 positifs
× 2
temps de stabilité de la maladie grâce aux inhibiteurs CDK4/6
Ce que nous garantissons

Une thérapie ciblée n'est jamais prescrite « à l'aveugle ». Elle repose sur un profil biologique précis de votre tumeur — et chaque décision se discute en équipe pluridisciplinaire.

01
Le choix d'une thérapie ciblée est toujours fondé sur un test biologique précis (HER2, récepteurs hormonaux, BRCA) — pas sur des suppositions.
02
Aucune décision n'est prise par un seul médecin : votre dossier est discuté en RCP (oncologue, chirurgien, radiothérapeute, anatomopathologiste).
03
Vous êtes suivie de près : bilans biologiques, échographie cardiaque (FEVG), accès direct à votre oncologue. Tout effet secondaire est anticipé et traité.
Section 01 · Comprendre

Qu'est-ce qu'une thérapie ciblée ?

Chaque cancer du sein est unique. Les thérapies ciblées sont des médicaments choisis en fonction des caractéristiques précises de votre maladie, pour vous proposer le traitement le plus adapté à votre situation.

Une thérapie ciblée est un médicament qui agit spécifiquement sur ce qui fait grandir un cancer : une protéine particulière à la surface des cellules cancéreuses (comme HER2), une voie biologique qu'elles utilisent pour se multiplier, ou une faiblesse propre à leur ADN. À la différence de la chimiothérapie qui agit largement sur toutes les cellules à division rapide (cheveux, sang, muqueuses), la thérapie ciblée concentre son action sur la tumeur — d'où une efficacité supérieure et, le plus souvent, une meilleure tolérance.

Dans le cancer du sein, il y a trois grandes familles de thérapies ciblées :

  • → les anti-HER2 — quand votre tumeur « capte » trop un signal de croissance appelé HER2. Le médicament le plus connu est l'Herceptin (nom scientifique : trastuzumab).
  • → les inhibiteurs CDK4/6 — quand votre tumeur est sensible aux hormones. Ils freinent la division des cellules cancéreuses. Trois noms à retenir : Ibrance, Kisqali, Verzenios.
  • → les inhibiteurs PARP — quand vous portez une mutation génétique BRCA. Ils profitent d'une faiblesse particulière des cellules tumorales pour les détruire. Connus sous les noms Lynparza et Talzenna.

Comment savoir laquelle vous concerne ? C'est votre biopsie qui le dit. Le laboratoire d'anatomopathologie analyse votre tumeur et écrit son « identité » : HER2 positif ou négatif, récepteurs hormonaux présents ou non, mutation BRCA recherchée si nécessaire. Ce sont ces résultats qui guident le choix du traitement.

La décision finale n'est jamais prise par un seul médecin. Elle se fait en RCP — une réunion où chirurgien, oncologue, radiothérapeute et anatomopathologiste discutent ensemble de votre dossier, en suivant les recommandations françaises (SENORIF, INCa) et européennes.

Section 02 · Anti-HER2

Les anti-HER2 — l'archétype de la thérapie ciblée

Environ un cancer du sein sur six présente une particularité : ses cellules fabriquent en grande quantité une protéine appelée HER2. Située à la surface des cellules cancéreuses, cette protéine capte en permanence des signaux qui poussent la tumeur à se développer plus rapidement.

Pendant longtemps, ces cancers étaient considérés comme plus difficiles à traiter. Tout a changé avec l'arrivée du trastuzumab (nom commercial : Herceptin), un médicament conçu pour bloquer précisément cette protéine HER2. Aujourd'hui, les cancers du sein HER2 positifs sont parmi les mieux pris en charge, avec des résultats remarquables.

Comment sait-on qu'une tumeur est HER2 positive ? Le laboratoire d'anatomopathologie analyse votre biopsie et attribue un score de 0 à 3+. Un score de 3+ signifie HER2 positif — vous êtes alors éligible à un traitement anti-HER2. Un score de 0 ou 1+ est considéré comme HER2 négatif. Un score de 2+ demande un test complémentaire pour trancher.

À noter, une avancée récente : certains cancers avec un niveau faible de HER2 (appelés « HER2-low ») peuvent désormais bénéficier eux aussi de traitements ciblés.

Le pionnier

Herceptin (trastuzumab)

Le médicament qui a transformé le pronostic. Il se fixe sur la protéine HER2 présente à la surface des cellules cancéreuses et bloque le signal qui les pousse à se multiplier. Administré en perfusion ou en injection sous-cutanée pendant un an après la chirurgie. Une surveillance régulière du cœur par échographie cardiaque est mise en place tous les 3 mois — par simple mesure de prudence.

Le partenaire

Perjeta (pertuzumab)

Un deuxième médicament anti-HER2, qui se fixe sur la protéine HER2 à un endroit différent du trastuzumab. Combiner les deux permet de bloquer le signal de croissance de manière plus complète. Associé au trastuzumab et à une chimiothérapie dans les situations à risque plus élevé ou en cas de maladie avancée.

Le « cheval de Troie »

Kadcyla (T-DM1)

Imaginez un médicament qui livre la chimiothérapie directement à l'intérieur des cellules cancéreuses — comme un colis adressé spécifiquement à elles. C'est ça, Kadcyla : l'Herceptin transporte une molécule de chimiothérapie jusqu'aux cellules HER2+, et la libère uniquement là. Les cellules saines sont épargnées. Utilisé surtout quand il reste de la tumeur après la chimiothérapie avant chirurgie.

Nouvelle génération Avancée majeure

Enhertu (T-DXd)

La génération suivante de cette même approche, plus puissante. Même principe : livraison ciblée d'une chimiothérapie directement dans les cellules HER2+. Dans les études les plus récentes (DESTINY-Breast), il a montré des résultats spectaculaires face aux traitements précédents. Encore plus important : il fonctionne aussi sur des cancers qu'on croyait jusque-là HER2 négatifs (catégorie « HER2-low »), élargissant le bénéfice à beaucoup plus de patientes. Une surveillance des poumons est nécessaire (toux inhabituelle ou essoufflement à signaler).

Pour les métastases cérébrales

Tukysa (tucatinib)

Un comprimé qui bloque HER2 de l'intérieur de la cellule. Sa particularité : il franchit la barrière du cerveau. C'est donc le traitement de choix quand le cancer a essaimé jusqu'au cerveau — situation où beaucoup d'autres médicaments ne pénètrent pas bien (essai HER2CLIMB).

Pilules anti-HER2

Lapatinib, nératinib

D'autres comprimés qui bloquent HER2 par l'intérieur. Moins utilisés aujourd'hui que les médicaments plus récents, mais ils restent utiles dans certaines situations particulières, ou en relais quand les autres traitements n'ont pas tout réglé.

En pratique pour vous

Comment se passent les perfusions

Les perfusions se font en hôpital de jour, dans un fauteuil confortable, généralement toutes les 3 semaines. Chaque séance dure entre 30 et 90 minutes. L'équipe soignante est présente tout au long du traitement : infirmière, oncologue, secrétariat. Pour le trastuzumab, une forme par piqûre sous la peau (plus rapide, environ 5 minutes) est aussi possible — on en discute ensemble selon votre préférence.

La surveillance du cœur

Le trastuzumab peut, dans certains cas, fatiguer un peu le cœur. C'est généralement réversible — mais on préfère le détecter tôt. Une échographie cardiaque simple, indolore, est faite avant de commencer le traitement, puis tous les 3 mois. Elle mesure la force de contraction du cœur (la FEVG). Si une baisse est observée, on adapte le traitement ; dans la grande majorité des cas, tout rentre dans l'ordre.

Section 03 · CDK4/6

Inhibiteurs de CDK4/6 — bloquer le cycle cellulaire

Trois molécules, une révolution dans le cancer du sein RH+ HER2−.

Les inhibiteurs CDK4/6 sont des pilules qui freinent la division des cellules cancéreuses : ils bloquent une enzyme indispensable à leur division. Quand on les associe à l'hormonothérapie, ils doublent le temps pendant lequel le cancer reste sous contrôle, chez les patientes dont la tumeur est sensible aux hormones et HER2 négative.

Il existe trois médicaments de cette famille, proches mais pas identiques : ils ont chacun leur petit « profil » d'effets secondaires. Tous se prennent en comprimés, en cycles de 28 jours (avec ou sans pause hebdomadaire selon la molécule), toujours en association avec une hormonothérapie.

Les trois médicaments :

Le premier

Ibrance (palbociclib)

Le pionnier de la famille. Schéma : 3 semaines de comprimés, puis 1 semaine de pause, puis reprise du cycle. L'effet secondaire le plus fréquent est une baisse des globules blancs — sans danger en général, mais on surveille avec des prises de sang régulières.

Le suivant

Kisqali (ribociclib)

Schéma identique : 3 semaines de traitement, 1 semaine de pause. Effets à surveiller : baisse des globules blancs, un peu plus de surveillance du cœur (un ECG est fait régulièrement) et du foie. À noter : en France, ce médicament n'est pas remboursé en prévention de rechute après chirurgie — votre oncologue vous présentera les autres options disponibles.

Pour prévenir la rechute Adjuvant

Verzenios (abemaciclib)

Le seul de la famille remboursé en prévention de rechute en France, après la chirurgie, pour les cancers à risque plus élevé de revenir. Se prend en continu (sans semaine de pause). Effet secondaire principal : la diarrhée, qui se contrôle bien avec les conseils de l'équipe soignante. Aussi utilisé en situation avancée.

Quelle molécule retenir selon votre situation ?

En situation avancée, les trois médicaments marchent à peu près aussi bien. Le choix se fait surtout sur ce qui vous convient le mieux : votre profil de santé (cœur, digestion), votre mode de vie (préférez-vous une pause hebdomadaire ou un traitement continu ?), et l'expérience de votre équipe avec chaque molécule.

Pour la prévention de rechute après chirurgie, en France aujourd'hui, c'est le Verzenios qui est remboursé (pendant 2 ans). Le choix est fait en RCP selon votre risque personnel de récidive.

Une décision importante mérite un échange en consultation

Comprendre votre situation,
choisir le traitement le mieux adapté

Le Dr Zeitoun reçoit en consultation à Paris (rue du Faubourg Saint-Honoré) et à la Clinique Hartmann (Neuilly-sur-Seine). Consultation initiale, second avis, ou simplement avancer dans votre réflexion : chaque temps est important.

Prendre rendez-vous sur Doctolib → Demandez à être rappelée
241 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris · Clinique Hartmann, 92200 Neuilly-sur-Seine
Section 04 · PARP

Inhibiteurs de PARP — la létalité synthétique

Les inhibiteurs de PARP exploitent une particularité étonnante des cancers liés à une mutation BRCA. Pour comprendre : nos cellules ont en permanence des petites cassures dans leur ADN, et elles savent les réparer grâce à plusieurs « équipes de réparation ». Quand on porte une mutation BRCA (5 à 10 % des cancers du sein), une de ces équipes ne fonctionne pas — les cellules cancéreuses compensent en utilisant une autre équipe, appelée PARP.

Le médicament fait alors quelque chose de très astucieux : il bloque cette deuxième équipe PARP. Résultat ? Les cellules tumorales BRCA, n'ayant plus aucun moyen de réparer leur ADN, s'autodétruisent. Les cellules saines, elles, conservent leur première équipe et continuent à fonctionner normalement.

C'est une avancée majeure pour les patientes porteuses d'une mutation BRCA. Pris en prévention de rechute pendant 1 an après la chirurgie et la chimiothérapie, l'olaparib (Lynparza) réduit significativement le risque que le cancer revienne, et améliore la survie. En situation avancée, il est souvent mieux toléré que la chimiothérapie classique.

Pour savoir si vous êtes concernée, il faut un test génétique BRCA. Il se fait sur une simple prise de sang, en consultation d'oncogénétique. Ce test est systématiquement proposé pour certaines situations : cancer triple négatif, âge jeune, antécédents familiaux. Les résultats prennent plusieurs semaines.

Prévention rechute + situation avancée

Lynparza (olaparib)

La molécule la plus utilisée de cette famille. Se prend en comprimés deux fois par jour, pendant 1 an, après la chirurgie et la chimiothérapie, chez les patientes porteuses d'une mutation BRCA dont le cancer présente un risque élevé de revenir. Il réduit significativement ce risque. Globalement mieux toléré que la chimiothérapie classique.

Situation avancée

Talzenna (talazoparib)

Molécule apparentée, un peu plus puissante que le Lynparza. Un comprimé par jour. Utilisé surtout quand le cancer est plus avancé. À surveiller : la baisse des globules rouges (anémie) qui peut donner de la fatigue — facilement détectée par les prises de sang.

Effets indésirables à surveiller
Hématologique Anémie, thrombopénie, neutropénie — NFS plaquettes régulières.
Digestif Nausées (fréquentes, généralement gérables), modifications du goût.
Général Fatigue (50-60 % des patientes), asthénie chronique modérée.
Rare mais sérieux Syndrome myélodysplasique / leucémie aiguë myéloïde (risque < 1 %, surveillance prolongée justifiée).
Section 05 · Autres traitements

D'autres molécules ciblées

La recherche avance vite.

Au-delà des trois grandes familles, d'autres médicaments ciblés apparaissent régulièrement. Ils élargissent les options, en particulier dans les cancers du sein avancés ou métastatiques. Voici les principaux à connaître :

Triple négatif

Trodelvy (sacituzumab govitécan)

Même principe que l'Enhertu mais pour un autre type de cellules : il livre la chimiothérapie directement à l'intérieur des cellules cancéreuses, en visant un marqueur appelé Trop2 (présent sur la plupart des cancers triple négatifs). Permet aux patientes triple négatif avancé de vivre plus longtemps qu'avec une chimiothérapie classique.

Hormonothérapie nouvelle génération Innovation

Orserdu (élacestrant)

Une pilule qui détruit le récepteur des œstrogènes des cellules cancéreuses. Utile quand l'hormonothérapie habituelle et les inhibiteurs CDK4/6 ne marchent plus, et que la tumeur a développé une certaine mutation (ESR1). Une nouvelle option qui évite parfois de passer à la chimiothérapie.

Pour mutation PIK3CA

Piqray (alpelisib)

Cible une autre voie de signalisation appelée PI3K, présente chez environ une patiente sur trois à un stade avancé. Une analyse de la tumeur (ou du sang) cherche la mutation PIK3CA pour savoir si vous y êtes éligible. Principal effet : une élévation du sucre dans le sang, qui se gère avec un suivi régulier.

Voie AKT

Truqap (capivasertib)

Une molécule apparentée au Piqray, qui bloque une étape voisine de la même voie de signalisation. Utilisé en situation avancée, en association avec une hormonothérapie, quand certaines mutations sont retrouvées dans la tumeur.

Pour redonner sa chance à l'hormonothérapie

Afinitor (everolimus)

Quand l'hormonothérapie classique ne suffit plus, ce médicament — pris en pilule — peut la rendre à nouveau efficace. Effets à surveiller : petits aphtes dans la bouche, parfois une inflammation des poumons.

Immunothérapie Triple négatif

Pembrolizumab — réveiller le système immunitaire

Bien qu'il ne s'agisse pas strictement d'une thérapie ciblée, mais une approche révolutionnaire : ce médicament réactive vos propres défenses immunitaires pour qu'elles s'attaquent au cancer. Indiqué dans les cancers triple négatif, avant et après la chirurgie. Voir la fiche dédiée →

Section 06 · Votre parcours

D'une biopsie à la bonne molécule

L'indication d'une thérapie ciblée n'est jamais arbitraire : elle découle d'une succession d'étapes biologiques et décisionnelles qui transforment la biologie de votre tumeur en plan thérapeutique personnalisé. Voici ce parcours, du diagnostic à l'initiation du traitement.

  1. 01

    Biopsie histologique

    Diagnostic posé sur biopsie. Le compte-rendu détaille le type histologique (canalaire, lobulaire…), le grade SBR, le Ki67, les récepteurs hormonaux RE/RP, et le statut HER2. C'est la carte d'identité biologique de votre tumeur.

  2. 02

    Bilan d'extension

    Mammographie + échographie bilatérales, IRM si nécessaire. Pour les stades plus avancés ou les profils agressifs, TEP-scanner ou bilan complet d'extension. Bilan biologique (NFS, fonction rénale, hépatique, cardiaque par échographie cardiaque pré-thérapeutique).

  3. 03

    Consultation oncogénétique

    Recherche d'une mutation BRCA1/BRCA2 (parfois PALB2, TP53) proposée selon : triple négatif, âge jeune, antécédents familiaux. Le résultat oriente non seulement le traitement (inhibiteurs PARP) mais aussi la stratégie chirurgicale et la prévention familiale.

  4. 04

    RCP sénologique

    Votre dossier est discuté collectivement : oncologues médicaux, radiothérapeutes, anatomopathologistes, chirurgiens, parfois généticien. La stratégie complète (chirurgie première ou néoadjuvant ? quelle thérapie ciblée ? quelle séquence ?) est arrêtée selon les recommandations SENORIF, INCa, ESMO.

  5. 05

    Consultation d'annonce

    Présentation du plan personnalisé de soins (PPS) avec l'oncologue médical : nature et durée du traitement, modalités d'administration, effets secondaires attendus, surveillance. Possibilité de questionner, de demander un deuxième avis, de réfléchir.

  6. 06

    Initiation et surveillance

    Démarrage du traitement : voie IV (anti-HER2), per os (CDK4/6, PARP, SERD), ou ADC en perfusion. Surveillance adaptée à chaque classe : cardiologique (anti-HER2 → FEVG trimestrielle), hématologique (CDK4/6, PARP → NFS), respiratoire (T-DXd → toux, dyspnée), biochimique (ribociclib → bilan hépatique, QT). Consultations rapprochées initialement.

Section 07 · Documents & ressources

Documents utiles

Pour préparer vos consultations, comprendre votre traitement, et suivre votre parcours, voici les ressources documentaires que je mets à votre disposition.

Vos questions

Questions fréquentes sur les thérapies ciblées

Les questions que les patientes posent le plus souvent — avant le traitement, pendant, ou simplement pour comprendre ce qui leur est proposé. Si la vôtre n'est pas là, elle trouvera sa réponse en consultation.

Qu'est-ce qu'une thérapie ciblée dans le cancer du sein ?
Une thérapie ciblée est un traitement médicamenteux qui agit sur une anomalie biologique précise de la tumeur — un récepteur, une protéine, une voie de signalisation. Contrairement à la chimiothérapie qui attaque toutes les cellules à division rapide, elle vise une cible spécifique. Trois grandes familles existent dans le cancer du sein : les anti-HER2 (pour les tumeurs HER2+), les inhibiteurs de CDK4/6 (pour les tumeurs hormono-dépendantes avancées), et les inhibiteurs de PARP (pour les tumeurs avec mutation BRCA).
Aurai-je droit à une thérapie ciblée ?
L'indication d'une thérapie ciblée dépend du profil biologique de votre tumeur, déterminé à partir de la biopsie et de la pièce opératoire. Trois critères principaux : le statut HER2 (positif = anti-HER2 possible), les récepteurs hormonaux associés au stade (RH+ avancé = CDK4/6 possible), et la présence d'une mutation BRCA (= PARP possible). La décision est prise en RCP selon les recommandations SENORIF, INCa et ESMO.
Comment fonctionne le trastuzumab (Herceptin) ?
Le trastuzumab est un anticorps monoclonal qui se fixe sur le récepteur HER2 à la surface des cellules tumorales. Il bloque les signaux de prolifération et stimule le système immunitaire pour détruire la cellule. En adjuvant, après la chirurgie, il réduit d'environ un tiers la mortalité par cancer du sein HER2+. Il s'administre par perfusion ou par injection sous-cutanée pendant 1 an. Le principal effet indésirable à surveiller est la cardiotoxicité — une échographie cardiaque (FEVG) est réalisée tous les 3 mois pendant le traitement.
Qu'est-ce que le T-DXd (trastuzumab deruxtecan, Enhertu) ?
Le T-DXd est un anticorps drogue conjugué (ADC) : un anticorps anti-HER2 lié à une chimiothérapie. L'anticorps amène la chimiothérapie directement à l'intérieur des cellules tumorales HER2+. Il a démontré une efficacité majeure dans les essais DESTINY-Breast (PFS médiane prolongée versus comparateur). Il a transformé le pronostic du cancer du sein HER2+ métastatique en deuxième ligne, et son indication s'élargit désormais aux tumeurs HER2-low (HER2 faiblement exprimé). Effet indésirable spécifique à surveiller : la pneumopathie interstitielle.
À quoi servent les inhibiteurs de CDK4/6 (palbociclib, ribociclib, abemaciclib) ?
Les inhibiteurs de CDK4/6 bloquent le cycle cellulaire des cellules cancéreuses en agissant sur des protéines (CDK4 et CDK6) qui régulent leur division. Ils sont prescrits par voie orale, en association à l'hormonothérapie, dans le cancer du sein RH+/HER2− avancé ou métastatique. Cette combinaison double la durée sans progression de la maladie. L'abemaciclib (Verzenios) a également une indication adjuvante dans les formes RH+/HER2− à haut risque de rechute (essai MonarchE). En France, le ribociclib (Kisqali) n'a pas obtenu de remboursement en situation adjuvante précoce.
Inhibiteurs de PARP : pour qui, pourquoi ?
Les inhibiteurs de PARP (olaparib, talazoparib) ciblent les cellules tumorales déficientes en réparation de l'ADN — typiquement celles porteuses d'une mutation BRCA1 ou BRCA2 (5 à 10 % des cancers du sein). Le principe est la létalité synthétique : en bloquant un mécanisme de réparation, on tue sélectivement les cellules déjà fragilisées. En adjuvant, l'olaparib pendant 1 an après la chimiothérapie réduit significativement le risque de rechute chez les patientes gBRCAm à haut risque (essai OlympiA). En métastatique, ces molécules ont prolongé la survie sans progression (OlympiAD, EMBRACA).
Faut-il faire un test génétique BRCA avant d'envisager un inhibiteur de PARP ?
Oui — l'indication des inhibiteurs de PARP repose sur la mise en évidence d'une mutation pathogène de BRCA1 ou BRCA2 (germinale, le plus souvent). Le test est réalisé en consultation d'oncogénétique sur prélèvement sanguin. Le résultat met plusieurs semaines. Pour les cancers triple négatifs ou HER2−/RH+ à haut risque, le test est systématiquement proposé, y compris en l'absence d'antécédent familial. Une mutation BRCA a des conséquences au-delà du choix thérapeutique : surveillance renforcée, parfois mastectomie prophylactique controlatérale, et information de la famille. Évaluer mon risque héréditaire →
Les thérapies ciblées remplacent-elles la chimiothérapie ?
Pas systématiquement — elles s'y associent ou s'y substituent selon le cas. En situation HER2+, l'association trastuzumab + pertuzumab + chimiothérapie reste un standard. En métastatique, certaines thérapies ciblées (T-DXd, sacituzumab govitécan) ont surpassé la chimiothérapie classique en deuxième ligne. Pour les cancers RH+/HER2−, l'association CDK4/6 + hormonothérapie permet souvent de différer la chimiothérapie. Pour les BRCA mutés, les inhibiteurs de PARP peuvent remplacer la chimiothérapie en métastatique. La décision est toujours individualisée et discutée en RCP.
Quels sont les effets secondaires des thérapies ciblées ?
Variables selon la molécule. Les anti-HER2 peuvent affecter la fonction cardiaque (surveillance par échocardiographie). Le T-DXd peut entraîner une pneumopathie interstitielle. Les inhibiteurs de CDK4/6 provoquent des baisses des globules blancs (palbociclib, ribociclib) ou de la diarrhée (abemaciclib). Les inhibiteurs de PARP donnent surtout anémie, fatigue et nausées, avec un risque rare mais sérieux de syndrome myélodysplasique au long cours. Globalement, ces traitements sont mieux tolérés que la chimiothérapie classique — moins d'alopécie, moins de nausées sévères — mais nécessitent une surveillance spécifique.
Les thérapies ciblées sont-elles remboursées ?
Le cancer du sein est une affection longue durée (ALD 30). Les thérapies ciblées disposant d'une AMM et d'un avis favorable au remboursement par la HAS sont prises en charge à 100 % par l'Assurance Maladie sur la base du tarif Sécurité sociale. Certains traitements récents font l'objet d'un accès précoce ou compassionnel selon les indications. En 2025, le ribociclib (Kisqali) n'a pas obtenu le remboursement en situation adjuvante précoce — votre oncologue vous informera des options selon votre situation.
Combien de temps dure un traitement par thérapie ciblée ?
La durée varie selon l'indication. En adjuvant : trastuzumab 1 an, olaparib 1 an, abemaciclib 2 ans, ribociclib 3 ans (selon les protocoles validés). En métastatique : le traitement est poursuivi tant qu'il est efficace et bien toléré — il peut donc durer plusieurs mois à plusieurs années. La surveillance est rapprochée (consultations, examens biologiques, imagerie).
Qu'est-ce que le HER2-low et pourquoi est-ce important ?
Historiquement, les tumeurs étaient classées HER2 positives (IHC 3+ ou FISH amplifié) ou HER2 négatives. Une nouvelle catégorie, HER2-low (IHC 1+ ou 2+ non amplifié en FISH), représente environ la moitié des cancers du sein HER2− et bénéficie désormais du T-DXd en situation métastatique après l'essai DESTINY-Breast04. C'est une révolution : des patientes qui n'étaient pas éligibles aux anti-HER2 peuvent maintenant en tirer bénéfice. Demandez à votre oncologue le statut HER2 précis sur votre compte-rendu.
Peut-on avoir une grossesse pendant ou après une thérapie ciblée ?
Aucune grossesse n'est possible pendant le traitement, et une contraception efficace est obligatoire. Une consultation d'oncofertilité doit être proposée avant le début des traitements si un projet de grossesse existe — congélation d'ovocytes ou d'embryons. Après la fin de tous les traitements, une grossesse est possible, en discussion avec l'équipe d'oncologie. L'essai POSITIVE a confirmé qu'une interruption temporaire de l'hormonothérapie pour grossesse n'aggrave pas le pronostic.
Quelle est la place de la chirurgie quand on reçoit une thérapie ciblée ?
Pour les cancers localisés, la chirurgie reste la pierre angulaire — la thérapie ciblée la précède (néoadjuvant) ou la suit (adjuvant). En néoadjuvant, certaines associations (trastuzumab + pertuzumab + chimiothérapie pour les HER2+) permettent une régression tumorale parfois complète (pCR), améliorant le pronostic. Pour les cancers métastatiques d'emblée, la chirurgie n'est plus systématique : la thérapie ciblée occupe la première place. La stratégie est définie en RCP.
Peut-on demander un deuxième avis avant une thérapie ciblée ?
Oui, et c'est encouragé. Demander un deuxième avis avant une décision thérapeutique majeure est légitime et courant. Cela ne retarde généralement pas la prise en charge. Il suffit d'apporter votre compte-rendu de biopsie, les résultats d'imagerie et le compte-rendu de RCP éventuel. Je propose des consultations de deuxième avis au cabinet de Paris 8e et à la Clinique Hartmann.
Risque héréditaire
Mutation BRCA : la clé
des inhibiteurs de PARP

Un questionnaire informatif en 6 questions explore votre histoire familiale à partir du Score d'Eisinger — outil recommandé par l'Institut National du Cancer. Une mutation BRCA conditionne l'indication d'un inhibiteur de PARP (olaparib, talazoparib). Confidentiel, anonyme, aucune donnée enregistrée.

Faire le questionnaire → En savoir plus sur ces outils
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COMPARATIF

Comparatif des trois grandes familles — Anti-HER2 vs CDK4/6 vs PARP

Critère Anti-HER2 CDK4/6 PARP
Indication HER2+ (IHC 3+ ou FISH+) — tous stades. T-DXd aussi pour HER2-low métastatique. RH+/HER2− avancé/métastatique. Abemaciclib aussi en adjuvant haut risque. Mutation BRCA1 ou BRCA2 germinale, HER2−.
Molécules principales Trastuzumab, pertuzumab, T-DM1, T-DXd, tucatinib Palbociclib, ribociclib, abemaciclib Olaparib, talazoparib
Voie d'administration IV ou sous-cutanée (anticorps) — per os (tucatinib) Per os (orale) Per os (orale)
Combinaison standard + chimiothérapie (taxane) ± pertuzumab + hormonothérapie (anti-aromatase ou fulvestrant) Monothérapie
Bénéfice clé Trastuzumab adjuvant : ≈ −33 % mortalité (HERA, BCIRG-006) PFS doublée en métastatique (HR ≈ 0,55) IDFS et OS améliorés en adjuvant (OlympiA)
Toxicité dominante Cardiotoxicité (FEVG), pneumopathie interstitielle (T-DXd) Neutropénie (palbo/ribo), diarrhée (abema), QT long (ribo) Anémie, fatigue, nausées. MDS/LAM rare
Surveillance spécifique Échocardiographie trimestrielle NFS, ECG (ribociclib), bilan hépatique NFS plaquettes régulières, surveillance prolongée
Test compagnon IHC HER2 ± FISH RE/RP + HER2 sur biopsie Test génétique BRCA (oncogénétique)

Sources : essais HERA, BCIRG-006, CLEOPATRA, APHINITY, KATHERINE, DESTINY-Breast03/04/09, PALOMA-2/3, MONALEESA-2/3/7, MonarchE, OlympiA, OlympiAD, EMBRACA. Recommandations SENORIF 2025-2026, ESMO, NCCN, INCa, HAS.

Sources & références

Références scientifiques

Cet article s'appuie sur le Référentiel SENORIF 2025-2026 (référentiel francilien de pathologie mammaire), les recommandations des sociétés savantes (INCa, HAS, ESMO, NCCN, ABC, Saint-Gallen, Saint Paul de Vence) et la littérature internationale des grands essais pivots.

  1. SENORIF. Référentiel diagnostique et thérapeutique SEIN 2025-2026 — Référentiel francilien de pathologie mammaire. PDF Curie.
  2. Tutt ANJ, Garber JE, Kaufman B, et al. Adjuvant Olaparib for Patients with BRCA1- or BRCA2-Mutated Breast Cancer (OlympiA). N Engl J Med. 2021;384(25):2394-2405. NEJMoa2105215.
  3. Geyer CE Jr, Garber JE, Gelber RD, et al. Overall survival in the OlympiA phase III trial of adjuvant olaparib in patients with germline pathogenic variants in BRCA1/2 and high-risk, early breast cancer. Ann Oncol. 2022;33(12):1250-1268. Ann Oncol.
  4. Cortés J, Kim SB, Chung WP, et al. Trastuzumab Deruxtecan versus Trastuzumab Emtansine for Breast Cancer (DESTINY-Breast03). N Engl J Med. 2022;386(12):1143-1154. PubMed 35320644.
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  6. Tolaney SM, Jiang Z, Zhang Q, et al. T-DXd + pertuzumab vs taxane + trastuzumab + pertuzumab in first-line HER2+ metastatic breast cancer (DESTINY-Breast09). J Clin Oncol. 2025;43(suppl 17):LBA1008. FDA approval.
  7. Swain SM, Baselga J, Kim SB, et al. Pertuzumab, trastuzumab, and docetaxel in HER2-positive metastatic breast cancer (CLEOPATRA). N Engl J Med. 2015;372(8):724-734. PubMed 25693012.
  8. von Minckwitz G, Procter M, de Azambuja E, et al. Adjuvant pertuzumab and trastuzumab in early HER2-positive breast cancer (APHINITY). N Engl J Med. 2017;377(2):122-131. PubMed 28581356.
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  10. Johnston SRD, Toi M, O'Shaughnessy J, et al. Abemaciclib plus endocrine therapy in HR+/HER2- early breast cancer (MonarchE). Lancet Oncol. 2023;24(1):77-90. PubMed 36493792.
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  17. INCa. Avis d'experts — Inhibiteurs des CDK 4 et 6 : abémaciclib, palbociclib, ribociclib. Septembre 2022. INCa.
Article rédigé et médicalement vérifié par le Dr Jérémie Zeitoun, chirurgien cancérologue sénologue à Paris, ancien praticien spécialiste à l'Institut Gustave Roussy. Dernière mise à jour : 10 mai 2026.

Cet article a vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale individuelle.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre thérapie ciblée et chimiothérapie ?

La chimiothérapie agit sur toutes les cellules à division rapide (cancéreuses et saines — d'où alopécie, nausées, baisse des défenses). La thérapie ciblée vise une anomalie biologique précise (HER2, CDK4/6, défaut BRCA), d'où une efficacité accrue sur la cible et une meilleure tolérance globale.

Quelle thérapie ciblée pour quel sous-type de cancer du sein ?

HER2+ : trastuzumab ± pertuzumab ± T-DXd. RH+/HER2− avancé : inhibiteur CDK4/6 + hormonothérapie. BRCA muté : inhibiteur PARP (olaparib, talazoparib). HER2-low métastatique : T-DXd désormais possible. Triple négatif métastatique : sacituzumab govitécan, pembrolizumab + chimiothérapie.

Le trastuzumab guérit-il le cancer du sein HER2+ ?

En adjuvant après chirurgie, le trastuzumab réduit d'environ un tiers la mortalité par cancer du sein HER2+ (essais HERA, BCIRG-006). Combiné aux autres traitements (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie), il permet d'obtenir une rémission durable chez la majorité des patientes stade précoce. En métastatique, il prolonge significativement la survie sans progression et la survie globale.

Une thérapie ciblée est-elle remboursée à 100 % ?

Le cancer du sein est en ALD 30, prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie. Les thérapies ciblées disposant d'une AMM et d'un avis favorable au remboursement HAS sont incluses. Cas particulier en 2025 : ribociclib (Kisqali) non remboursé en adjuvant précoce ; abemaciclib (Verzenios) remboursé en adjuvant haut risque ; olaparib remboursé en adjuvant gBRCAm.

Faut-il un test BRCA avant tout traitement ?

Pas systématiquement, mais une consultation d'oncogénétique est proposée pour les cancers triple négatifs (quel que soit l'âge), les patientes jeunes (< 50 ans), en présence d'antécédents familiaux significatifs (score d'Eisinger ≥ 3), ou pour les cancers RH+/HER2− à haut risque éligibles à l'olaparib adjuvant. Le test conditionne l'indication d'un inhibiteur de PARP.

La chirurgie reste-t-elle nécessaire si je reçois une thérapie ciblée ?

Oui, pour les cancers du sein localisés, la chirurgie reste la pierre angulaire — la thérapie ciblée la précède (néoadjuvant) ou la suit (adjuvant). En néoadjuvant HER2+, l'association trastuzumab + pertuzumab + chimiothérapie peut conduire à une réponse complète histologique (pCR), améliorant le pronostic. Pour les cancers métastatiques, la chirurgie n'est plus systématique.

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