
Une cicatrice radiaire est une lésion bénigne du sein, classée B3 sur la biopsie. C'est une lésion à risque, discutée entre spécialistes, et une opération est souvent proposée.
Les mots « cicatrice radiaire » figurent sur le compte rendu de votre biopsie. Malgré ce nom, il ne s'agit pas d'une ancienne cicatrice : ce mot peut apparaître chez une femme qui n'a pas été opérée du sein et n'a pas reçu de coup. C'est un nom donné au microscope, qui décrit l'aspect d'une petite zone de la glande.
Le radiologue a réalisé les examens d'imagerie et le prélèvement. Le Dr Zeitoun, chirurgien, intervient ensuite : il reprend le dossier avec vous et vous explique la suite. Les explications qui suivent reposent sur le référentiel SENORIF 2025-2026, document de référence des équipes qui prennent en charge les maladies du sein en Île-de-France.
Votre compte rendu mentionne une cicatrice radiaire ? Le Dr Zeitoun reprend avec vous les clichés et les résultats, puis vous explique ce qui est proposé.
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Au microscope, l'anatomopathologiste, médecin qui examine les tissus prélevés, voit des canaux du sein qui convergent vers un centre ferme. C'est cet aspect en rayons qui a donné le mot « radiaire ».
Le mot « cicatrice » vient de l'aspect de ce centre, qui ressemble à du tissu cicatriciel. Il ne veut pas dire que le sein a été blessé ou opéré. Une vraie cicatrice, laissée par une opération ancienne, est autre chose : signalez au radiologue toute opération passée sur ce sein.
Une cicatrice radiaire est une lésion bénigne, et non un cancer.
Le compte rendu de l'anatomopathologiste range chaque prélèvement dans une catégorie, de B1 à B5 : B1 correspond à du tissu normal, B2 à une lésion bénigne, B3 à une lésion bénigne qui demande une vérification, B4 à une lésion suspecte et B5 à un cancer.
Ce B3 n'a rien à voir avec le classement ACR 3 de la classification BI-RADS, que vous avez peut-être lu sur un compte rendu de mammographie. L'ACR 3 est donné par le radiologue, d'après l'image : il désigne une image probablement bénigne, qui est en général surveillée par des clichés de contrôle plutôt que prélevée. Le B3 est donné par l'anatomopathologiste, d'après le tissu retiré lors de la biopsie : il désigne une lésion bénigne à risque. Les deux « 3 » ne mesurent pas la même chose.
La cicatrice radiaire est classée B3. On parle de lésion à risque, ou de lésion « de potentiel malin incertain ». Cette expression ne veut pas dire que la zone est en train de devenir maligne. Elle rappelle que l'aiguille n'a analysé qu'une partie de la zone : des cellules anormales, ou un cancer, peuvent se trouver tout près sans avoir été prélevés. D'autres lésions sont classées B3, comme le papillome.
Le compte rendu précise aussi s'il existe des atypies. Une atypie est une cellule dont l'aspect s'écarte de celui d'une cellule normale, sans être une cellule de cancer. La présence d'atypies à côté de la cicatrice radiaire, par exemple une hyperplasie canalaire atypique, est prise en compte dans la décision.
Ces trois noms désignent la même famille de lésions. Les recommandations européennes parlent de cicatrice radiaire quand la zone est petite, le plus souvent moins d'un centimètre, et de lésion sclérosante complexe quand elle est plus grande et moins régulière. « Nodule d'Aschoff », ou centre prolifératif d'Aschoff, est un nom plus ancien, encore employé par certains médecins. La prise en charge se discute de la même façon pour les trois.
On ne connaît pas la cause précise. Elle n'est pas liée à un choc ni à une opération ancienne : le mot « cicatrice » décrit seulement son aspect au microscope.
Elle est en général découverte sur une mammographie, souvent faite dans le cadre du dépistage. Elle peut aussi être trouvée par hasard, lors d'une biopsie faite à cause d'une autre image.

Le plus souvent, une cicatrice radiaire ne donne pas de signe : pas de boule sous les doigts, pas d'écoulement par le mamelon, pas de changement de la peau. C'est l'imagerie qui la fait découvrir.
Sur la mammographie, elle se présente souvent comme une distorsion architecturale, c'est-à-dire une petite zone où les lignes de la glande se rejoignent vers un même point, ou comme une image spiculée, en forme d'étoile. Elle peut aussi s'accompagner de microcalcifications, de minuscules dépôts de calcium visibles sur les clichés.
Le radiologue complète souvent par une échographie, et parfois par une IRM. Il classe ensuite l'image avec le système BI-RADS, nom actuel de la classification ACR, établie par la société américaine de radiologie, qui indique si une image est bénigne, à surveiller ou à prélever.
La distorsion architecturale et l'image en étoile sont des aspects que le radiologue voit sur les clichés. La cicatrice radiaire est ce que l'anatomopathologiste voit au microscope, sur le tissu prélevé. Une même distorsion peut correspondre à une cicatrice radiaire, à une autre lésion bénigne ou à un cancer. C'est pour faire la différence que le radiologue propose une biopsie.

La biopsie est un geste du radiologue, fait sous anesthésie locale.
Le radiologue choisit entre deux gestes. Avec la microbiopsie, il introduit plusieurs fois une aiguille fine et recueille à chaque passage une carotte, autrement dit un mince cylindre de glande ; l'échographie lui sert le plus souvent de guide. Avec la macrobiopsie, l'aiguille est plus grosse et aspire le tissu, ce qui permet d'en recueillir un volume plus important sans la ressortir à chaque fois.
Le radiologue termine en déposant un clip, une petite pièce de métal qui marque l'endroit prélevé. Il reste en place sans gêne et permet de retrouver la zone si une opération est décidée. Le compte rendu arrive habituellement en quelques jours. Les raisons de ce temps d'attente sont détaillées dans l'article sur le délai de résultat d'une biopsie.
Quand le compte rendu arrive, le radiologue vérifie que ce que dit le microscope correspond à ce qu'il a vu sur l'image. C'est ce qu'on appelle la concordance. Si les deux concordent, par exemple une cicatrice radiaire pour une image en étoile, on peut s'appuyer sur ce résultat. S'ils ne concordent pas, le dossier est discuté en RCP, la réunion de concertation pluridisciplinaire où plusieurs spécialistes du sein étudient ensemble chaque dossier. Un nouveau prélèvement ou un retrait de la zone peut alors être proposé.

Une cicatrice radiaire est bénigne. Mais elle fait partie des lésions à risque, et chaque dossier est discuté en RCP. Le plus souvent, une exérèse chirurgicale est proposée, c'est-à-dire le retrait de la zone au bloc opératoire, pour l'analyser en entier et vérifier qu'il n'y a pas de cancer juste à côté de ce que l'aiguille a prélevé. Cette proposition se discute au cas par cas.
En RCP, radiologues, anatomopathologistes, chirurgiens et oncologues (médecins spécialistes des traitements du cancer) examinent ensemble vos clichés et vos comptes rendus. Après cette réunion, le Dr Zeitoun vous explique la proposition et décide avec vous de la suite.
Trois possibilités existent, selon le dossier :
Le choix se fait au cas par cas, selon l'aspect de l'image, la présence ou non d'atypies, votre âge, vos antécédents et vos souhaits.
La zone n'est en général pas palpable, c'est-à-dire qu'on ne la sent pas en touchant le sein. Avant l'opération, le radiologue place donc un repère au contact du clip : c'est le repérage préopératoire, dont les techniques sont présentées sur sa page. Le Dr Zeitoun retire ensuite la zone repérée. Le geste correspond à une tumorectomie, le retrait d'une petite partie du sein ; son déroulement et ses suites sont détaillés sur cette page. L'intervention se déroule à la Clinique Hartmann, à Neuilly-sur-Seine.
Pour comprendre la décision prise en RCP ou préparer l'opération, le Dr Zeitoun vous reçoit avec votre dossier.
Être rappelée par le secrétariatPrendre RDV sur Doctolib →Toute la zone retirée est analysée par l'anatomopathologiste. Le Dr Zeitoun vous explique ce résultat lors d'une consultation après l'opération.
Le plus souvent, l'analyse confirme une cicatrice radiaire, avec ou sans atypies. En général, il n'y a alors pas lieu de réopérer, même si la lésion touche les berges, c'est-à-dire les limites du tissu retiré.
L'analyse peut parfois montrer un cancer. Le dossier est alors rediscuté en RCP et le Dr Zeitoun vous présente le traitement adapté. Si les berges du tissu retiré ne sont pas saines, il peut être nécessaire de réopérer une deuxième fois.
Une surveillance par échographie et/ou par mammographie est ensuite prévue pendant dix ans, à un rythme fixé avec le Dr Zeitoun.
Le retrait d'une petite zone du sein est une opération courante. Les suites possibles, comme un hématome (une petite poche de sang sous la cicatrice), sont décrites sur la page tumorectomie et reprises avec vous avant l'intervention.

Le rendez-vous a lieu après la biopsie. Le Dr Zeitoun relit les clichés, le compte rendu du radiologue et celui de l'anatomopathologiste, et vous présente la proposition faite après la RCP. Si une opération est retenue, il vous explique le repérage, où se trouvera la cicatrice sur la peau, et quand l'analyse de la zone retirée sera disponible.
Pensez à venir avec tout votre dossier d'imagerie : les clichés et le disque, les comptes rendus du radiologue, le compte rendu de la biopsie, les examens des années précédentes pour comparer, et vos ordonnances en cours.
Vous avez déjà reçu une proposition et souhaitez un autre regard : le Dr Zeitoun peut donner un second avis sur votre dossier.
Consultations au cabinet du 241 rue du Faubourg Saint-Honoré (Paris 8e) et à la Clinique Hartmann (Neuilly-sur-Seine). La chirurgie a lieu à la Clinique Hartmann.
Secteur 2, non adhérent à l'OPTAM, avec dépassements d'honoraires possibles. Le montant est expliqué en consultation et inscrit sur un devis avant l'intervention.
C'est un nom lu sur le compte rendu de biopsie, qui décrit seulement l'aspect au microscope : des canaux qui convergent vers un centre ferme, semblable à du tissu cicatriciel. Il ne suppose ni opération, ni choc, ni blessure.
Non. C'est une lésion bénigne classée B3, parmi les lésions à risque. L'opération, quand elle est proposée, sert à vérifier qu'il n'y a pas de cancer à côté de la zone prélevée par l'aiguille.
Pas forcément. Le plus souvent, une exérèse chirurgicale est proposée. Selon le dossier, la RCP peut aussi retenir une macrobiopsie d'exérèse faite par le radiologue, ou une surveillance. Le Dr Zeitoun décide avec vous, au cas par cas.
Le plus souvent, non : l'opération se décide après la RCP, à partir de la première biopsie. Un nouveau prélèvement peut être discuté si le résultat ne correspond pas à l'image.
Si l'analyse montre une cicatrice radiaire, avec ou sans atypies, il n'y a en général pas lieu de réopérer. Si elle montre un cancer, le dossier est rediscuté en RCP, et une deuxième opération peut être nécessaire pour obtenir des bords sains.
Une surveillance par échographie et/ou par mammographie pendant dix ans, à un rythme fixé avec le Dr Zeitoun.
Le Dr Zeitoun vous reçoit pour relire votre compte rendu et organiser la suite, au cabinet ou à la Clinique Hartmann.
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