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Cancer du sein

Carcinome lobulaire infiltrant que faire ?

Ce mot est écrit sur votre biopsie, ou sur un courrier. Cet article explique ce que veut dire le mot, quels examens le voient le mieux, comment on choisit de garder le sein ou de l’enlever, et comment expliquer au mieux la prise en charge.

Dr Jérémie Zeitoun
Le mot

Le mot, simplement

Schéma d’une coupe du sein : le muscle pectoral et les côtes, la glande avec ses lobules et ses canaux qui rejoignent le mamelon, la graisse et la peau.

« Lobulaire » veut dire que la maladie commence dans les lobules, les petites glandes qui fabriquent le lait. Elle ne commence pas dans les canaux, ceux qui conduisent le lait vers le mamelon.

Le schéma du sein montre ces deux endroits. On y voit les glandes mammaires, c’est-à-dire les lobules, et les canaux galactophores.

« Infiltrant » et la membrane basale

  • « Infiltrant » (on dit aussi invasif, c’est le même mot) veut dire que les cellules ont franchi la membrane basale. Elles ne sont plus contenues dans le lobule.
  • La membrane basale, que l’on peut se représenter comme le sol sur lequel reposent les cellules, est la fine limite qui les retient dans le lobule.
  • « In situ » est une autre situation. Les cellules sont restées en deçà de la membrane basale. Elles ne l’ont pas franchie. Cet article parle de la forme infiltrante.
À retenir

L’E-cadhérine

L’E-cadhérine est une protéine qui colle les cellules entre elles. La présence d’E-cadhérine sur la biopsie prouve souvent le caractère canalaire. Son absence prouve plutôt le caractère lobulaire. Le compte rendu de la biopsie dit si cette protéine a été recherchée.

Le grade et les récepteurs

Le même compte rendu dit aussi :

  • le grade
  • les récepteurs aux œstrogènes
  • les récepteurs à la progestérone
  • le statut HER2.

Ces lignes comptent pour la suite. On les lit avec vous.

L’IRM

Angiomammographie et IRM mammaire

Salle d’IRM : une femme en blouse blanche debout près de l’appareil, la table d’examen devant le tunnel.

Le carcinome lobulaire infiltrant impose souvent une angiomammographie et/ou une IRM mammaire. On revoit ce choix au cas par cas, selon le plateau technique du cabinet de radiologie : les appareils dont il dispose, et l’examen qu’il peut réaliser dans de bonnes conditions.

L’IRM mammaire regarde les deux seins. Un produit de contraste est injecté dans une veine. L’examen dure un moment, allongée dans l’appareil. Le compte rendu est fait par le radiologue.

L’angiomammographie se fait aussi au cabinet de radiologie, sur un mammographe prévu pour l’injection. Elle regarde également les deux seins.

Cette étendue

Ces examens peuvent montrer une lésion nettement plus importante que ce que la mammographie laissait prévoir. Ils peuvent aussi montrer une lésion dans l’autre sein. C’est cette étendue, relue avec vous, qui sert à préparer l’opération. Ils ne remplacent pas la biopsie : c’est elle qui a nommé la maladie.

L’aisselle

L’aisselle

Une sonde d'échographie, un flacon de gel et un gant plié posés sur un plan blanc, devant un échographe dont l'écran, flou, affiche une image.

Ce qui est regardé

  • Comme dans tout cancer du sein, il y a toujours une analyse radiologique des aires ganglionnaires : mammographie, échographie, et ici IRM mammaire.
  • L’échographie est faite par le radiologue.
  • Il y a aussi une analyse clinique, faite par le chirurgien, en consultation.
  • De façon systématique, pendant la chirurgie, les ganglions sentinelles sont analysés. Ce sont les premiers relais de l’aisselle. Leur résultat figure sur le compte rendu après l’opération.
Les hormones

Hormonothérapie

À retenir

Le plus souvent

Le plus souvent, les cancers du sein sont dits hormonosensibles. Ils portent des récepteurs aux œstrogènes et des récepteurs à la progestérone. Le carcinome lobulaire l’est très souvent.

Le traitement bloque l’action des hormones. Il se prend pendant plusieurs années. Ce n’est pas une opération, et ce n’est pas une séance de radiothérapie. Le compte rendu dit si c’est votre cas.

Questions fréquentes

Infiltrant et invasif, est-ce le même mot ?

Oui. « Infiltrant » (on dit aussi invasif, c’est le même mot) veut dire que les cellules ont franchi la membrane basale. On peut se la représenter comme le sol sur lequel reposent les cellules.

Quelle différence avec le in situ ?

Dans la forme in situ, les cellules n’ont pas franchi la membrane basale. Cet article parle de la forme infiltrante.

À quoi sert l’E-cadhérine ?

C’est une protéine qui colle les cellules entre elles. La présence d’E-cadhérine sur la biopsie prouve souvent le caractère canalaire. Son absence prouve plutôt le caractère lobulaire.

La mammographie le voit-elle bien ?

Souvent, non. Le carcinome lobulaire infiltrant est souvent mal vu en mammographie et en échographie. Il est mieux visible en IRM. L’examen de référence est l’IRM mammaire et/ou l’angiomammographie. La taille réelle peut être sous-estimée. L’échographie du sein est faite par le radiologue.

Faut-il toujours une IRM ?

Le plus souvent, on fait une IRM mammaire ou une angiomammographie, selon le plateau technique du cabinet de radiologie. Ces examens peuvent montrer une lésion nettement plus importante que prévu, et une lésion dans l’autre sein.

Peut-on garder le sein ?

On en décide avec vous : votre choix, le bonnet mammaire, la taille de la ou des lésions, le caractère unifocal ou multifocal, unicentrique ou multicentrique, les antécédents de chirurgie mammaire, les antécédents cardiovasculaires. Plusieurs foyers n’imposent pas d’enlever le sein. La mastectomie se discute si la zone est trop étendue, si vous la choisissez, si la radiothérapie est impossible, ou dans de rares contre-indications, comme le cancer inflammatoire.

Pourquoi une seconde opération ?

Parce que la taille réelle peut avoir été sous-estimée. Si les marges de sécurité ne sont pas satisfaisantes, il faut opérer en deux temps.

Que fait-on dans l’aisselle ?

Comme dans tout cancer du sein : analyse radiologique des ganglions (mammographie, échographie par le radiologue, IRM mammaire) et examen clinique par le chirurgien. Pendant l’opération, les ganglions sentinelles sont analysés systématiquement.

Qui fait la radiothérapie ?

Le radiothérapeute, dans un service de radiothérapie. Le chirurgien ne délivre pas la radiothérapie.

L’hormonothérapie vous concerne-t-elle ?

Le plus souvent, les cancers du sein sont hormonosensibles, avec des récepteurs aux œstrogènes et à la progestérone. Le lobulaire l’est très souvent. L’hormonothérapie concerne la plupart des cancers hormonosensibles. Elle n’a pas de place sans récepteurs hormonaux. Le traitement bloque l’action des hormones, pendant plusieurs années. Le compte rendu dit si c’est votre cas.

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Page relue et validée par le Dr Jérémie Zeitoun — Paris, le 27 octobre 2026

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