Le mot, simplement

« Lobulaire » veut dire que la maladie commence dans les lobules, les petites glandes qui fabriquent le lait. Elle ne commence pas dans les canaux, ceux qui conduisent le lait vers le mamelon.
Le schéma du sein montre ces deux endroits. On y voit les glandes mammaires, c’est-à-dire les lobules, et les canaux galactophores.
« Infiltrant » et la membrane basale
- « Infiltrant » (on dit aussi invasif, c’est le même mot) veut dire que les cellules ont franchi la membrane basale. Elles ne sont plus contenues dans le lobule.
- La membrane basale, que l’on peut se représenter comme le sol sur lequel reposent les cellules, est la fine limite qui les retient dans le lobule.
- « In situ » est une autre situation. Les cellules sont restées en deçà de la membrane basale. Elles ne l’ont pas franchie. Cet article parle de la forme infiltrante.
L’E-cadhérine
L’E-cadhérine est une protéine qui colle les cellules entre elles. La présence d’E-cadhérine sur la biopsie prouve souvent le caractère canalaire. Son absence prouve plutôt le caractère lobulaire. Le compte rendu de la biopsie dit si cette protéine a été recherchée.
Le grade et les récepteurs
Le même compte rendu dit aussi :
- le grade
- les récepteurs aux œstrogènes
- les récepteurs à la progestérone
- le statut HER2.
Ces lignes comptent pour la suite. On les lit avec vous.
Mammographie et échographie

Le carcinome lobulaire infiltrant a une particularité : il est souvent mal vu en mammographie et en échographie. Il est plus sournois. La taille réelle peut être sous-estimée sur les images.
L’examen de référence
L’examen de référence est l’IRM mammaire et/ou l’angiomammographie. L’angiomammographie est une mammographie faite avec un produit de contraste à base d’iode, dans un cabinet de radiologie.
L’échographie
L’échographie du sein est faite par le radiologue. Le chirurgien la lit. Il ne la réalise pas.
Mieux visible en IRM
Cette tumeur est mieux visible en IRM qu’en mammographie ou en échographie.
Les marges de sécurité
Comme la taille peut être sous-estimée, il peut falloir opérer en deux temps. Après la première opération, le laboratoire regarde la bordure de tissu sain autour de la tumeur, les marges de sécurité. Si ces marges ne sont pas satisfaisantes, une seconde opération est nécessaire. On ne le sait qu’avec le compte rendu de la pièce retirée.
Le carcinome lobulaire infiltrant est souvent mal vu en mammographie et en échographie.
Le rendez-vous se prend auprès du secrétariat, ou sur Doctolib.
Angiomammographie et IRM mammaire

Le carcinome lobulaire infiltrant impose souvent une angiomammographie et/ou une IRM mammaire. On revoit ce choix au cas par cas, selon le plateau technique du cabinet de radiologie : les appareils dont il dispose, et l’examen qu’il peut réaliser dans de bonnes conditions.
L’IRM mammaire regarde les deux seins. Un produit de contraste est injecté dans une veine. L’examen dure un moment, allongée dans l’appareil. Le compte rendu est fait par le radiologue.
L’angiomammographie se fait aussi au cabinet de radiologie, sur un mammographe prévu pour l’injection. Elle regarde également les deux seins.
Cette étendue
Ces examens peuvent montrer une lésion nettement plus importante que ce que la mammographie laissait prévoir. Ils peuvent aussi montrer une lésion dans l’autre sein. C’est cette étendue, relue avec vous, qui sert à préparer l’opération. Ils ne remplacent pas la biopsie : c’est elle qui a nommé la maladie.
Conserver le sein ou l’enlever

On décide de garder le sein, ou de l’enlever, avec vous. Entrent dans ce choix :
- votre souhait
- le bonnet mammaire
- la taille de la lésion ou des lésions
- leur disposition
- vos antécédents de chirurgie mammaire
- vos antécédents cardiovasculaires
- d’autres éléments du dossier.
La disposition des foyers
La disposition se dit avec des mots précis.
- Unifocal : un seul foyer.
- Multifocal : plusieurs foyers.
- Unicentrique : ces foyers sont dans une même région du sein.
- Multicentrique : ils sont dans des régions éloignées l’une de l’autre.
Garder le sein
Garder le sein, c’est retirer la zone malade et conserver le reste. Plusieurs foyers n’imposent pas, à eux seuls, d’enlever le sein.
Enlever le sein
Enlever le sein, la mastectomie, se discute si la zone est trop étendue, si vous le choisissez, ou si une radiothérapie est impossible. Il existe aussi de rares contre-indications, comme le cancer inflammatoire.
On décide de garder le sein, ou de l’enlever, avec vous.
Le rendez-vous se prend auprès du secrétariat, ou sur Doctolib.
L’aisselle

Ce qui est regardé
- Comme dans tout cancer du sein, il y a toujours une analyse radiologique des aires ganglionnaires : mammographie, échographie, et ici IRM mammaire.
- L’échographie est faite par le radiologue.
- Il y a aussi une analyse clinique, faite par le chirurgien, en consultation.
- De façon systématique, pendant la chirurgie, les ganglions sentinelles sont analysés. Ce sont les premiers relais de l’aisselle. Leur résultat figure sur le compte rendu après l’opération.
Après l’opération

La pièce retirée
Le laboratoire décrit la pièce retirée :
- la taille réelle
- les marges
- les ganglions.
Ce compte rendu complète la biopsie. C’est lui qui dit si une seconde opération est nécessaire pour les marges.
Quand une radiothérapie est indiquée, les séances sont faites par le radiothérapeute, dans un service de radiothérapie. Le chirurgien ne délivre pas la radiothérapie. Il ne fait pas les séances. Il transmet le dossier au radiothérapeute, qui vous explique le déroulement.
Hormonothérapie
Le plus souvent
Le plus souvent, les cancers du sein sont dits hormonosensibles. Ils portent des récepteurs aux œstrogènes et des récepteurs à la progestérone. Le carcinome lobulaire l’est très souvent.
Le traitement bloque l’action des hormones. Il se prend pendant plusieurs années. Ce n’est pas une opération, et ce n’est pas une séance de radiothérapie. Le compte rendu dit si c’est votre cas.
Si le sein est enlevé : la reconstruction

Plusieurs techniques existent.
Les options
- Le DIEP prend la peau et la graisse du ventre.
- Le gracilis prend un tissu de la cuisse.
- Le grand dorsal utilise le muscle et la peau du dos.
- La prothèse restaure le volume avec un implant.
- Le lipofilling réinjecte votre propre graisse.
Le DIEP et le gracilis utilisent votre propre tissu et une microchirurgie. Ces deux gestes sont faits avec un confrère chirurgien plasticien. Le choix dépend de votre corps, de vos antécédents, et de ce que vous souhaitez. Aucune technique n’est promise à l’avance.
Immédiate ou différée
La reconstruction ne se discute que si la mastectomie est retenue. Elle peut être immédiate, dans le même temps, ou différée. On en parle avant l’opération.
Questions fréquentes
Infiltrant et invasif, est-ce le même mot ?
Oui. « Infiltrant » (on dit aussi invasif, c’est le même mot) veut dire que les cellules ont franchi la membrane basale. On peut se la représenter comme le sol sur lequel reposent les cellules.
Quelle différence avec le in situ ?
Dans la forme in situ, les cellules n’ont pas franchi la membrane basale. Cet article parle de la forme infiltrante.
À quoi sert l’E-cadhérine ?
C’est une protéine qui colle les cellules entre elles. La présence d’E-cadhérine sur la biopsie prouve souvent le caractère canalaire. Son absence prouve plutôt le caractère lobulaire.
La mammographie le voit-elle bien ?
Souvent, non. Le carcinome lobulaire infiltrant est souvent mal vu en mammographie et en échographie. Il est mieux visible en IRM. L’examen de référence est l’IRM mammaire et/ou l’angiomammographie. La taille réelle peut être sous-estimée. L’échographie du sein est faite par le radiologue.
Faut-il toujours une IRM ?
Le plus souvent, on fait une IRM mammaire ou une angiomammographie, selon le plateau technique du cabinet de radiologie. Ces examens peuvent montrer une lésion nettement plus importante que prévu, et une lésion dans l’autre sein.
Peut-on garder le sein ?
On en décide avec vous : votre choix, le bonnet mammaire, la taille de la ou des lésions, le caractère unifocal ou multifocal, unicentrique ou multicentrique, les antécédents de chirurgie mammaire, les antécédents cardiovasculaires. Plusieurs foyers n’imposent pas d’enlever le sein. La mastectomie se discute si la zone est trop étendue, si vous la choisissez, si la radiothérapie est impossible, ou dans de rares contre-indications, comme le cancer inflammatoire.
Pourquoi une seconde opération ?
Parce que la taille réelle peut avoir été sous-estimée. Si les marges de sécurité ne sont pas satisfaisantes, il faut opérer en deux temps.
Que fait-on dans l’aisselle ?
Comme dans tout cancer du sein : analyse radiologique des ganglions (mammographie, échographie par le radiologue, IRM mammaire) et examen clinique par le chirurgien. Pendant l’opération, les ganglions sentinelles sont analysés systématiquement.
Qui fait la radiothérapie ?
Le radiothérapeute, dans un service de radiothérapie. Le chirurgien ne délivre pas la radiothérapie.
L’hormonothérapie vous concerne-t-elle ?
Le plus souvent, les cancers du sein sont hormonosensibles, avec des récepteurs aux œstrogènes et à la progestérone. Le lobulaire l’est très souvent. L’hormonothérapie concerne la plupart des cancers hormonosensibles. Elle n’a pas de place sans récepteurs hormonaux. Le traitement bloque l’action des hormones, pendant plusieurs années. Le compte rendu dit si c’est votre cas.
Où en parler
Le Dr Zeitoun relit avec vous la biopsie, les images et les comptes rendus. La consultation a lieu au cabinet, ou en téléconsultation. Le rendez-vous se prend auprès du secrétariat, ou sur Doctolib.


