Le carcinome canalaire in situ (CCIS) est un cancer du sein « in situ », dit « stade 0 » : les cellules anormales restent confinées à l'intérieur des canaux et n'ont pas franchi la paroi qui les sépare du reste du sein. Il ne donne pas de métastases — mais on le traite, car il peut évoluer avec le temps vers un cancer infiltrant. Le plus souvent, il est découvert par des microcalcifications sur une mammographie de dépistage.
Si une biopsie a montré un carcinome canalaire in situ, ou si vous souhaitez un second avis sur la prise en charge chirurgicale, le Dr Zeitoun, chirurgien du sein (sénologue), vous reçoit en consultation au cabinet (Paris 8e) et à la Clinique Hartmann (Neuilly).
Le carcinome canalaire in situ (CCIS, en anglais DCIS) est la forme la plus fréquente de cancer du sein « in situ » — c'est-à-dire un cancer non infiltrant. Les cellules sont devenues cancéreuses, mais elles restent emprisonnées à l'intérieur des canaux (les galactophores) et n'ont pas traversé leur paroi, la membrane basale. Tant qu'elles n'ont pas franchi cette frontière, elles ne peuvent ni envahir le sein, ni essaimer ailleurs.
C'est pour cela qu'on parle de « stade 0 » : le CCIS ne donne pas de métastases. Le pronostic est excellent. Il représente environ 10 à 15 % des cancers du sein diagnostiqués, et la grande majorité est découverte grâce au dépistage, sous forme de microcalcifications, avant tout symptôme.
Si on le traite malgré tout, c'est parce qu'un CCIS laissé en place peut évoluer, avec le temps, vers un cancer infiltrant, lui potentiellement dangereux. Cet article explique ce qu'est un CCIS, comment on le découvre, et quelles sont les options de traitement.
Explication de votre diagnostic, choix de l'intervention (conservatrice ou mastectomie), second avis chirurgical : consultation directe avec le chirurgien du sein (sénologue).
Le sein est parcouru par un réseau de canaux (les galactophores), qui conduisent le lait vers le mamelon. La paroi interne de ces canaux est tapissée de cellules, séparées du reste du sein par une fine barrière : la membrane basale. Un carcinome canalaire in situ naît précisément de ces cellules.
Dans un CCIS, les cellules des canaux sont devenues cancéreuses, mais elles n'ont pas franchi la membrane basale : elles restent « in situ », à l'intérieur du canal. Or c'est justement le franchissement de cette membrane qui permet à un cancer d'envahir les tissus voisins et de gagner les vaisseaux.
Tant que la membrane est intacte, le cancer ne peut pas donner de métastases. C'est toute la différence — et toute la bonne nouvelle — d'un cancer « in situ » par rapport à un cancer infiltrant.
Parce qu'un CCIS est un précurseur : laissé en place, il peut, avec les années, se transformer en cancer infiltrant. Aujourd'hui, on ne sait pas prédire avec certitude quels CCIS évolueront et lesquels resteraient stables — d'où le principe de précaution.
Le traitement d'un CCIS est curatif : il retire complètement la lésion. C'est une situation différente de celle d'un cancer déjà infiltrant, où la prise en charge doit aussi tenir compte du risque d'atteinte à distance.
Plusieurs termes voisins figurent sur les comptes-rendus et prêtent à confusion.
Tous les CCIS ne se ressemblent pas. L'anatomopathologiste décrit la lésion selon son grade nucléaire — l'aspect, plus ou moins anormal, du noyau des cellules observées au microscope. On distingue trois niveaux, souvent complétés par la présence ou non de nécrose.
Les noyaux des cellules sont peu modifiés, encore proches de la normale. C'est le profil le plus indolent — celui qu'étudient les essais de surveillance.
Un aspect des noyaux à mi-chemin entre bas et haut grade. La prise en charge reste chirurgicale, adaptée à la taille de la lésion et à l'état des marges.
Les noyaux sont nettement anormaux, souvent avec de la nécrose au centre du canal — on parle alors de comédocarcinome. Ce profil récidive plus volontiers et oriente vers un traitement complet.
👉 Ce grade nucléaire est propre au CCIS : il décrit l'aspect des cellules et ne doit pas être confondu avec le grade SBR utilisé pour les cancers infiltrants. Avec la taille de la lésion et l'état des marges, il aide à choisir le traitement.
Dans la grande majorité des cas, un CCIS ne se voit pas et ne se palpe pas : il est asymptomatique. C'est le dépistage qui le révèle, souvent des années avant qu'il ne devienne infiltrant — ce qui explique son excellent pronostic.
Le CCIS se traduit le plus souvent par de fines microcalcifications groupées en foyer sur la mammographie — de minuscules dépôts de calcium, invisibles à l'œil et impalpables. Plus rarement, il se manifeste par une petite masse ou un écoulement du mamelon.
Devant un foyer suspect, le radiologue classe l'image ACR 4 ou 5 et réalise souvent des clichés agrandis. Cette classification exprime le degré de suspicion et conduit à prélever la zone. Comprendre la classification ACR / BI-RADS →
Le diagnostic de certitude repose sur une biopsie. Comme les microcalcifications ne sont visibles qu'en imagerie, on utilise une macrobiopsie guidée par la mammographie (stéréotaxie) : sous anesthésie locale, plusieurs petits prélèvements sont réalisés au niveau du foyer. La biopsie du sein, étape par étape →
L'anatomopathologiste confirme le CCIS et précise son grade ainsi que la présence éventuelle de nécrose. C'est ce compte-rendu qui, discuté en réunion pluridisciplinaire, fonde la stratégie de traitement. Comprendre votre compte-rendu →
Un bilan parfois complété par une IRM. Une IRM mammaire peut être demandée pour préciser l'étendue réelle du CCIS avant l'intervention, surtout si la lésion paraît vaste ou de haut grade : elle aide à choisir entre chirurgie conservatrice et mastectomie.
Le traitement du CCIS est chirurgical : retirer complètement la lésion. Il repose sur deux stratégies de référence — la chirurgie conservatrice suivie d'une radiothérapie, ou la mastectomie sans radiothérapie. À noter d'emblée : il n'y a pas de chimiothérapie pour un CCIS pur, puisqu'il n'est pas infiltrant.
On retire uniquement la zone atteinte, avec une marge de tissu sain autour (tumorectomie / zonectomie), en conservant le sein — puis une radiothérapie du sein complète le traitement. L'objectif est d'obtenir des marges saines (un consensus international retient 2 mm) ; à défaut, une reprise chirurgicale peut être nécessaire. Tumorectomie ou mastectomie ? →
Quand le CCIS est étendu, multifocal ou trop volumineux par rapport au sein, on propose l'ablation complète (mastectomie), avec ou sans reconstruction et sans radiothérapie. La reconstruction peut être immédiate ou différée.
Dans un traitement conservateur, le ganglion sentinelle n'est pas réalisé. En revanche, en cas de mastectomie, on le prélève dans le même temps opératoire : si l'analyse finale du sein retiré révélait un cancer infiltrant, il ne serait plus possible de l'explorer une fois le sein enlevé.
Chaque dossier de CCIS est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), qui réunit chirurgien, radiologue, anatomopathologiste, oncologue et radiothérapeute. La proposition qui en résulte vous est ensuite expliquée et décidée avec vous.
👉 Aucune de ces décisions n'est automatique. Le choix entre tumorectomie suivie de radiothérapie et mastectomie dépend de votre lésion (taille, grade, marges), de votre sein et de vos préférences. Tout se discute en consultation.
C'est le message le plus important : le pronostic d'un CCIS traité est excellent. Il s'agit d'un cancer pris à son tout premier stade, avant même qu'il ne soit devenu infiltrant.
Puisqu'une partie des CCIS de bas grade pourrait ne jamais devenir infiltrante, la recherche teste aujourd'hui une surveillance active — surveiller plutôt qu'opérer d'emblée — dans ce profil précis. Plusieurs grands essais internationaux (LORIS, LORD, COMET) évaluent cette stratégie.
À ce jour, la surveillance active n'est pas encore un standard : en dehors de ces essais, le traitement chirurgical reste recommandé. Mais c'est une piste prometteuse pour éviter, demain, de sur-traiter certaines patientes.
Les questions qui reviennent le plus souvent à propos du carcinome canalaire in situ. Si la vôtre n'y figure pas, n'hésitez pas à la poser lors du rendez-vous — ou à Sophie, l'assistante du site, en bas à droite.
Oui, au sens où les cellules sont bien devenues cancéreuses. Mais c'est un cancer « in situ », non infiltrant : les cellules restent confinées dans les canaux et n'ont pas franchi la membrane basale. On parle de « stade 0 » (Tis dans la classification TNM). C'est une forme de très bon pronostic, à ne pas confondre avec un cancer infiltrant.
Non. Tant que les cellules restent in situ, à l'intérieur des canaux, elles ne peuvent ni atteindre les ganglions axillaires, ni essaimer à distance. Un CCIS pur ne donne pas de métastases. Le risque, à long terme et s'il n'est pas traité, est qu'il évolue vers un cancer infiltrant.
Le plus souvent par le dépistage : des microcalcifications groupées sur une mammographie, sans aucun symptôme. Le radiologue classe alors l'image ACR 4 ou 5, et le diagnostic est confirmé par une macrobiopsie guidée par l'imagerie. Plus rarement, le CCIS se révèle par une masse ou un écoulement du mamelon.
Non, au contraire. Le traitement de référence est le plus souvent conservateur : on retire seulement la zone atteinte avec une marge de sécurité, en gardant le sein (tumorectomie), suivi d'une radiothérapie. La mastectomie est réservée aux CCIS étendus, multifocaux ou trop volumineux par rapport au sein. La décision se prend avec vous. Tumorectomie ou mastectomie ?
Pas dans un traitement conservateur : un CCIS pur n'atteint pas les ganglions. On réalise un ganglion sentinelle surtout en cas de mastectomie — au cas où l'analyse du sein retiré révélerait un cancer infiltrant, car il ne serait alors plus possible de l'explorer. Il n'y a jamais de curage axillaire d'emblée pour un CCIS.
Non. Le CCIS étant non infiltrant, il n'y a pas de chimiothérapie. Le traitement repose sur la chirurgie, complétée par une radiothérapie en cas de traitement conservateur.
Le risque de récidive existe, mais il est fortement réduit par un traitement complet (marges saines + radiothérapie, ou mastectomie). Quand une récidive survient, elle touche surtout le sein traité et se répartit à peu près pour moitié en récidive « in situ », pour moitié en cancer infiltrant. C'est tout l'intérêt de la surveillance mammographique annuelle, qui permet de la détecter tôt.
Pour aller plus loin dans la compréhension de votre diagnostic et de votre prise en charge.
Ce que veut dire la classification ACR / BI-RADS, ce qui se passe après une image classée 4 ou 5, et pourquoi une biopsie est proposée.
ChirurgieLes deux interventions, les critères de choix, la reconstruction et les situations particulières — pour une décision chirurgicale éclairée.
ChirurgieLe principe du ganglion sentinelle, à qui il s'adresse, comment se déroule l'intervention et quand un curage axillaire reste nécessaire.
Compte-renduGrade, marges, taille de la lésion, type histologique : décrypter le compte-rendu d'anatomopathologie après une biopsie ou une chirurgie du sein.
Cet article s'appuie sur les recommandations françaises et les grandes publications de référence concernant le carcinome canalaire in situ.
Si une biopsie a montré un carcinome canalaire in situ, ou si vous souhaitez un second avis sur la prise en charge chirurgicale, le Dr Jérémie Zeitoun, chirurgien du sein (sénologue), reçoit en consultation au cabinet du 8e arrondissement de Paris et à la Clinique Hartmann de Neuilly-sur-Seine.