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Une boule sous le bras qui gonfle avant les règles ?
Faisons-la examiner, et parlons de l'enlever

Le Dr Zeitoun, chirurgien du sein, examine la zone, vérifie à l'échographie qu'il s'agit bien de tissu mammaire et non d'autre chose, et vous dit clairement si l'exérèse est justifiée dans votre cas. Consultation au cabinet du 8e, intervention en ambulatoire à la Clinique Hartmann (Neuilly).

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POUR COMMENCER

Un reliquat de la vie embryonnaire

Vers la sixième semaine de vie embryonnaire, deux bandes de tissu épais se forment de chaque côté du corps et descendent de l'aisselle jusqu'à l'aine. C'est le long de ces deux trajets que le tissu mammaire est susceptible de se développer.

Au cours de la vie fœtale, ces bandes régressent presque entièrement. Il n'en subsiste qu'un point de chaque côté, à hauteur de la quatrième côte : les deux seins.

Presque entièrement. Chez une partie de la population, cette régression reste incomplète et un fragment de tissu persiste. Il donne un peu de tissu glandulaire mammaire en dehors du sein. La localisation de loin la plus fréquente est le creux de l'aisselle, mais on en trouve aussi sous le sein, sur la paroi thoracique, plus rarement dans l'aine.

Un tissu mammaire à part entière

C'est le point que les patientes découvrent le plus souvent en consultation, et il change tout : ce tissu est du tissu mammaire authentique. Il ne ressemble pas à du tissu mammaire, il en est : on y retrouve les mêmes lobules, les mêmes canaux et la même architecture.

Il obéit par conséquent aux mêmes variations hormonales que vos seins. Il gonfle avant les règles, augmente de volume pendant la grossesse, et peut se remplir de lait pendant l'allaitement jusqu'à en laisser échapper lorsqu'un canal s'ouvre à la peau. Il évolue avec vous au fil des années et se modifie à la ménopause.

C'est fréquent. Selon les études et les critères retenus, on estime qu'entre 1 et 6 % de la population conserve un tel reliquat. Beaucoup de femmes vivent avec sans le savoir, ou en pensant depuis toujours qu'elles ont « les aisselles un peu épaisses ». D'autres le découvrent brutalement lors d'une première grossesse, quand la zone se met à gonfler.

Un point mérite d'être posé clairement : cette anomalie est bénigne, elle ne résulte d'aucune erreur et ne signale aucune maladie sous-jacente. Lorsqu'elle devient gênante, son exérèse règle la question de façon définitive.

Schéma anatomique du trajet embryonnaire du développement mammaire, de l'aisselle à l'aine
Chez l'embryon, le tissu mammaire peut se développer le long de deux trajets allant de l'aisselle à l'aine. Une glande accessoire correspond à un fragment qui n'a pas régressé.
LES SIGNES

Comment on la reconnaît

Le diagnostic se fait le plus souvent à l'examen clinique, en quelques minutes, à condition d'examiner la patiente debout, bras levés — allongée, la glande s'étale et devient beaucoup moins évidente.

Elle suit votre cycle. C'est le signe le plus caractéristique, et souvent le seul dont vous ayez besoin. Dans les jours qui précèdent les règles, la zone gonfle, tire, devient tendue et sensible. Puis elle se calme. Un ganglion ne fait jamais cela.
Elle est souvent des deux côtés. Pas toujours symétrique — un côté est fréquemment plus développé — mais la bilatéralité est habituelle. Une masse d'un seul côté, isolée, mérite un peu plus d'attention.
Elle est molle et mobile. À la palpation, on sent une masse souple, un peu grenue, qui roule sous les doigts et qui n'adhère ni à la peau ni au plan profond. Rien de dur, rien de fixé.
Elle apparaît à la puberté. Le tissu est là depuis la naissance, mais il ne devient visible qu'au moment où les hormones le font se développer — souvent à l'adolescence, parfois plus tard, souvent lors d'une prise de poids ou d'une grossesse.
Elle se manifeste fortement pendant la grossesse. Beaucoup de femmes ne découvrent leur glande accessoire qu'en fin de grossesse ou dans les jours qui suivent l'accouchement : la zone devient volumineuse, ferme et douloureuse, et peut laisser suinter du lait. Ces manifestations régressent après le sevrage.
Il y a parfois un mamelon. Un petit mamelon surnuméraire, ou une simple aréole plus pigmentée, peut se trouver sur la glande ou plus bas sur le trajet embryonnaire — souvent pris pour un grain de beauté depuis l'enfance.
Aspect clinique d'une glande mammaire accessoire du creux axillaire, examinée bras levé
L'examen se fait debout, bras levés : la glande accessoire apparaît alors comme un renflement souple du creux de l'aisselle.

Les formes décrites

En 1915, un anatomiste finlandais nommé Kajava a décrit toutes les formes possibles de tissu mammaire surnuméraire. Sa description est toujours utilisée, et elle explique pourquoi deux patientes n'ont jamais exactement la même chose.

La forme la plus fréquente en aisselle est la glande seule, sans mamelon ni aréole. Rien ne signale en surface qu'il s'agit de tissu mammaire : c'est précisément celle que l'on prend pour un ganglion, un lipome ou un simple bourrelet.
Les formes complètes associent la glande à un mamelon et parfois à une aréole. Elles réalisent un véritable sein miniature, beaucoup plus rare.
Certaines formes ne comportent pas de glande : un mamelon avec une aréole et de la graisse peuvent évoquer un petit sein, mais l'absence de tissu glandulaire explique qu'ils ne gonflent pas avec le cycle.
Les formes les plus discrètes se limitent à un mamelon surnuméraire, à une simple zone d'aréole pigmentée, ou à une touffe de poils isolée. Elles passent le plus souvent pour un grain de beauté depuis l'enfance.

Ce qui compte en consultation, c'est la forme IV. Une glande sans mamelon ni aréole, invisible en surface : rien ne signale qu'il s'agit de tissu mammaire. C'est celle qu'on prend pour un ganglion, pour un lipome, pour un bourrelet. Et c'est de loin la plus fréquente.

Ce que ce n'est pas

Avant de conclure, quelques diagnostics qui se présentent au même endroit sont systématiquement écartés. C'est l'objet de la consultation et de l'échographie.

Un ganglion. Il est plus ferme, arrondi, bien limité et isolé, et il ne varie jamais avec le cycle. L'échographie le reconnaît immédiatement à sa structure.
Un lipome. Il s'agit d'une masse graisseuse, souple et indolore, qui ne gonfle pas avant les règles et ne devient jamais douloureuse.
Un kyste sébacé. Il adhère à la peau, comporte parfois un petit orifice central, et reste très superficiel.
Une hidradénite suppurée, ou maladie de Verneuil. Elle associe des abcès et des nodules inflammatoires qui récidivent au même endroit et laissent des cicatrices. Il s'agit d'une maladie de la peau, non d'une pathologie glandulaire.
Le prolongement axillaire du sein. Toute femme possède une extension normale de la glande mammaire vers l'aisselle. Elle se distingue par sa continuité avec le sein, alors qu'une glande accessoire en est nettement séparée.

Cette dernière distinction est celle qui pose le plus de difficulté. C'est l'imagerie qui tranche : l'échographie sépare sans ambiguïté une glande accessoire, individualisée et distincte du sein, d'un simple prolongement axillaire en continuité avec la glande mammaire normale.

Vous vous reconnaissez dans ces signes ?

Un examen clinique et une échographie suffisent à poser le diagnostic. Et à décider, dans la foulée, s'il y a lieu de l'enlever.

LE POINT QU'ON OUBLIE DE DIRE

Un sein qui n'est pas dépisté

C'est ici que se joue l'essentiel de cet article, et c'est ce qui distingue une glande mammaire accessoire d'un simple problème de silhouette.

01

C'est du tissu mammaire

Donc il peut développer tout ce qu'un sein développe : adénofibrome, kyste, mastite, abcès pendant l'allaitement — et, beaucoup plus rarement, un cancer du sein. Ce n'est pas fréquent, mais c'est parfaitement décrit dans la littérature.

02

La mammographie ne le voit pas

Les clichés de dépistage englobent le sein et une partie du prolongement axillaire. Une glande accessoire haute peut rester en dehors du champ — année après année, sans que personne s'en rende compte.

03

Un nodule y passe inaperçu

Dans une zone qu'on ne palpe pas soi-même, qu'on n'a pas appris à surveiller et que l'imagerie de routine ne couvre pas, une lésion peut grossir longtemps avant d'être remarquée. C'est un argument qui pèse.

Ce qu'il faut en conclure — et ce qu'il ne faut pas en conclure

Il ne faut pas s'affoler. Le cancer développé sur tissu mammaire ectopique reste rare : il représente une part très minoritaire des cancers du sein. Avoir une glande accessoire n'augmente pas votre risque personnel de cancer du sein — vous avez simplement un peu plus de tissu mammaire, et ce tissu se situe dans un endroit moins bien surveillé.

Mais il ne faut pas l'ignorer. Concrètement, cela veut dire trois choses. La zone doit être connue et signalée à votre radiologue, pour qu'il l'explore à l'échographie lors de vos contrôles. Toute masse dure, fixée, d'apparition récente ou qui ne suit plus le cycle doit être biopsiée comme le serait une lésion du sein. Et lorsque l'exérèse est décidée, le tissu retiré part systématiquement en analyse anatomopathologique — jamais à la poubelle.

C'est d'ailleurs l'un des arguments les plus solides en faveur de l'exérèse quand elle est par ailleurs justifiée : elle supprime définitivement une zone de tissu mammaire que le dépistage classique surveille mal.

Échographie du creux axillaire réalisée pour explorer une glande mammaire accessoire
L'échographie est l'examen clé : elle reconnaît la structure du tissu mammaire, écarte un ganglion ou un lipome, et recherche un nodule dans la glande.

Le bilan tient en peu de choses. Un examen clinique debout et bras levés, une échographie de l'aisselle et des deux seins. Une mammographie s'y ajoute selon votre âge, et une IRM uniquement dans les situations complexes ou en cas d'antécédents familiaux. Aucun examen invasif n'est nécessaire pour poser le diagnostic.

LA DÉCISION

Opérer, ou vivre avec

Il n'y a aucune obligation d'opérer une glande mammaire accessoire. Une glande discrète, indolore, qui ne vous a jamais posé de problème peut rester en place et être simplement surveillée. La question se pose autrement dès qu'elle se manifeste.

La douleur. Une tension douloureuse revenant à chaque cycle, mois après mois, pèse lourd dans la décision. En l'absence de douleur, la surveillance se conçoit très bien.
Le volume. Un renflement visible sous les vêtements, en maillot ou bras levés justifie l'exérèse ; une glande seulement palpable peut rester en place.
L'état de la peau. Frottement, macération, irritation et mycoses à répétition constituent une indication à part entière.
Les antécédents d'allaitement. Un épisode d'engorgement, de mastite ou d'abcès lors d'une grossesse précédente fait pencher vers l'exérèse, d'autant plus si un nouveau projet de grossesse est envisagé.
Le contenu de la glande. La découverte d'un nodule impose de l'analyser et conduit le plus souvent à retirer l'ensemble. Un tissu homogène à l'échographie autorise la surveillance.
Votre histoire personnelle. Des antécédents familiaux de cancer du sein, ou un cancer déjà traité, abaissent le seuil d'intervention.
La pratique sportive. Un frottement à la course ou une brassière inconfortable relèvent de la gêne fonctionnelle, et non du confort accessoire.
Ce que vous en pensez. Éviter certains vêtements ou ne pas se sentir à l'aise bras levés est un motif recevable, qui suffit souvent à trancher.
Jeune femme gênée par un renflement du creux axillaire au moment de s'habiller, illustrant la gêne vestimentaire liée à une glande mammaire accessoire
Robes sans manches, maillots, brassières de sport : la gêne vestimentaire est le motif de consultation le plus fréquent, et c'est une raison parfaitement recevable d'opérer.

La gêne est un motif suffisant

Il faut le dire clairement, car beaucoup de patientes arrivent en s'excusant : l'inconfort et le retentissement sur la vie quotidienne sont des indications opératoires légitimes, au même titre qu'un nodule. Ne plus lever les bras à la plage, choisir ses vêtements en fonction de son aisselle, éviter certaines postures pendant dix ans : ce n'est pas de la coquetterie.

Et ce ne sont pas des symptômes qui s'arrangent avec le temps. Le tissu glandulaire reste hormonodépendant toute la vie génitale. Chaque grossesse le fera regrossir. Aucune crème, aucun régime, aucun sport ne fait disparaître du tissu glandulaire — c'est d'ailleurs une source de frustration classique chez les patientes très sportives, qui perdent la graisse alentour et voient la glande ressortir davantage.

Liposuccion ou exérèse : la vraie question technique

C'est le point sur lequel je vois le plus de patientes déçues d'une intervention faite ailleurs, et il mérite d'être expliqué.

La liposuccion aspire la graisse. Elle ne peut pas aspirer la glande, qui est un tissu ferme, fibreux, accroché. Seule, elle convient uniquement aux tuméfactions essentiellement graisseuses. Sa cicatrice est minuscule.
L'exérèse retire la glande. C'est le geste de référence, et le seul qui règle définitivement le gonflement cyclique. Elle impose une incision — placée dans un pli de l'aisselle — et permet l'analyse du tissu, ce que la liposuccion ne permet pas.
Le plus souvent, on associe les deux. Exérèse du noyau glandulaire, puis lipoaspiration douce de la graisse autour pour fondre les contours et éviter une marche visible. C'est ce qui donne le résultat le plus naturel.
Une liposuccion seule sur une glande, c'est une récidive annoncée. La graisse part, la glande reste : la zone se dégonfle quelques mois, puis le renflement revient et continue de gonfler avant les règles. C'est la première cause de reprise chirurgicale.

C'est précisément pour cette raison que le choix de la technique se décide après l'échographie, une fois connue la proportion de glande et de graisse — jamais sur la simple vue de la zone. Ce point est repris avec vous en consultation préopératoire, avant toute décision.

L'OPÉRATION

Comment ça se passe

L'exérèse d'une glande mammaire accessoire est une intervention courte, réalisée en ambulatoire à la Clinique Hartmann de Neuilly-sur-Seine : vous entrez le matin et vous repartez en fin de journée.

30–40minutesSelon le volume et selon qu'un ou deux côtés sont opérés.
J0AmbulatoireVous entrez le matin et repartez en fin de journée.
4–6cm de cicatriceDans un pli naturel du creux de l'aisselle.
3–7joursPour reprendre une vie normale — voir les suites opératoires.
3–4semainesAvant la reprise du sport et des mouvements amples.

Avant : le marquage debout

C'est une étape sur laquelle je ne transige pas. La veille ou le matin même, debout, bras levés puis en contraction, les limites de la glande sont dessinées au feutre sur la peau. Une fois allongée et endormie, la glande s'étale et ses contours deviennent flous : le marquage préopératoire est ce qui garantit qu'on retire la totalité du tissu, et pas seulement sa partie centrale.

C'est aussi le moment où l'on décide ensemble du dessin exact de la cicatrice, en la plaçant dans le pli qui se creuse naturellement quand vous baissez le bras.

Pendant

L'anesthésie est le plus souvent générale, avec une consultation d'anesthésie obligatoire au moins 48 heures avant. Une anesthésie locale approfondie est possible pour les petites glandes unilatérales.

L'incision suit le pli axillaire. La glande est disséquée jusqu'au plan profond et retirée en un seul bloc, ce qui permet une analyse fiable. Deux structures sont soigneusement respectées : les vaisseaux et ganglions de l'aisselle, qu'on ne touche pas, et le nerf intercostobrachial, qui donne la sensibilité de la face interne du bras et qu'on repère pour le préserver.

Si la composante graisseuse est importante, une lipoaspiration complémentaire fond les contours dans le même temps opératoire. Fermeture par points résorbables, pansement compressif. Un drain n'est posé qu'exceptionnellement, sur les très gros volumes bilatéraux.

Le tissu retiré part systématiquement à l'analyse anatomopathologique, même lorsque tout paraissait parfaitement banal.

Chirurgien du sein au bloc opératoire lors de l'exérèse d'une glande mammaire accessoire en ambulatoire
L'intervention se déroule en ambulatoire à la Clinique Hartmann (Neuilly-sur-Seine), avec préservation du nerf intercostobrachial et des structures de l'aisselle.

Ce qui peut arriver

Les suites sont simples, mais mieux vaut connaître ces situations avant l'intervention plutôt qu'après.

Le sérome est la complication la plus fréquente dans cette région : il s'agit d'une collection de liquide clair sous la cicatrice. Un pansement compressif suffit le plus souvent, et une ponction en consultation règle les cas persistants.
L'hématome survient dans environ 2 cas sur 100. Il se surveille, et une reprise chirurgicale reste exceptionnelle.
L'infection de la cicatrice concerne 1 à 2 patientes sur 100 et se traite par des soins locaux, complétés par une antibiothérapie si nécessaire.
Un engourdissement de la face interne du bras est fréquent au début. Il tient au nerf intercostobrachial et régresse le plus souvent en quelques mois.
Une cicatrice épaisse, voire chéloïde, reste peu fréquente, mais l'aisselle y est un terrain propice. Massages, pansements siliconés et traitements spécifiques permettent de la corriger.

Le bon moment. On n'opère pas pendant l'allaitement : le tissu est alors congestif et sécrétant, ce qui majore le risque de sérome et de complication de cicatrisation. On attend le sevrage, puis quelques mois. En revanche, opérer avant une grossesse est souvent le meilleur choix, puisque c'est pendant la grossesse et l'allaitement que la glande se manifeste le plus.

Faire enlever une glande mammaire accessoire

Douleurs à chaque cycle, gêne dans les vêtements, irritation, ou simplement l'envie d'en finir : l'exérèse est une intervention courte, ambulatoire, avec une cicatrice cachée dans le pli de l'aisselle. Une consultation suffit à confirmer l'indication et à programmer la date.

APRÈS

Les suites, et le résultat

L'aisselle est une zone particulière : elle bouge à chaque mouvement du bras, elle transpire, elle frotte. Les consignes des premières semaines en découlent directement.

Les premiers jours. Pansement compressif, douleur modérée bien calmée par des antalgiques simples. On mobilise l'épaule doucement dès le lendemain : rester bras collé au corps est la meilleure façon de fabriquer une raideur et une bride cicatricielle.
La première semaine. Douche autorisée selon le pansement, travail de bureau repris en 3 à 7 jours. On évite les mouvements amples, le port de charges et tout ce qui met la cicatrice en tension.
Le premier mois. Pas de rasage ni d'épilation de la zone, pas de déodorant sur la cicatrice tant qu'elle n'est pas parfaitement fermée. Reprise progressive du sport après 3 à 4 semaines, en commençant par le bas du corps.
La première année. Massage quotidien de la cicatrice, protection solaire stricte, pansements siliconés si le terrain s'y prête. C'est cette période qui détermine l'aspect définitif — bien plus que le geste chirurgical lui-même.

Le résultat

Le creux de l'aisselle retrouve un contour lisse, sans renflement bras levés. Le gonflement cyclique disparaît, et avec lui les douleurs prémenstruelles de la zone. La cicatrice, placée dans le pli, est rouge quelques semaines puis s'atténue progressivement sur douze à dix-huit mois ; une fois mature, elle est difficile à repérer, y compris bras levés.

Le résultat de l'analyse anatomopathologique arrive en dix à quinze jours, et vous est remis en consultation. Dans l'immense majorité des cas, il confirme simplement du tissu mammaire normal. S'il montre autre chose — un adénofibrome, une lésion à surveiller, exceptionnellement davantage — la conduite est alors la même que pour une lésion du sein, et le dossier est présenté en réunion.

Et ensuite ?

Le tissu retiré ne repousse pas. Les récidives correspondent presque toujours à du tissu laissé en place, ce que le marquage préopératoire et l'exérèse en monobloc visent précisément à éviter.

Il reste à savoir que ce trajet embryonnaire existe des deux côtés : si un seul côté a été opéré, l'autre peut se manifester plus tard, notamment lors d'une grossesse. C'est l'une des raisons pour lesquelles on discute volontiers d'un geste bilatéral dans le même temps opératoire quand les deux côtés sont concernés.

Pour le reste, vous reprenez le suivi habituel de votre âge, adapté si vous avez des seins denses ou des antécédents familiaux.

Résultat à distance d'une exérèse de glande mammaire accessoire, avec cicatrice fine dissimulée dans le pli de l'aisselle
À un an, la cicatrice placée dans le pli axillaire est difficile à repérer, y compris bras levés.

Vos questions

Les questions qui reviennent le plus souvent en consultation. Si la vôtre n'y est pas, posez-la en consultation — ou à Sophie, l'assistante du site, en bas à droite.

Une boule sous l'aisselle qui gonfle avant les règles, c'est quoi ?

Dans la grande majorité des cas, une glande mammaire accessoire : du tissu mammaire véritable resté dans l'aisselle pendant la vie fœtale. Comme c'est du vrai tissu de sein, il répond aux hormones exactement comme vos seins — il gonfle et devient tendu avant les règles, puis se dégonfle. Un ganglion, lui, ne suit jamais le cycle. Ce caractère cyclique est le signe le plus caractéristique, et il oriente le diagnostic dès l'examen clinique — voir aussi que faire quand on trouve une boule.

Est-ce que c'est grave ?

Non. C'est une anomalie congénitale bénigne, présente depuis la naissance même si elle n'apparaît qu'à la puberté. Le point à connaître est différent : puisqu'il s'agit de tissu mammaire authentique, il peut développer les mêmes lésions qu'un sein — kyste, adénofibrome, mastite, et bien plus rarement un cancer. Or cette zone est mal couverte par le dépistage. C'est ce qui justifie de la faire examiner, pas de s'en inquiéter.

Faut-il obligatoirement l'opérer ?

Non. Une glande peu volumineuse, indolore et qui ne vous gêne pas peut simplement être surveillée. L'exérèse se discute quand elle gonfle et fait mal à chaque cycle, quand elle gêne dans les vêtements ou au sport, quand elle irrite la peau, quand elle a posé problème pendant un allaitement, quand elle contient un nodule — ou quand vous ne supportez plus son aspect. Ce dernier motif est parfaitement recevable à lui seul.

Est-ce que la mammographie voit cette zone ?

Mal, et c'est important. Le cliché standard englobe le sein et une partie du prolongement axillaire, mais pas tout le creux de l'aisselle. Une glande accessoire haute peut donc rester hors du champ, année après année. L'échographie, elle, l'explore parfaitement, tout comme pour les seins denses. Signalez cette zone à votre radiologue pour qu'il l'examine spécifiquement.

Liposuccion ou chirurgie, quelle différence ?

La liposuccion aspire la graisse, pas la glande — qui est un tissu ferme et fibreux. Si la tuméfaction est surtout graisseuse, la liposuccion seule peut suffire, avec une cicatrice minuscule. Mais si elle est surtout glandulaire, ce qui est le cas le plus fréquent, la liposuccion isolée laisse le tissu en place : le gonflement cyclique persiste et la boule revient. C'est la première cause de reprise chirurgicale. Les deux techniques sont souvent associées dans le même temps opératoire. En cas de doute, un deuxième avis permet de trancher avant de s'engager.

La cicatrice va-t-elle se voir ?

Elle est placée dans un pli naturel du creux de l'aisselle, là où la peau se plisse déjà quand vous baissez le bras. Elle mesure 4 à 6 cm. Rouge quelques semaines, elle s'atténue sur douze à dix-huit mois et devient très difficile à repérer — le détail figure sur la page suites opératoires. L'aisselle étant une zone de frottement, la protéger du soleil, éviter le rasage les premières semaines et masser la cicatrice change réellement le résultat.

Comment se passe l'intervention ?

En ambulatoire : vous entrez le matin et repartez en fin de journée. Anesthésie le plus souvent générale, parfois locale approfondie. La glande est marquée debout avant l'intervention, retirée en un seul bloc par l'incision axillaire, puis analysée. Comptez 30 à 40 minutes selon le volume et selon qu'un ou deux côtés sont opérés, à la Clinique Hartmann. Un pansement compressif est mis en place pour quelques jours.

Quelles sont les complications possibles ?

La plus fréquente est le sérome, une collection de liquide clair sous la cicatrice, qui se ponctionne en consultation si besoin. Plus rarement : hématome, infection, engourdissement transitoire de la face interne du bras lié au nerf intercostobrachial, ou cicatrice épaisse. Le détail figure sur la page suites opératoires. Tout cela se surveille et se traite.

Est-ce que ça peut revenir ?

Si la glande a été retirée en totalité, non : le tissu enlevé ne repousse pas. Les récidives correspondent presque toujours à du tissu laissé en place, notamment après une liposuccion isolée ou une exérèse incomplète. C'est tout l'intérêt du marquage debout avant l'intervention et de l'exérèse en monobloc, dont le résultat est vérifié par l'analyse du tissu retiré. En revanche, si un seul côté a été opéré, l'autre peut se manifester plus tard.

Puis-je me faire opérer si j'allaite, ou avant une grossesse ?

Pas pendant l'allaitement : le tissu est congestif et sécrétant, le risque de complication de cicatrisation est majoré. On attend le sevrage, puis quelques mois. Avant une grossesse, en revanche, c'est souvent le bon moment — c'est pendant la grossesse et l'allaitement que ces glandes sont les plus gênantes. Le geste ne touche pas les seins et n'empêche pas un allaitement futur ; parlez-en lors de la consultation préopératoire.

Un mamelon surnuméraire, c'est la même chose ?

Même origine embryologique, sur le même trajet, mais pas la même situation. Un mamelon surnuméraire — la polythélie — est souvent pris pour un grain de beauté et siège le plus souvent sous le sein. Il n'y a pas toujours de glande dessous. Son ablation est un geste très simple, sous anesthésie locale, avec une cicatrice de quelques millimètres — comme pour les autres lésions bénignes du sein.

Est-ce remboursé ?

L'intervention correspond à un acte inscrit à la nomenclature de l'Assurance Maladie, QEFA006 — exérèse de tissu mammaire ectopique ou de glande mammaire aberrante. Lorsque la glande est symptomatique — douleurs cycliques, gêne fonctionnelle, irritation cutanée, nodule à analyser, antécédent de mastite — l'acte est pris en charge sur cette base.

Le Dr Zeitoun exerçant en secteur 2, des dépassements d'honoraires s'appliquent. Leur montant vous est indiqué en consultation et un devis détaillé vous est remis en mains propres avant toute décision, afin que vous puissiez le transmettre à votre mutuelle.

À lire aussi

Pour aller plus loin sur les lésions bénignes du sein et leur prise en charge.

SOURCES & RÉFÉRENCES

Sources

Cet article s'appuie sur les descriptions anatomiques de référence et sur la littérature chirurgicale consacrée au tissu mammaire ectopique.

Loukas M, Clarke P, Tubbs RS.Accessory breasts: a historical and current perspective, The American Surgeon.
Institut National du Cancer (INCa) — Lésions mammaires bénignes et à risque (e-cancer.fr).
SFSPM / SENORIF — Référentiel de sénologie, prise en charge des lésions bénignes du sein (sfspm.fr).

Article rédigé et médicalement vérifié par le Dr Jérémie Zeitoun, chirurgien du sein. Dernière révision : 6 août 2026. Ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation.

Faire examiner — et enlever — une glande mammaire accessoire

Une boule sous l'aisselle qui gonfle avant les règles, un renflement qui vous gêne dans les vêtements, une zone qui vous complique la grossesse ou l'allaitement ? Le Dr Jérémie Zeitoun, chirurgien du sein formé à Gustave Roussy et à l'Institut Curie, examine la zone, confirme le diagnostic à l'échographie et vous dit si l'exérèse est justifiée. Apportez vos examens récents si vous en avez. Consultation au cabinet du 8e arrondissement de Paris, intervention en ambulatoire à la Clinique Hartmann de Neuilly-sur-Seine.

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