L'essentiel sur le cancer du col de l'utérus
- Cause principale. Plus de 9 cancers du col sur 10 sont liés à une infection persistante par certains papillomavirus humains (HPV) à haut risque.
- Dépistage. Frottis cervico-vaginal et test HPV permettent de détecter les lésions précancéreuses bien avant l'apparition d'un cancer.
- Symptômes. Saignements après les rapports, métrorragies, pertes anormales — tout symptôme doit faire l'objet d'une consultation rapide.
- Stades précoces. Conisation, chirurgie conservatrice (conisations hautes multiples) ou hystérectomie selon l'extension. La fertilité peut être préservée chez les femmes jeunes.
- Stades avancés. Le traitement de référence est la radiochimiothérapie associée à la curiethérapie. Selon les recommandations Saint-Paul de Vence 2025, l'immunothérapie par pembrolizumab est désormais recommandée dès le diagnostic pour les stades plus étendus (depuis février 2025 en France).
- Vaccination HPV : la prévention. Hautement recommandée chez les filles et les garçons à partir de 11 ans. Le cancer du col est une pathologie évitable lorsque la vaccination et le dépistage régulier (tous les 3 à 5 ans) sont réalisés.
- Pronostic. Détecté tôt, le cancer du col guérit dans plus de 9 cas sur 10. C'est le cancer gynécologique le plus accessible au dépistage organisé.
Un cancer qui se prévient et se traite
Apprendre que l'on a un cancer est un choc. Mais le cancer du col utérin, surtout quand il est découvert tôt, est l'un des cancers les mieux traités — avec plus de 9 cas sur 10 guéris aux stades précoces.
Le cancer du col utérin se développe à partir des cellules qui tapissent le col — la partie basse de l'utérus qui fait la jonction avec le vagin. Dans 99 % des cas, il est causé par un virus très courant : le papillomavirus humain (HPV). La bonne nouvelle, c'est qu'il existe un vaccin contre ce virus, et un dépistage par frottis qui permet de le détecter avant même qu'il devienne un vrai cancer.
Source de référence : Institut National du Cancer (INCa)
Vous avez reçu un résultat de frottis anormal, un test HPV positif, ou on vous a parlé de dysplasie ou de lésion précancéreuse ? Ce n'est pas encore un cancer — et ça se traite différemment. Consultez la page dédiée à la chirurgie du col bénigne.
Col utérin — lésions bénignes →De très bonnes chances de guérison
Causé par le HPV dans 99 % des cas
La fertilité peut être préservée
Les signes qui doivent vous alerter
Le cancer du col est souvent silencieux aux stades très précoces — c'est pour ça que le dépistage existe. Mais certains signes doivent vous conduire à consulter sans attendre.
- Saignements après un rapport
- Saignements en dehors des règles
- Saignements après la ménopause
- Pertes vaginales inhabituelles (odeur, couleur)
- Douleurs pelviennes persistantes
- Douleurs pendant les rapports
- Fatigue inexpliquée et persistante
Vous avez l'un de ces signes, ou vous avez reçu un résultat de frottis anormal ? Ne restez pas seule avec cette incertitude — une consultation permet de savoir rapidement à quoi vous avez affaire.
Votre parcours, étape par étape
Du moment où vous consultez jusqu'à la guérison, voici comment les choses se déroulent concrètement. Vous n'êtes jamais seule à décider.
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La consultation initiale
Vous venez avec vos résultats (frottis, biopsie, compte-rendu). On prend le temps de tout lire ensemble, de répondre à vos questions, et de vous expliquer ce qu'on a trouvé — sans jargon. Aucune décision n'est prise à cette étape. -
Le bilan d'imagerie
Une IRM pelvienne est demandée. Elle permet de voir exactement la taille de la tumeur et son étendue. C'est cet examen qui va guider le choix du traitement. Un scanner du reste du corps est parfois ajouté. -
La réunion pluridisciplinaire (RCP)
Votre dossier est présenté à une réunion avec plusieurs médecins spécialistes — chirurgien, oncologue, radiothérapeute, radiologue. Ensemble, ils décident du meilleur plan de traitement pour vous. C'est une obligation en France pour tous les cancers. -
La consultation pré-opératoire
Avant l'opération, une consultation avec l'anesthésiste est organisée. On vous explique exactement ce qui va se passer le jour J, comment vous préparer, et ce à quoi vous attendre en salle de réveil. C'est aussi le moment de poser toutes vos questions. -
L'opération et les suites immédiates
L'intervention se fait à la Clinique Hartmann (Neuilly-sur-Seine). L'hospitalisation dure en général 1 à 5 jours selon l'opération. Une infirmière coordonnatrice reste votre interlocutrice pour toutes les questions pratiques. -
Le suivi et l'après
Des consultations de contrôle sont planifiées régulièrement. Si d'autres traitements sont nécessaires (radiothérapie ou autre), ils sont coordonnés avec vos spécialistes. L'objectif est de vous accompagner jusqu'à ce que vous repreniez votre vie normalement.
Une masse du col ou un cancer du col diagnostiqué ?
Apportez vos comptes-rendus de colposcopie, biopsie, anatomopathologie ou IRM pelvienne. La consultation dure 30 minutes — un plan de prise en charge personnalisé vous est remis.
Les opérations possibles
Le type d'opération dépend de la taille de la tumeur, de votre désir de grossesse, et de ce que décide la réunion pluridisciplinaire. Voici ce que chaque intervention implique concrètement.
La conisation
Pour les lésions précancéreuses et les débuts de cancer très localisésCe que c'est. La conisation retire une petite portion en forme de cône du col de l'utérus — là où se trouve la lésion. L'utérus, les ovaires et tout le reste sont conservés.
Quand on la propose. Pour les lésions précancéreuses (dysplasies) à haut risque, et pour les tout premiers stades de cancer (quand la tumeur est très petite et superficielle).
Comment ça se passe. L'intervention dure 20 à 30 minutes sous anesthésie générale. C'est une chirurgie ambulatoire : vous entrez le matin et rentrez chez vous le soir même. Pas d'incision sur le ventre.
Les suites. Quelques jours de pertes légères sont normaux. On vous demande d'éviter les bains et les tampons pendant 3 à 4 semaines. La reprise des activités habituelles se fait en une semaine environ.
Et la fertilité ? Après une conisation, les grossesses sont tout à fait possibles. Un suivi renforcé pendant la grossesse est recommandé.
La chirurgie conservatrice du col (conisations hautes multiples)
Pour les cancers peu avancés — préserve l'utérus et la possibilité d'être enceinteCe que c'est. Les conisations hautes multiples retirent les zones suspectes du col en conservant le corps de l'utérus. C'est une opération qui traite le cancer tout en gardant la possibilité de grossesse.
Quand on la propose. Pour les petites tumeurs chez une patiente qui souhaite préserver sa fertilité. Les recommandations Saint-Paul de Vence 2025 précisent que cette chirurgie conservatrice du col, lorsqu'elle est élargie aux paramètres, doit être réalisée en centre expert. La conisation pré-thérapeutique permet de mieux définir la situation : taille de la tumeur, profondeur d'infiltration, présence éventuelle d'emboles vasculaires.
Le ganglion sentinelle est associé. Le prélèvement du ganglion sentinelle pelvien est réalisé dans le même temps opératoire pour vérifier qu'il n'y a pas d'extension du cancer aux ganglions. Si le ganglion sentinelle est sain, la chirurgie conservatrice peut se poursuivre.
L'évolution récente : étude SHAPE 2024. Cette grande étude internationale (publiée dans le New England Journal of Medicine) a montré que pour les tumeurs de bon pronostic — moins de 2 cm, faible infiltration de la paroi du col à l'IRM (moins de 50 %), profondeur d'infiltration inférieure à 10 mm — une hystérectomie simple sans ablation des paramètres donne des résultats équivalents à la chirurgie élargie, avec moins de complications urinaires et sexuelles. Cette simplification est désormais une option validée pour les patientes éligibles selon les recommandations Saint-Paul de Vence 2025.
Et les grossesses après ? Des grossesses sont possibles après ce type de chirurgie conservatrice. Le risque d'accouchement prématuré est plus élevé : un suivi obstétrical renforcé et une césarienne programmée sont organisés.
La colpo-hystérectomie totale
Pour les cancers plus développés — retire l'utérus et le col en entierCe que c'est. La colpo-hystérectomie totale retire l'utérus en entier (corps + col) ainsi qu'une colerette vaginale. Selon le stade du cancer et les résultats de l'IRM, elle peut être élargie aux paramètres — c'est-à-dire aux ligaments qui maintiennent l'utérus dans le bassin. Les ganglions lymphatiques du bassin sont également prélevés pour analyse.
Quand on la propose. Quand la tumeur est plus volumineuse, quand une chirurgie conservatrice n'est pas possible ou pas souhaitée. L'étendue exacte de l'opération (avec ou sans élargissement aux paramètres) est décidée en réunion pluridisciplinaire sur la base de l'IRM.
Comment ça se passe. L'opération dure 2 à 3 heures sous anesthésie générale, par incision sur le bas-ventre (cicatrice horizontale discrète, type césarienne). Une chirurgie précise qui préserve les nerfs du bassin autant que possible pour éviter les troubles urinaires après. Le prélèvement du ganglion sentinelle est habituellement associé à l'opération principale.
Est-ce que je garderai mes ovaires ? Dans la grande majorité des cas, et surtout avant 50 ans, oui — les ovaires peuvent être conservés. Le cancer du col ne se propage pas aux ovaires aux stades opérables. Garder les ovaires évite la ménopause chirurgicale. Selon les recommandations Saint-Paul de Vence 2025, la conservation ovarienne se discute pour les femmes en âge de procréer, avec tumeur de moins de 4 cm, de type carcinome épidermoïde ou adénocarcinome lié à HPV. Une transposition ovarienne (déplacement des ovaires hors du champ d'irradiation) peut être proposée si une radiothérapie est prévue.
L'hospitalisation. 4 à 6 jours. La reprise d'une activité normale se fait en 4 à 6 semaines. Une rééducation vésicale est parfois nécessaire.
Après l'opération. Selon les résultats anatomopathologiques, une radiothérapie complémentaire peut être recommandée. Ce n'est pas systématique — ça dépend de ce que montrent les résultats.
Le ganglion sentinelle
Une technique qui évite de retirer beaucoup de ganglions inutilementÀ quoi ça sert. Quand un cancer se propage, il passe d'abord par les ganglions lymphatiques du bassin. Le ganglion sentinelle est le premier ganglion que le cancer atteindrait s'il se propageait. On l'analyse pendant l'opération : s'il est sain, les autres ganglions le sont très probablement aussi — et on ne les retire pas. Cela évite un curage ganglionnaire étendu et ses complications.
Pourquoi c'est important. Retirer beaucoup de ganglions peut provoquer un lymphœdème (gonflement des jambes dû à un trouble de la circulation lymphatique). La technique du ganglion sentinelle réduit beaucoup ce risque.
Comment ça se fait. On injecte une petite quantité de colorant fluorescent (vert d'indocyanine) dans le col au début de l'opération. Ce colorant se dirige vers le ganglion sentinelle, qui devient alors visible sous une lumière spéciale. On le retire et on l'analyse immédiatement pendant l'opération.
Recommandations Saint-Paul de Vence 2025. Le ganglion sentinelle est aujourd'hui la technique de référence pour les petites tumeurs du col. Il doit être réalisé par une équipe entraînée (au moins 15 procédures par an), avec détection à l'ICG. En cas d'échec d'identification, une nouvelle injection ou un curage limité homolatéral est réalisé.
Ce qui se passe selon le résultat. Si le ganglion est sain, on ne retire pas les autres. Si le ganglion contient des cellules cancéreuses, un curage (retrait de plus de ganglions) est réalisé dans le même temps opératoire — ou parfois la chirurgie est interrompue au profit d'une radiochimiothérapie, selon le contexte.
→ Voir la page complète sur le ganglion sentinelle pelvien — déroulement détaillé, indications, suites opératoires, comparaison avec le curage classique.
Une question sur le type d'opération qui vous concerne ? Je vous explique tout lors d'une consultation — ou appelez directement le cabinet pour un premier échange.
Un cancer du col n'est pas forcément
la fin du projet parental
Si vous souhaitez avoir des enfants, dites-le dès la première consultation. C'est le premier point à aborder, pas le dernier — car cela change la stratégie chirurgicale.
Aux stades précoces, la chirurgie conservatrice du col permet de traiter le cancer en conservant le corps de l'utérus. Des grossesses ont lieu après cette opération — avec un suivi obstétrical renforcé et une césarienne programmée.
Si une chirurgie conservatrice n'est pas possible (tumeur trop grande, ou votre choix), d'autres options peuvent être discutées selon votre situation.
La vie après le traitement
La chirurgie n'est pas la fin du parcours — c'est le début de la guérison. Voici ce que vous pouvez attendre concrètement dans les semaines et les mois qui suivent.
Hospitalisation
1 à 5 jours selon l'opération
Reprise du travail
1 à 6 semaines
Activité physique
Reprise progressive
Vie intime
Reprise possible après 6 semaines
Consultations de suivi
Tous les 4 mois les 2 premières années
Et mes ovaires ?
En général conservés avant 50 ans
Vous avez des questions sur les suites d'une opération ? Je réponds aux questions pratiques pendant la consultation — pas seulement aux questions médicales.
Ce que vous voulez vraiment savoir
Les questions les plus posées en consultation. Posez-moi les vôtres lors de notre rendez-vous.
Est-ce que je vais perdre mes cheveux ?
Est-ce que je vais garder mes ovaires ?
Puis-je avoir des enfants après mon traitement ?
Combien de temps je vais être à l'hôpital ?
Quand est-ce que je pourrai reprendre le travail ?
Est-ce que l'opération laissera des cicatrices ?
Un frottis anormal, c'est forcément un cancer ?
Est-ce que je peux demander un deuxième avis ?
Peut-on avoir des rapports sexuels après une hystérectomie ?
Quelle différence entre conisation haute (préservation utérine) et hystérectomie ?
Est-ce que le cancer du col se voit à l'échographie ?
Le vaccin HPV protège-t-il si j'ai déjà été infectée ?
La radiothérapie est-elle toujours nécessaire après l'opération ?
Qu'est-ce que le ganglion sentinelle ?
Combien de temps dure le suivi après le traitement ?
Prendre rendez-vous
Consultations au cabinet du 241 rue du Faubourg Saint-Honoré (Paris 8e) et à la Clinique Hartmann (Neuilly-sur-Seine). Venez avec vos résultats, vos comptes rendus, vos questions. On prend le temps d'en parler.
Transparence sur les tarifs
Le Dr Zeitoun exerce en secteur 2 non OPTAM et pratique des dépassements d'honoraires pour l'ensemble de ses consultations et interventions. L'Assurance Maladie rembourse sur la base du tarif Sécurité sociale — ce remboursement est amélioré en cas de cancer (ALD 30), mais ne couvre pas les dépassements. Votre mutuelle peut prendre en charge tout ou partie de ces dépassements selon votre contrat.
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Cette page a vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale individualisée. Pour toute question concernant votre situation, prenez rendez-vous avec votre médecin référent ou un chirurgien spécialisé. Dernière mise à jour : 8 mai 2026.





