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Dépistage du cancer du col · Article patiente

Frottis anormal : comprendre votre résultat

ASC-US, LSIL, HSIL, ASC-H, AGC — derrière ces acronymes déroutants se cache une information précise sur votre col de l'utérus. Voici ce que chaque code signifie vraiment, et la conduite à tenir associée.

Auteur et révision médicale : Dr Jérémie Zeitoun, chirurgien cancérologue gynéco-sénologique — RPPS 10101463296 — Ancien interne formé au Centre François Baclesse et à l'Institut Curie, ancien praticien spécialiste de l'Institut Gustave Roussy. Voir le parcours complet →
Dernière mise à jour : 23 avril 2026 · Sources : SFCPCV octobre 2025 (actualisation INCa 2016), HAS 2019, CNGOF, système Bethesda. Références en bas de page.

Vous venez de recevoir un résultat de frottis qualifié d'anormal, et le compte-rendu du laboratoire parle d'ASC-US, de LSIL ou de HSIL. C'est déstabilisant — ces acronymes ne signifient rien pour la plupart des patientes, et le premier réflexe est souvent d'aller chercher "frottis anormal cancer" sur Google. Voici une information essentielle avant d'aller plus loin : un frottis anormal n'est pas un diagnostic de cancer. C'est un signal qui demande un examen complémentaire, dans un délai qui dépend du type d'anomalie. Cet article décrypte chaque résultat possible et explique la conduite à tenir associée — pour mieux comprendre l'ensemble des pathologies du col de l'utérus, une page dédiée est également disponible.

Décryptage rapide des 5 codes

ASC-US Cellules atypiques de signification indéterminée. Anomalie mineure, souvent bénigne. En savoir plus ↓
LSIL Lésion de bas grade. Régression spontanée dans la majorité des cas. En savoir plus ↓
HSIL Lésion de haut grade. Ce n'est pas un cancer mais un traitement est généralement indiqué. En savoir plus ↓
ASC-H Cellules atypiques évoquant un possible haut grade. Colposcopie nécessaire. En savoir plus ↓
AGC Anomalie des cellules glandulaires. Bilan complet recommandé. En savoir plus ↓

Le frottis : ce qu'il cherche, ce qu'il ne cherche pas

Le frottis cervico-utérin (ou prélèvement cervico-utérin) est un examen de dépistage, pas un examen de diagnostic. Concrètement, une sage-femme, un médecin ou un gynécologue prélève quelques cellules à la surface du col de l'utérus avec une petite brosse, et ces cellules sont analysées au microscope par un cytopathologiste. Ce dernier cherche des anomalies de forme, de noyau ou d'organisation susceptibles de trahir la présence d'une lésion à risque d'évolution.

Depuis 2020, le dépistage en France suit un schéma en deux temps selon l'âge. Entre 25 et 29 ans, c'est l'examen cytologique (frottis classique) qui est recommandé : deux cytologies à 1 an d'intervalle, puis tous les 3 ans si elles sont normales. À partir de 30 ans et jusqu'à 65 ans, c'est le test HPV-HR (recherche du virus à haut risque) qui devient l'examen de référence, tous les 5 ans tant qu'il est négatif. Lorsque le test HPV est positif, une cytologie réflexe est réalisée sur le même prélèvement pour trier les patientes qui doivent être explorées davantage.

Les recommandations de prise en charge d'une cytologie anormale ont été actualisées par la SFCPCV en octobre 2025, pour tenir compte de la généralisation du test HPV en dépistage primaire. Le principe général reste inchangé par rapport aux recommandations INCa 2016 : la cytologie anormale oriente vers des examens complémentaires (test HPV en 2ᵉ intention, double immunomarquage p16/Ki67, ou colposcopie), adaptés au type d'anomalie détectée.

Le compte-rendu du laboratoire utilise un langage standardisé — le système Bethesda — qui classe les résultats en catégories précises. Comprendre ces catégories permet de dédramatiser la majorité des situations et de savoir quelles questions poser à son médecin.

L'essentiel à retenir avant de lire la suite

Entre le frottis anormal et un éventuel cancer, il y a plusieurs années de délai et de nombreuses étapes de vérification. Un frottis LSIL ou ASC-US n'a rien d'urgent. Même un frottis HSIL — le résultat le plus sévère en cytologie — correspond à une lésion qui se traite efficacement, pas à un cancer installé. Le parcours est balisé, les délais sont raisonnables, et dans la grande majorité des cas, tout rentre dans l'ordre.

Les résultats possibles du frottis

Le compte-rendu cytologique mentionne toujours, en premier lieu, la qualité du prélèvement (satisfaisant ou non pour interprétation), puis le type d'anomalie observé. Voici les cinq catégories anormales les plus fréquentes, chacune avec une signification et une conduite à tenir spécifiques.

ASC-US ≈ 1 à 2 % des frottis

Atypical Squamous Cells of Undetermined Significance — atypies des cellules malpighiennes de signification indéterminée.

C'est le résultat anormal le plus fréquent, et aussi le plus bénin. Le cytopathologiste a observé quelques cellules légèrement atypiques, mais sans pouvoir dire si elles traduisent une vraie lésion ou simplement une inflammation, une irritation ou un artefact de prélèvement. Dans la grande majorité des cas, il n'y a aucune lésion sous-jacente.

La conduite à tenir dépend de votre âge et du contexte. Avant 30 ans, on préfère contrôler le frottis à 12 mois plutôt que de déclencher une cascade d'examens, car les infections HPV transitoires sont très fréquentes à cet âge et régressent seules. À partir de 30 ans, un test HPV de triage peut être réalisé et est pris en charge. En pratique, son intérêt est néanmoins limité : environ la moitié des frottis ASC-US sont associés à un HPV positif, souvent transitoire et sans lésion sous-jacente, ce qui débouche sur une colposcopie parfois inutile.

C'est pourquoi les recommandations SFCPCV 2025 offrent une alternative intéressante : le double immunomarquage p16/Ki67, réalisé sur le même prélèvement en milieu liquide que le frottis. Ce test recherche les marqueurs d'une transformation cellulaire réellement à risque (pas seulement la présence du virus), et il est bien plus spécifique que le test HPV pour trier les ASC-US. S'il est négatif, un contrôle cytologique à 12 mois suffit. S'il est positif, une colposcopie est proposée.

Conduite à tenir Contrôle cytologique à 12 mois avant 30 ans. Après 30 ans, triage par test HPV ou double immunomarquage p16/Ki67 (plus spécifique).
LSIL ≈ 2 % des frottis

Low-grade Squamous Intraepithelial Lesion — lésion malpighienne intra-épithéliale de bas grade (LMIEBG).

Ce résultat regroupe les condylomes et les dysplasies légères (qui correspondent aux CIN 1 lorsqu'une biopsie est faite ensuite). Il signe la présence d'une infection HPV avec quelques modifications cellulaires, mais plus de la moitié de ces lésions régressent spontanément dans les 1 à 2 ans sans aucun traitement, grâce au système immunitaire.

La conduite dépend à nouveau de l'âge et du contexte. Chez la femme jeune, une simple surveillance cytologique peut suffire. Chez la femme de plus de 30 ans, ou en cas de doute, une colposcopie avec biopsies est généralement proposée pour vérifier l'épaisseur exacte de la lésion. Les recommandations SFCPCV 2025 permettent aussi le double immunomarquage p16/Ki67 comme option de triage pour les LSIL — s'il est négatif, on peut se contenter d'une cytologie de contrôle à 12 mois plutôt que d'une colposcopie immédiate.

Un LSIL n'est jamais opéré en première intention — même confirmé par biopsie en CIN 1, la règle est la surveillance, pas la conisation.

Conduite à tenir Colposcopie avec biopsies, ou double immunomarquage p16/Ki67 en option.
HSIL ≈ 1 % des frottis

High-grade Squamous Intraepithelial Lesion — lésion malpighienne intra-épithéliale de haut grade (LMIEHG).

Ce résultat regroupe les dysplasies modérées (CIN 2) et sévères (CIN 3). Ce sont des lésions à haut risque — certaines peuvent régresser spontanément, d'autres persister, et une proportion peut, sur une longue période (typiquement 10 à 15 ans) et en l'absence de traitement, évoluer vers un cancer du col. Ce n'est pas une évolution inéluctable, mais le risque est suffisant pour justifier un traitement. À ce stade, il ne s'agit pas d'un cancer : les cellules anormales restent confinées à l'épithélium et ne franchissent pas la membrane basale.

La colposcopie avec biopsies est systématique, et généralement suivie d'une conisation (résection en cône du col de l'utérus) si les biopsies confirment le haut grade. L'intervention est ambulatoire, dure 15 à 20 minutes, et préserve la fertilité dans la très grande majorité des cas.

Conduite à tenir Colposcopie avec biopsies. Traitement par conisation souvent indiqué après confirmation histologique.
ASC-H < 0,5 % des frottis

Atypical Squamous Cells, cannot exclude HSIL — atypies ne permettant pas d'exclure une lésion de haut grade.

Résultat intermédiaire et rare. Le cytopathologiste a vu des cellules suspectes qui ressemblent à celles d'un HSIL sans pouvoir l'affirmer avec certitude. Environ 30 à 40 % des patientes avec un ASC-H auront effectivement une lésion de haut grade (CIN 2 ou CIN 3) confirmée à la biopsie. Autrement dit, la majorité n'en ont pas, mais le risque est suffisant pour justifier une colposcopie sans délai.

La conduite est la même que pour un HSIL : colposcopie avec biopsies en priorité, puis traitement adapté au résultat histologique. L'absence de certitude sur le frottis ne change rien à l'urgence relative de l'exploration.

Conduite à tenir Colposcopie avec biopsies. Pas d'attentisme.
AGC < 0,5 % des frottis

Atypical Glandular Cells — atypies des cellules glandulaires.

Contrairement aux résultats précédents qui concernent les cellules malpighiennes (l'épithélium externe du col), un AGC signale une anomalie des cellules glandulaires — celles qui tapissent l'intérieur du canal cervical (endocol) ou qui viennent de l'endomètre (corps utérin). Ce résultat est plus complexe à interpréter car les lésions glandulaires sont plus rares, plus profondes, et peuvent concerner le col comme l'utérus.

La prise en charge est plus poussée : colposcopie avec biopsies dirigées, curetage endocervical pour explorer le canal, et parfois échographie pelvienne et biopsie endométriale chez la femme de plus de 45 ans ou en cas de saignements anormaux. Un sous-type particulier, l'AIS (adénocarcinome in situ) ou AGC évoquant un néoplasme, nécessite généralement une conisation diagnostique et thérapeutique.

Conduite à tenir Bilan complet (colposcopie + curetage endocervical ± exploration endométriale). Consultation spécialisée recommandée.

Récapitulatif : fréquence, signification et conduite à tenir

Résultat Fréquence Risque de lésion de haut grade à la biopsie Conduite à tenir
ASC-US 1 à 2 % Environ 5 à 10 % Contrôle à 12 mois, test HPV ou p16/Ki67
LSIL ≈ 2 % Environ 10 à 15 % Colposcopie ou p16/Ki67 en option
HSIL ≈ 1 % Environ 70 à 80 % Colposcopie avec biopsies
ASC-H < 0,5 % Environ 30 à 40 % Colposcopie avec biopsies
AGC < 0,5 % Variable selon le sous-type Bilan complet (colposcopie + curetage endocervical)

En pratique, lorsqu'une colposcopie est indiquée, elle est réalisée dans un délai de 1 à 3 à 4 semaines — les délais précis dépendent du résultat et du contexte clinique.

Le parcours après un frottis anormal

Quel que soit le résultat, les étapes suivantes suivent une logique claire. Voici comment se déroule typiquement la prise en charge, depuis la réception du résultat jusqu'à la décision thérapeutique.

1

Réception du résultat et consultation

Vous recevez le compte-rendu du laboratoire. Consultez votre gynécologue, votre médecin traitant ou une sage-femme pour l'interpréter et décider du plan. En cas de HSIL, ASC-H ou AGC, une consultation spécialisée est recommandée.

2

Test HPV complémentaire (si pertinent)

Pour les ASC-US après 30 ans, un test HPV sur le même prélèvement permet de trier les patientes à risque. S'il est négatif, retour au dépistage habituel.

3

Colposcopie avec biopsies

Examen du col sous loupe binoculaire après application d'acide acétique et de Lugol. Les zones suspectes apparaissent différentes et peuvent être biopsiées. L'examen dure 10 à 15 minutes, se fait sans anesthésie, et est peu douloureux (gêne comparable à un frottis).

4

Résultat histologique

Les biopsies sont analysées et classées selon la terminologie histologique : CIN 1, CIN 2, CIN 3, adénocarcinome in situ. Le délai est de 2 à 3 semaines.

5

Décision thérapeutique

Selon le résultat : simple surveillance (CIN 1), surveillance ou conisation (CIN 2), conisation (CIN 3 / AIS). La décision est discutée en consultation en tenant compte de l'âge, du projet de grossesse et des antécédents. Pour un panorama complet des pathologies bénignes du col et des options chirurgicales, voir la page dédiée.

Auto-prélèvement vaginal (APV) : une alternative au frottis

Depuis 2024, le dépistage du cancer du col peut être réalisé par auto-prélèvement vaginal — un kit que la patiente utilise elle-même, à domicile ou au cabinet. Cette option a été intégrée au dépistage organisé français pour mieux toucher les femmes qui ne font pas de frottis régulièrement (environ 40 % des 25-65 ans).

L'auto-prélèvement ne remplace pas le frottis classique pour toutes les femmes : il est proposé en priorité aux patientes non dépistées depuis plus de 3 ans et qui ne souhaitent pas, pour diverses raisons (pudeur, handicap, éloignement, anxiété), consulter un professionnel pour un prélèvement cervical. Le kit comprend un écouvillon à insérer dans le vagin pendant quelques secondes, puis à renvoyer par courrier au laboratoire.

Concrètement, l'APV recherche directement l'ADN du HPV (pas les cellules, contrairement au frottis cytologique). Si le test est négatif, aucun autre examen n'est nécessaire — retour au dépistage habituel. Si le test est positif, un frottis cytologique classique est alors réalisé sur un nouveau prélèvement, chez un professionnel, pour compléter l'analyse. En d'autres termes, l'APV est une porte d'entrée au dépistage, pas un examen de diagnostic.

Cet examen est remboursé à 100 % dans le cadre du dépistage organisé pour les femmes ciblées. Il n'est pas recommandé aux femmes déjà suivies régulièrement ni à celles ayant des antécédents de frottis anormaux ou de lésions cervicales — dans ces cas, le suivi par cytologie classique ou test HPV avec prélèvement médical reste la référence.

Questions que les patientes se posent souvent

Un frottis anormal veut-il dire que j'ai un cancer ?

Non. Un frottis anormal signifie qu'il existe des anomalies cellulaires à explorer. Un résultat HSIL — le plus sévère en cytologie — correspond à une lésion à risque d'évolution, pas à un cancer. L'évolution d'un HSIL/CIN 3 vers un cancer invasif n'est pas automatique : certaines lésions régressent spontanément, d'autres persistent sans évoluer, et seule une proportion évolue vers un cancer sur une période typiquement longue (plusieurs années, parfois 10 à 15 ans) en l'absence de traitement. Le dépistage sert à détecter ces lésions à temps pour les traiter avant toute éventuelle évolution.

Combien de temps ai-je pour agir après un résultat anormal ?

Cela dépend du résultat. Pour un ASC-US ou un LSIL, il n'y a aucune urgence — un triage par test HPV ou double immunomarquage p16/Ki67, voire une simple surveillance à 12 mois, est généralement suffisant. Pour un HSIL, ASC-H ou AGC, une colposcopie est à organiser — en pratique, elle est réalisée dans un délai de 1 à 3 ou 4 semaines selon le contexte. Les délais précis dépendent de votre situation et sont à discuter avec votre médecin. Ce qui compte, c'est d'aller au bout du parcours — pas de courir.

Dois-je m'inquiéter pendant l'attente de la colposcopie ?

Comprenez que cette attente est souvent la période la plus anxiogène du parcours, et c'est normal. Quelques repères pour vivre cette période plus sereinement : vous pouvez continuer votre vie normalement (travail, sport, rapports sexuels, voyages), aucun comportement ne va aggraver la situation dans un délai aussi court ; les saignements occasionnels après un rapport ou un effort ne sont pas forcément un signe de gravité et sont fréquents avec l'ectropion cervical ; en cas de saignements abondants et répétés ou de douleurs pelviennes marquées, consultez sans attendre. Si l'attente devient trop lourde à porter, parler avec votre médecin traitant peut aider — la dimension émotionnelle compte aussi.

Un frottis anormal, est-ce contagieux pour mon partenaire ?

Le frottis anormal reflète le plus souvent une infection HPV — un virus extrêmement fréquent qui concerne près de 80 % des personnes sexuellement actives au cours de leur vie. Si vous êtes en couple stable depuis un moment, il est très probable que votre partenaire ait déjà été en contact avec le virus. Le préservatif réduit mais n'élimine pas le risque de transmission (contact peau-à-peau). Chez l'homme, l'infection est le plus souvent asymptomatique et sans conséquence — il n'existe pas de dépistage HPV systématique recommandé en France. Un test HPV positif ne dit rien sur la fidélité : le virus peut dormir des années avant de se manifester, et la contamination peut remonter à n'importe quel moment de votre vie sexuelle.

Puis-je tomber enceinte avec un frottis anormal ?

Oui, sans aucune restriction. Un frottis anormal en soi n'affecte pas la fertilité ni la grossesse. Si une grossesse débute pendant le bilan, elle peut se poursuivre : les colposcopies et biopsies sont possibles en cours de grossesse, et la décision thérapeutique (conisation éventuelle) est généralement reportée à 6 à 8 semaines après l'accouchement, sauf suspicion de lésion invasive. En revanche, si une conisation est envisagée et que vous avez un projet de grossesse à venir, c'est à discuter en consultation — la technique peut être adaptée pour préserver au maximum le col.

J'ai été vaccinée contre le HPV, comment puis-je avoir un frottis anormal ?

Les vaccins HPV (bivalent, quadrivalent, nonavalent) protègent contre les types de HPV les plus fréquents, mais pas contre tous. Le Gardasil 9 (nonavalent) couvre 9 génotypes responsables d'environ 90 % des cancers du col, ce qui laisse 10 % de risque résiduel lié à d'autres types. Par ailleurs, la vaccination est d'autant plus efficace qu'elle est faite avant le début de l'activité sexuelle : si elle a été réalisée après une exposition, elle ne peut pas éliminer un virus déjà présent. Pour ces deux raisons, le dépistage reste recommandé chez toutes les femmes vaccinées comme chez les non-vaccinées, entre 25 et 65 ans.

Peut-on avoir un frottis anormal après la ménopause ?

Oui, et c'est une situation qui demande une attention particulière. Après la ménopause, la muqueuse du col devient plus fine et la zone de jonction (zone à risque des lésions) remonte dans le canal cervical, ce qui peut rendre le frottis et la colposcopie plus difficiles à interpréter. Un traitement estrogénique local de quelques semaines avant un nouvel examen est parfois proposé. Un HPV qui persiste ou réapparaît à la ménopause (parfois par réactivation en lien avec la baisse immunitaire) doit être pris au sérieux — le risque cumulé d'évolution est plus élevé qu'avant 30 ans.

Faut-il refaire un frottis tout de suite si j'ai eu un résultat anormal ?

Pas forcément. Dans la plupart des cas, refaire un frottis immédiatement n'apporte rien — l'examen de référence pour explorer un frottis anormal est la colposcopie, pas un second frottis. Une exception classique : si le prélèvement initial n'était pas interprétable (trop peu de cellules, sang, inflammation), votre médecin peut demander un nouveau frottis dans de bonnes conditions. Mais face à un ASC-US, LSIL, HSIL, ASC-H ou AGC clairement identifié, la suite logique est la colposcopie, pas la répétition.

Quelle est la différence entre frottis, test HPV, colposcopie et biopsie ?

Ce sont quatre examens différents qui s'enchaînent : le frottis (cytologie) cherche des cellules anormales au microscope ; le test HPV cherche directement le virus (ADN viral) ; la colposcopie est l'examen visuel du col sous loupe, qui permet de localiser des zones suspectes ; la biopsie est le prélèvement d'un fragment de tissu dans une zone suspecte, analysé en histologie pour donner un diagnostic définitif (CIN 1, CIN 2, CIN 3, AIS, cancer). Seule la biopsie pose un diagnostic certain — tout le reste est du dépistage ou de la localisation.

Quand consulter sans attendre, même sans frottis anormal ?

  • Saignements anormaux après les rapports sexuels, de façon répétée
  • Saignements en dehors des règles (métrorragies) persistants
  • Pertes vaginales malodorantes ou teintées de sang
  • Douleurs pelviennes chroniques inexpliquées
  • Saignement après la ménopause, même minime

Ces signes ne signifient pas nécessairement un cancer, mais méritent une consultation — et parfois un frottis ou une colposcopie, même si le dernier dépistage était normal.

Un frottis anormal à faire expliquer ?

Le Dr Zeitoun analyse votre compte-rendu de laboratoire et vous explique étape par étape ce qu'il signifie, les examens à prévoir et les options de prise en charge. Cabinet Paris 8e ou Clinique Hartmann Neuilly.

Sources institutionnelles et scientifiques

  1. SFCPCV — Conduite à tenir devant une femme ayant une cytologie cervico-utérine anormale : actualisation des recommandations INCa après la mise en place du dépistage par le test HPV. Société Française de Colposcopie et de Pathologie Cervico-Vaginale, octobre 2025. societe-colposcopie.com
  2. INCa — Conduite à tenir devant une femme ayant une cytologie cervico-utérine anormale. Institut National du Cancer, décembre 2016. Recommandations et référentiels. e-cancer.fr
  3. HAS — Évaluation de la recherche des papillomavirus humains (HPV) en dépistage primaire des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l'utérus et de la place du double immuno-marquage p16/Ki67. Haute Autorité de Santé, juillet 2019.
  4. HAS — Dépistage et prévention du cancer du col de l'utérus. Haute Autorité de Santé. Actualisation 2019. has-sante.fr
  5. SFCPCV — Dépistage du cancer du col de l'utérus chez les personnes immunodéprimées hors personnes vivant avec le VIH. Recommandations du 2 octobre 2025.
  6. CNGOF — Dépistage du cancer du col de l'utérus. Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français. Fiche d'information patiente. cngof.fr
  7. Nayar R, Wilbur DC. The Bethesda System for Reporting Cervical Cytology: Definitions, Criteria, and Explanatory Notes. 3ᵉ édition. Springer, 2015.
  8. Santé publique France — Dépistage organisé du cancer du col de l'utérus : évaluation de la première année de généralisation. 2021.

Dernière révision : 23 avril 2026. Les recommandations évoluent : ce contenu est mis à jour régulièrement pour suivre les mises à jour des sociétés savantes françaises.

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