Ici, il s’agit de reconstruire les deux seins, dans la même opération, chez une patiente indemne de tout cancer. La décision d’opérer est décrite sur la page mastectomie préventive bilatérale, et la question de la conservation ou non de la plaque aréolo-mamelonnaire sur la page conservation du mamelon et de l’aréole. Pour une reconstruction liée à un cancer, la question du calendrier est traitée dans l’article reconstruction immédiate ou différée. La vue d’ensemble des techniques est sur la page reconstruction mammaire.
Vous envisagez une mastectomie préventive et voulez savoir comment vos deux seins pourraient être reconstruits : le Dr Zeitoun examine votre morphologie et vous présente les options adaptées.
Une situation différente de la reconstruction après cancer

Sans tumeur ni traitement complémentaire à prévoir après l’opération, rien ne vient retarder ou gêner la reconstruction : elle peut être pensée dès le départ pour les deux côtés, à la date qui vous convient.
Cette situation change la façon de reconstruire :
On reconstruit en même temps.
L’ablation de la glande et la reconstruction se font sous la même anesthésie. Au réveil, les deux seins ont déjà un volume.
On préserve l’enveloppe.
La peau du sein, appelée étui cutané, est conservée autant que possible, et souvent la plaque aréolo-mamelonnaire (PAM). C’est cette enveloppe qui donne au sein reconstruit une forme naturelle.
On travaille les deux côtés ensemble.
Les deux seins sont reconstruits avec la même technique et le même plan, ce qui facilite la symétrie.
Les conditions pour préserver la PAM, le risque de nécrose (une partie de la peau ou de la PAM qui manque de sang) et le prélèvement fait derrière l’aréole sont décrits sur la page conservation du mamelon et de l’aréole. Ils ne sont pas repris ici.
Recréer un volume n’est pas obligatoire. Certaines femmes choisissent une reconstruction à plat, c’est-à-dire un thorax refermé sans recréer de volume. Ce choix est tout aussi légitime et se discute de la même façon.
La symétrie : l’atout d’une reconstruction bilatérale

Quand un seul sein est reconstruit, l’autre sein, non opéré, continue d’évoluer avec l’âge et le poids, alors que le sein reconstruit change peu : avec le temps, une différence peut apparaître entre les deux. Quand les deux seins sont reconstruits ensemble, avec la même technique, ils partent du même point et évoluent de façon plus comparable.
La symétrie n’est pas pour autant automatique. Vos deux seins de départ ne sont jamais parfaitement identiques : un sein un peu plus gros, un sillon sous le sein plus haut d’un côté, un thorax légèrement asymétrique. Ces différences se notent en consultation, sur des photos prises avant l’opération, et on cherche à les atténuer. Après l’opération, les deux côtés ne cicatrisent pas toujours au même rythme. Une asymétrie de forme ou de hauteur peut apparaître et se corrige, si besoin, lors d’une retouche.
La PAM peut être conservée d’un côté et retirée de l’autre : chaque côté s’évalue séparément. Dans ce cas, la symétrie des aréoles et des mamelons se travaille plus tard, au moment de la reconstruction du mamelon ou du tatouage d’aréole.
Les techniques possibles
Le choix se fait avec vous, selon votre morphologie, la qualité de votre peau, le volume de vos seins, votre silhouette, vos activités et ce que vous souhaitez. Le détail de chaque technique est sur sa page ; voici ce qui change quand les deux côtés sont concernés.

La prothèse posée d’emblée
Une prothèse définitive en silicone est mise en place de chaque côté, sous la même anesthésie que la mastectomie. C’est une situation assez fréquente en chirurgie préventive : une seule intervention pour la reconstruction elle-même, avec une récupération plus rapide qu’avec un lambeau.
La prothèse est placée devant ou derrière le muscle pectoral, selon les indications ; une matrice ou un filet résorbable peut renforcer le bas du sein et stabiliser l’implant. Le volume et la forme, ronde ou anatomique, sont choisis avec vous pour les deux côtés.
Aucune prothèse n’est implantée à vie. Il n’y a pas d’obligation de la changer à date fixe, mais une rupture, une coque ou un déplacement conduisent à la remplacer. Ces choix sont détaillés sur la page reconstruction par prothèse.

Les lambeaux : reconstruire avec vos propres tissus
En bilatéral, il faut assez de tissu pour deux seins.
- Le ventre (DIEP). Le tablier abdominal, c’est-à-dire la peau et la graisse retirées comme lors d’une abdominoplastie, est réparti entre les deux seins pour leur redonner un volume. Le temps de microchirurgie (la suture des petits vaisseaux au microscope) est réalisé avec un collègue chirurgien plasticien. Au vu de la durée opératoire, il peut arriver qu’on reconstruise un sein puis l’autre.
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La cuisse (gracilis). Si le ventre est plat, chaque cuisse reconstruit un sein de volume modéré.
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Le dos (grand dorsal). Il sert surtout à couvrir un implant ou à reprendre une reconstruction.
Les seins, souples et sans prothèse, suivent votre poids. En contrepartie, la convalescence est plus longue, avec une cicatrice au site de prélèvement.
Le lipofilling, souvent en finition
Le lipofilling consiste à prélever votre propre graisse, le plus souvent sur le ventre, les cuisses ou les hanches, puis à la réinjecter dans les seins. Après une prothèse ou un lambeau, il sert à affiner le résultat des deux côtés : combler un creux, adoucir un contour, équilibrer le volume.
Il se réalise sous anesthésie générale, en ambulatoire, quelques mois après la reconstruction. Une partie de la graisse injectée se résorbe ; celle qui prend est un tissu vivant, qui évolue avec votre poids. Il est préconisé de garder un poids stable, et plusieurs séances espacées de quelques mois peuvent être nécessaires. La technique est décrite sur la page reconstruction mammaire.
Choisir le volume

C’est l’une des premières questions posées : peut-on conserver le même volume, le réduire, l’augmenter ?
Quand la peau et la PAM sont conservées, l’enveloppe existe déjà et le nouveau volume doit s’y loger. Lors de la reconstruction immédiate, contrairement à une chirurgie esthétique, on garde votre volume ou on le diminue légèrement, pour limiter le risque de nécrose. Ensuite, quand l’enveloppe de peau est autonome sur le plan vasculaire, souvent vers 3 mois, le volume peut être augmenté avec un risque de nécrose moindre.
Un bonnet important ou une ptose (des « seins tombants ») se prêtent moins bien à la conservation de la peau et de la PAM ; pour éviter une nécrose secondaire, la PAM doit parfois être sacrifiée. Pour l’éviter, on peut passer d’abord par une réduction mammaire bilatérale, quelques mois avant la mastectomie. La page conservation du mamelon détaille ce point.
Le choix de l’implant (volume, forme ronde ou anatomique, projection) se fait avec vous, avec des mesures prises sur votre thorax. La page reconstruction par prothèse détaille ces choix.
Vous hésitez entre prothèse et lambeau, ou vous vous interrogez sur le volume de vos deux seins : le Dr Zeitoun compare avec vous les options adaptées à votre morphologie.
L’opération et l’hospitalisation

L’intervention se déroule sous anesthésie générale, à la Clinique Hartmann (Neuilly-sur-Seine). Sa durée dépend surtout de la technique : une reconstruction par prothèses des deux côtés est nettement plus courte qu’une reconstruction par lambeaux.
Les incisions sont choisies pour être discrètes : le plus souvent dans le pli sous le sein, parfois autour de l’aréole ou selon un tracé de réduction.
Le séjour est de quelques jours pour des prothèses, plus long pour des lambeaux. À votre sortie, un calendrier précis vous est remis : pansements, soutien-gorge, rendez-vous de contrôle.
La convalescence quand on est opérée des deux côtés
C’est la grande différence avec une chirurgie d’un seul sein : vous n’avez pas de « bon côté » sur lequel vous appuyer. Il vaut mieux l’anticiper.
La douleur
Elle est réelle les premiers jours, surtout lorsque la prothèse est placée derrière le muscle, et se décrit souvent comme une tension ou une sensation de poids sur le thorax. Elle est prise en charge par des antalgiques adaptés et diminue progressivement. Une douleur qui augmente au lieu de diminuer, ou un sein qui gonfle d’un seul côté, se signale sans attendre. Les douleurs qui persistent après la cicatrisation sont abordées sur la page douleur après mastectomie.
Les drains
Il y en a en général un de chaque côté, parfois davantage avec un lambeau. Ils sont retirés quand le liquide diminue, à l’hôpital ou en soins infirmiers à domicile.
Le retour à la maison
Comme les deux côtés sont opérés, prévoir de l’aide les premiers jours change tout : courses, enfants en bas âge à porter, ménage, linge. Des vêtements qui s’ouvrent devant et des objets usuels rangés à hauteur de poitrine simplifient le retour à la maison.
Le sommeil, la douche, la conduite
On dort sur le dos les premières semaines, souvent un peu redressée, avec des coussins sous les bras. La douche est autorisée selon le type de pansement, ce qui vous est précisé à la sortie. La conduite reprend quand les drains sont retirés et que vous pouvez tourner le volant et freiner brusquement sans douleur.
Le retour au travail et le sport
Le retour au travail dépend de votre métier : plus tôt pour un travail de bureau, plus tard pour un métier physique ou qui sollicite les bras. Le sport reprend par étapes : la marche dès les premiers jours, puis les activités douces, puis, après plusieurs semaines, les sports qui sollicitent les pectoraux et les bras (natation, musculation du haut du corps, sports de raquette). Avec un lambeau, la zone de prélèvement (ventre, cuisse ou dos) a son propre rythme. Le calendrier se personnalise au contrôle postopératoire.
Les retouches

Une reconstruction se fait souvent en plusieurs interventions, étalées sur 18 à 24 mois. Une ou plusieurs retouches sont fréquentes, généralement plus légères que la première opération : lipofilling, correction d’un sillon ou d’une asymétrie, ajustement de la position d’un implant, reprise d’une cicatrice. Elles se programment quand les tissus sont stabilisés, en général plusieurs mois après.
Si la PAM n’a pas été conservée, ou si elle a été perdue, la reconstruction du mamelon et le tatouage de l’aréole viennent en dernier. Ils sont décrits sur la page tatouage d’aréole et reconstruction du mamelon.
Les complications possibles se discutent avant l’opération : hématome, infection, nécrose de la peau ou de la PAM, retard de cicatrisation. Avec une prothèse, il peut s’agir plus tard d’une coque (un durcissement de la membrane que le corps forme autour de l’implant), d’un déplacement, ou plus rarement d’une rupture. Avec un lambeau, il peut s’agir d’un problème de vascularisation du lambeau, surveillé de près les premiers jours. Le tabac augmente ces risques : l’arrêter avant l’opération protège la peau et la cicatrisation.
Le suivi, ensuite
Le suivi associe deux volets.
La reconstruction. Des consultations de contrôle s’espacent au fil des mois. Une prothèse n’est pas un dispositif à vie : elle peut avoir besoin d’être changée un jour, sans calendrier fixe. Une prothèse qui change de forme, durcit ou devient douloureuse se montre au chirurgien.
Le risque résiduel. Le suivi du risque qui persiste après une mastectomie préventive est décrit sur la page mutation BRCA et chirurgie préventive.
L’allaitement n’est plus possible après une mastectomie. Une grossesse reste possible ; elle peut modifier un peu la silhouette et la symétrie, ce qui se reprend si besoin ensuite.
Ce que vous pouvez attendre de la consultation

La consultation de reconstruction est un temps dédié. Le Dr Zeitoun examine vos deux seins, la qualité de la peau, la forme du thorax, le ventre et les cuisses si un lambeau se discute. Il prend des photos et des mesures, avec votre accord. Il vous présente les techniques réalistes dans votre cas, avec leurs avantages, leurs contraintes et leurs risques, et ce que chacune implique comme convalescence et comme retouches.
Le parcours avant une chirurgie préventive est décrit sur la page mastectomie préventive bilatérale. Le choix de la technique de reconstruction peut demander un deuxième rendez-vous : revenir avec vos questions, avec votre conjoint ou une proche, fait partie du parcours.
Consultations au cabinet du 241 rue du Faubourg Saint-Honoré (Paris 8e) et à la Clinique Hartmann (Neuilly-sur-Seine). Les interventions ont lieu uniquement à la Clinique Hartmann.
La chirurgie de réduction de risque chez une porteuse de mutation est prise en charge par l’Assurance Maladie. Secteur 2, non adhérent à l’OPTAM, avec dépassements d’honoraires possibles. Le montant est expliqué en consultation et inscrit sur un devis avant l’intervention.
Questions fréquentes
Mes deux seins sont-ils reconstruits pendant la mastectomie ?
Oui, c’est la situation la plus habituelle en chirurgie préventive. L’ablation de la glande et la reconstruction des deux côtés se font sous la même anesthésie. Au réveil, un volume est déjà présent. Avec un lambeau, au vu de la durée opératoire, il peut arriver qu’on reconstruise un sein puis l’autre, pour limiter la durée de chaque intervention.
Vais-je me réveiller avec une poitrine « normale » ?
Vous vous réveillez avec deux seins, dont l’aspect évolue pendant plusieurs mois : gonflement, tension, peau qui se détend, implant qui trouve sa place. Le résultat peut être très beau, mais ce sera une poitrine différente de celle que vous aviez avant. Il s’apprécie une fois les tissus stabilisés et peut être affiné par une retouche.
Prothèse ou lambeau : comment choisir ?
La prothèse demande une seule opération courte, mais peut devoir être changée un jour. Le lambeau donne un sein souple, sans implant, qui suit votre poids, au prix d’une opération plus longue et d’une cicatrice sur la zone de prélèvement. Votre morphologie, la quantité de tissu disponible, vos activités et votre préférence orientent le choix.
Puis-je choisir un volume différent de mes seins actuels ?
Pas tout de suite. En reconstruction immédiate, on garde votre volume ou on le diminue légèrement, pour limiter le risque de nécrose, contrairement à une chirurgie esthétique. Ensuite, quand l’enveloppe de peau est autonome sur le plan vasculaire, souvent vers 3 mois, la taille peut être augmentée avec un risque de nécrose moindre.
Mes deux seins seront-ils parfaitement symétriques ?
Reconstruire les deux côtés ensemble facilite la symétrie, mais ne la garantit pas. Vos seins de départ ne sont pas identiques et chaque côté cicatrise à son rythme. Une petite asymétrie peut se corriger lors d’une retouche.
Qui s’occupe des soins à mon retour à la maison ?
Les premiers jours, le Dr Zeitoun vous prescrit le passage d’une infirmière à domicile pour les soins (pansements, drains).
Quand pourrai-je reprendre le travail et le sport ?
Cela dépend de la technique et de votre métier. Un travail de bureau reprend plus tôt qu’un métier physique. La marche reprend dès les premiers jours ; les sports qui sollicitent les bras et les pectoraux, après plusieurs semaines. Le calendrier se précise au contrôle postopératoire.
Faudra-t-il réopérer ?
Souvent, oui, pour une retouche : lipofilling, symétrie, sillon, cicatrice. Ces gestes sont généralement plus simples que la première opération. Avec une prothèse, un changement d’implant peut aussi être nécessaire un jour.
La prothèse empêche-t-elle la surveillance ?
Non. La prothèse ne gêne ni l’examen clinique ni l’imagerie éventuellement prévue ; le suivi du risque résiduel est décrit sur la page mutation BRCA et chirurgie préventive. Signalez toute boule, rougeur ou modification de la peau.
Peut-on reconstruire plus tard si je ne suis pas prête ?
Oui, une reconstruction reste possible après une mastectomie, sans limite de délai. En chirurgie préventive, reconstruire le même jour permet de préserver la peau et souvent la PAM : c’est pourquoi la reconstruction immédiate est discutée en premier.
Et si je préfère ne pas reconstruire du tout ?
C’est un choix possible et respecté. La reconstruction à plat referme le thorax de façon nette, sans volume. Elle se discute avec la même attention.
Pourrai-je avoir des enfants et allaiter ?
Une grossesse reste possible après la reconstruction. L’allaitement, en revanche, n’est plus possible après une mastectomie. Le moment de l’opération au regard d’un projet d’allaitement se discute sur la page mastectomie préventive bilatérale.
Sources
Référentiel SENORIF 2025-2026, chapitres « Prévention chirurgicale » (mutation BRCA1/2 et PALB2 : mastectomie prophylactique bilatérale, reconstruction immédiate, risque résiduel, réunion de concertation avec avis de génétique et consultation de psychologie) et « Chirurgie plastique et reconstructrice ». Institut national du cancer, « Femmes porteuses d’une mutation de BRCA1 ou BRCA2 : détection précoce du cancer du sein et des annexes et stratégies de réduction du risque » (2017).
Vous voulez préparer la reconstruction de vos deux seins avant la mastectomie : prenez rendez-vous avec le Dr Zeitoun pour en parler avant l’opération.









