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Reconstruction mammaire · Chirurgie préventive

Reconstruire les deux seins après une mastectomie préventive

Vous êtes porteuse d’une mutation BRCA1 ou BRCA2 ou PALB2, ou votre risque familial est très élevé, et une mastectomie préventive bilatérale est décidée ou envisagée. Cette page porte sur la suite : redonner un volume et une forme à vos deux seins.

Dr Jérémie Zeitoun

Ici, il s’agit de reconstruire les deux seins, dans la même opération, chez une patiente indemne de tout cancer. La décision d’opérer est décrite sur la page mastectomie préventive bilatérale, et la question de la conservation ou non de la plaque aréolo-mamelonnaire sur la page conservation du mamelon et de l’aréole. Pour une reconstruction liée à un cancer, la question du calendrier est traitée dans l’article reconstruction immédiate ou différée. La vue d’ensemble des techniques est sur la page reconstruction mammaire.

Vous envisagez une mastectomie préventive et voulez savoir comment vos deux seins pourraient être reconstruits : le Dr Zeitoun examine votre morphologie et vous présente les options adaptées.

Symétrie

La symétrie : l’atout d’une reconstruction bilatérale

Deux prothèses mammaires identiques posées côte à côte sur un linge clair.

Quand un seul sein est reconstruit, l’autre sein, non opéré, continue d’évoluer avec l’âge et le poids, alors que le sein reconstruit change peu : avec le temps, une différence peut apparaître entre les deux. Quand les deux seins sont reconstruits ensemble, avec la même technique, ils partent du même point et évoluent de façon plus comparable.

La symétrie n’est pas pour autant automatique. Vos deux seins de départ ne sont jamais parfaitement identiques : un sein un peu plus gros, un sillon sous le sein plus haut d’un côté, un thorax légèrement asymétrique. Ces différences se notent en consultation, sur des photos prises avant l’opération, et on cherche à les atténuer. Après l’opération, les deux côtés ne cicatrisent pas toujours au même rythme. Une asymétrie de forme ou de hauteur peut apparaître et se corrige, si besoin, lors d’une retouche.

La PAM peut être conservée d’un côté et retirée de l’autre : chaque côté s’évalue séparément. Dans ce cas, la symétrie des aréoles et des mamelons se travaille plus tard, au moment de la reconstruction du mamelon ou du tatouage d’aréole.

Volume

Choisir le volume

Trois calibreurs de prothèse de tailles croissantes et un mètre ruban sur un linge clair.

C’est l’une des premières questions posées : peut-on conserver le même volume, le réduire, l’augmenter ?

Quand la peau et la PAM sont conservées, l’enveloppe existe déjà et le nouveau volume doit s’y loger. Lors de la reconstruction immédiate, contrairement à une chirurgie esthétique, on garde votre volume ou on le diminue légèrement, pour limiter le risque de nécrose. Ensuite, quand l’enveloppe de peau est autonome sur le plan vasculaire, souvent vers 3 mois, le volume peut être augmenté avec un risque de nécrose moindre.

Un bonnet important ou une ptose (des « seins tombants ») se prêtent moins bien à la conservation de la peau et de la PAM ; pour éviter une nécrose secondaire, la PAM doit parfois être sacrifiée. Pour l’éviter, on peut passer d’abord par une réduction mammaire bilatérale, quelques mois avant la mastectomie. La page conservation du mamelon détaille ce point.

Le choix de l’implant (volume, forme ronde ou anatomique, projection) se fait avec vous, avec des mesures prises sur votre thorax. La page reconstruction par prothèse détaille ces choix.

Vous hésitez entre prothèse et lambeau, ou vous vous interrogez sur le volume de vos deux seins : le Dr Zeitoun compare avec vous les options adaptées à votre morphologie.

Convalescence

La convalescence quand on est opérée des deux côtés

C’est la grande différence avec une chirurgie d’un seul sein : vous n’avez pas de « bon côté » sur lequel vous appuyer. Il vaut mieux l’anticiper.

La douleur

Elle est réelle les premiers jours, surtout lorsque la prothèse est placée derrière le muscle, et se décrit souvent comme une tension ou une sensation de poids sur le thorax. Elle est prise en charge par des antalgiques adaptés et diminue progressivement. Une douleur qui augmente au lieu de diminuer, ou un sein qui gonfle d’un seul côté, se signale sans attendre. Les douleurs qui persistent après la cicatrisation sont abordées sur la page douleur après mastectomie.

Les drains

Il y en a en général un de chaque côté, parfois davantage avec un lambeau. Ils sont retirés quand le liquide diminue, à l’hôpital ou en soins infirmiers à domicile.

Le retour à la maison

Comme les deux côtés sont opérés, prévoir de l’aide les premiers jours change tout : courses, enfants en bas âge à porter, ménage, linge. Des vêtements qui s’ouvrent devant et des objets usuels rangés à hauteur de poitrine simplifient le retour à la maison.

Le sommeil, la douche, la conduite

On dort sur le dos les premières semaines, souvent un peu redressée, avec des coussins sous les bras. La douche est autorisée selon le type de pansement, ce qui vous est précisé à la sortie. La conduite reprend quand les drains sont retirés et que vous pouvez tourner le volant et freiner brusquement sans douleur.

Le retour au travail et le sport

Le retour au travail dépend de votre métier : plus tôt pour un travail de bureau, plus tard pour un métier physique ou qui sollicite les bras. Le sport reprend par étapes : la marche dès les premiers jours, puis les activités douces, puis, après plusieurs semaines, les sports qui sollicitent les pectoraux et les bras (natation, musculation du haut du corps, sports de raquette). Avec un lambeau, la zone de prélèvement (ventre, cuisse ou dos) a son propre rythme. Le calendrier se personnalise au contrôle postopératoire.

Suivi

Le suivi, ensuite

Le suivi associe deux volets.

La reconstruction. Des consultations de contrôle s’espacent au fil des mois. Une prothèse n’est pas un dispositif à vie : elle peut avoir besoin d’être changée un jour, sans calendrier fixe. Une prothèse qui change de forme, durcit ou devient douloureuse se montre au chirurgien.

Le risque résiduel. Le suivi du risque qui persiste après une mastectomie préventive est décrit sur la page mutation BRCA et chirurgie préventive.

L’allaitement n’est plus possible après une mastectomie. Une grossesse reste possible ; elle peut modifier un peu la silhouette et la symétrie, ce qui se reprend si besoin ensuite.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Mes deux seins sont-ils reconstruits pendant la mastectomie ?

Oui, c’est la situation la plus habituelle en chirurgie préventive. L’ablation de la glande et la reconstruction des deux côtés se font sous la même anesthésie. Au réveil, un volume est déjà présent. Avec un lambeau, au vu de la durée opératoire, il peut arriver qu’on reconstruise un sein puis l’autre, pour limiter la durée de chaque intervention.

Vais-je me réveiller avec une poitrine « normale » ?

Vous vous réveillez avec deux seins, dont l’aspect évolue pendant plusieurs mois : gonflement, tension, peau qui se détend, implant qui trouve sa place. Le résultat peut être très beau, mais ce sera une poitrine différente de celle que vous aviez avant. Il s’apprécie une fois les tissus stabilisés et peut être affiné par une retouche.

Prothèse ou lambeau : comment choisir ?

La prothèse demande une seule opération courte, mais peut devoir être changée un jour. Le lambeau donne un sein souple, sans implant, qui suit votre poids, au prix d’une opération plus longue et d’une cicatrice sur la zone de prélèvement. Votre morphologie, la quantité de tissu disponible, vos activités et votre préférence orientent le choix.

Puis-je choisir un volume différent de mes seins actuels ?

Pas tout de suite. En reconstruction immédiate, on garde votre volume ou on le diminue légèrement, pour limiter le risque de nécrose, contrairement à une chirurgie esthétique. Ensuite, quand l’enveloppe de peau est autonome sur le plan vasculaire, souvent vers 3 mois, la taille peut être augmentée avec un risque de nécrose moindre.

Mes deux seins seront-ils parfaitement symétriques ?

Reconstruire les deux côtés ensemble facilite la symétrie, mais ne la garantit pas. Vos seins de départ ne sont pas identiques et chaque côté cicatrise à son rythme. Une petite asymétrie peut se corriger lors d’une retouche.

Qui s’occupe des soins à mon retour à la maison ?

Les premiers jours, le Dr Zeitoun vous prescrit le passage d’une infirmière à domicile pour les soins (pansements, drains).

Quand pourrai-je reprendre le travail et le sport ?

Cela dépend de la technique et de votre métier. Un travail de bureau reprend plus tôt qu’un métier physique. La marche reprend dès les premiers jours ; les sports qui sollicitent les bras et les pectoraux, après plusieurs semaines. Le calendrier se précise au contrôle postopératoire.

Faudra-t-il réopérer ?

Souvent, oui, pour une retouche : lipofilling, symétrie, sillon, cicatrice. Ces gestes sont généralement plus simples que la première opération. Avec une prothèse, un changement d’implant peut aussi être nécessaire un jour.

La prothèse empêche-t-elle la surveillance ?

Non. La prothèse ne gêne ni l’examen clinique ni l’imagerie éventuellement prévue ; le suivi du risque résiduel est décrit sur la page mutation BRCA et chirurgie préventive. Signalez toute boule, rougeur ou modification de la peau.

Peut-on reconstruire plus tard si je ne suis pas prête ?

Oui, une reconstruction reste possible après une mastectomie, sans limite de délai. En chirurgie préventive, reconstruire le même jour permet de préserver la peau et souvent la PAM : c’est pourquoi la reconstruction immédiate est discutée en premier.

Et si je préfère ne pas reconstruire du tout ?

C’est un choix possible et respecté. La reconstruction à plat referme le thorax de façon nette, sans volume. Elle se discute avec la même attention.

Pourrai-je avoir des enfants et allaiter ?

Une grossesse reste possible après la reconstruction. L’allaitement, en revanche, n’est plus possible après une mastectomie. Le moment de l’opération au regard d’un projet d’allaitement se discute sur la page mastectomie préventive bilatérale.

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Pour aller plus loin

Ancien interne du Centre François Baclesse (Caen) et de l’Institut Curie ; ancien praticien spécialiste des centres de lutte contre le cancer à Gustave Roussy.

Page relue par le Dr Jérémie Zeitoun le 19 octobre 2026, à 14 h 18.

FREN
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