
Le gaz, la douleur d’épaule, les cicatrices, la possibilité d’ouvrir le ventre en cours d’intervention : ce qui n’est pas toujours dit avant, et les questions à poser avant de dire oui.
Si une anomalie a été trouvée sur votre imagerie — kyste, fibrome, image à analyser — et qu’une chirurgie par cœlioscopie vous est proposée, le Dr Zeitoun reçoit en consultation pour discuter de l’indication, du choix de la technique et du parcours. Le deuxième avis est possible.
La cœlioscopie — on dit aussi laparoscopie — est une façon d’opérer à l’intérieur du ventre sans l’ouvrir largement. Le chirurgien passe par de très petites incisions : une au nombril, par laquelle entre une caméra de quelques millimètres, et une à trois autres, de 5 à 12 mm, par lesquelles passent les instruments. L’image de la caméra est renvoyée très agrandie sur un écran, et c’est cette image que l’équipe regarde pendant toute l’intervention.
L’opération, elle, ne change pas. Retirer un kyste de l’ovaire, retirer un fibrome, retirer l’utérus, prélever une anomalie pour la faire analyser : c’est le même geste, décidé sur les mêmes critères, qu’on passe par de petites incisions ou par une ouverture du ventre. Ce qui change, ce sont les suites.
Cet article suit le parcours dans l’ordre : pourquoi cette voie est choisie, ce qui est vérifié avant, le déroulement de l’intervention, les sensations des premières heures — le ventre gonflé, la fameuse douleur d’épaule —, la convalescence, les risques, et ce qui se passe si le chirurgien doit finalement ouvrir l’abdomen. Chaque chiffre cité porte sa source.
Faut-il opérer, par quelle technique, comment se passent les jours d’après, et un deuxième avis si vous le souhaitez : consultation directe avec le chirurgien, au cabinet ou en téléconsultation.
Pour voir et pour travailler, il faut de la place entre la paroi du ventre et les organes. Toute la technique tient dans la façon de créer cet espace, puis de le rendre.
On insuffle du gaz carbonique dans l’abdomen : la paroi se soulève, comme une petite tente au-dessus de l’utérus et des ovaires. C’est ce gaz, plus que le geste lui-même, qui explique une partie des sensations des jours suivants — le ventre tendu, la douleur d’épaule.
Une incision au nombril pour l’optique, une à trois autres de 5 à 12 mm pour les instruments. Tout se fait sous contrôle de l’écran, l’image étant très agrandie — bien plus que ce que l’œil verrait à ventre ouvert.
Quand la lésion s’y prête, la cœlioscopie est aujourd’hui proposée en première intention dans une grande partie de la chirurgie gynécologique. Les recommandations françaises — celles du Collège national des gynécologues et obstétriciens français sur l’hystérectomie pour maladie bénigne et sur les règles trop abondantes — placent les techniques à petites incisions avant l’ouverture du ventre chaque fois que l’anatomie le permet.
En 2023, des chercheurs ont rassemblé 63 études dans lesquelles des femmes opérées d’une hystérectomie pour une maladie bénigne avaient été réparties entre les deux techniques : petites incisions d’un côté, ouverture du ventre de l’autre. En regroupant tous ces résultats, on obtient quatre différences — deux en faveur des petites incisions, deux en leur défaveur.
Ce sont des moyennes, calculées sur des milliers de femmes. Elles servent à comparer deux techniques entre elles ; elles ne prédisent pas votre convalescence à vous, qui dépendra du geste réalisé, de votre anatomie, de vos antécédents et de votre travail. La référence exacte de cette analyse est en bas de page.
Elle est utilisée aussi bien pour regarder que pour opérer. Les situations les plus fréquentes en consultation de chirurgie gynécologique :
La décision d’opérer se prend sur un dossier, pas sur un symptôme isolé. Avant de fixer une intervention, on reprend l’imagerie — échographie pelvienne, IRM le cas échéant —, les comptes rendus antérieurs et, s’il y en a eu, les résultats d’analyse. Ce qui se prépare avant une intervention est réuni sur la page préparer son intervention.
C’est la raison pour laquelle il est utile d’apporter en consultation tous les examens d’imagerie déjà réalisés, y compris les anciens : c’est la comparaison entre deux images à quelques mois d’intervalle qui renseigne le plus.
Si c’est votre première venue, la page préparer sa première consultation indique quoi apporter. Une consultation d’anesthésie a lieu séparément avant toute intervention. C’est le moment de signaler vos traitements, vos allergies, vos opérations passées et vos éventuelles difficultés lors d’anesthésies précédentes.
La cœlioscopie se déroule sous anesthésie générale. Une fois que vous êtes endormie, l’équipe installe les champs stériles, puis le chirurgien fait la petite incision du nombril et y introduit la caméra. Si vous avez déjà été opérée du ventre, il peut choisir un autre point de passage : c’est une question d’adhérences, et cela se prépare avant, pas au dernier moment.
Le gaz est insufflé pour créer l’espace de travail. Les autres petites incisions sont faites ensuite, sous contrôle de l’écran — on voit exactement où l’on passe. Le geste est alors réalisé.
À la fin, ce qui a été retiré est sorti dans un sac étanche lorsqu’il s’agit d’un tissu qui doit être analysé, pour ne rien disperser dans l’abdomen. Le gaz est évacué autant que possible et les incisions sont refermées.
Le tissu retiré part au laboratoire d’anatomopathologie. C’est cette analyse, et elle seule, qui donne la nature exacte de la lésion. Elle demande du temps, et son résultat vous est expliqué en consultation.
Demander un deuxième avis avant une chirurgie gynécologique est courant. Venez, ou connectez-vous, avec le dossier complet : imagerie, comptes rendus, résultats d’analyse.
Trois sensations reviennent presque toujours, et il vaut mieux les connaître à l’avance que les découvrir.
Il reste toujours un peu de gaz après l’intervention. L’organisme le résorbe progressivement. Pendant ce temps le ventre est tendu, parfois plus tendu qu’avant l’opération — et cela n’a rien d’anormal.
Le gaz qui reste appuie sous les côtes. À cet endroit, les nerfs sont les mêmes que ceux de l’épaule : le cerveau se trompe et situe la douleur là-haut. Elle n’a rien à voir avec votre épaule, et elle part en même temps que le gaz.
Elles tiennent surtout à l’anesthésie générale et sont prises en charge. La douleur des incisions, elle, est en général modérée : elles sont petites. On peut avoir peu mal aux cicatrices et beaucoup mal au ventre à cause du gaz — ce sont deux choses distinctes.
La durée d’hospitalisation dépend entièrement du geste réalisé. Certaines cœlioscopies se font en ambulatoire, d’autres demandent une ou plusieurs nuits. Elle vous est indiquée avant l’intervention et réévaluée après, selon votre état : ce n’est jamais un chiffre décidé d’avance sur le papier.
La façon de gérer les jours qui suivent a changé. On ne laisse plus une femme à jeun, ni couchée, plus longtemps que nécessaire : on la remet debout tôt et on la fait remanger tôt. Se lever et marcher limite le risque de phlébite et aide le transit à repartir.
Aucune intervention n’est sans risque. La fiche d’information des patientes du CNGOF consacrée à la cœlioscopie cite, à côté des suites habituelles — douleurs abdominales et dorsales, nausées liées à l’anesthésie :
La blessure de l’uretère mérite d’être nommée à part : c’est la seule complication que la comparaison des deux techniques, citée plus haut, retrouve un peu plus fréquente par petites incisions que par ouverture du ventre, lors des hystérectomies.
Il arrive qu’une cœlioscopie commencée doive être transformée en laparotomie, c’est-à-dire en ouverture de l’abdomen. Les raisons sont toujours les mêmes : des adhérences qui empêchent de voir, une anatomie différente de ce que laissait attendre l’imagerie, une lésion plus volumineuse que prévu, un saignement à contrôler.
Ce n’est pas un échec, et ce n’est pas un accident : c’est une décision prise pour opérer en sécurité. Elle figure dans le document d’information que vous signez avant l’intervention, précisément parce qu’elle est possible.
Passe par la paroi du ventre et permet de voir l’extérieur de l’utérus, les ovaires, les trompes, le péritoine.
Passe par les voies naturelles et permet de voir l’intérieur de la cavité utérine. Aucune incision. On y traite les polypes, certains fibromes faisant saillie dans la cavité, et on y fait des prélèvements de l’endomètre. Voir l’article dédié.
Reste une cœlioscopie : mêmes petites incisions, même gaz. Ce qui change est l’interface entre la main du chirurgien et les instruments.
👉 Une même patiente peut se voir proposer les deux premières lors du même passage au bloc, par exemple une hystéroscopie diagnostique suivie d’une cœlioscopie opératoire.
Une consultation chirurgicale n’est pas une remise de verdict. Voici ce qu’il est légitime de demander, et ce à quoi vous devez repartir avec une réponse claire.
Des douleurs pelviennes, des règles abondantes, une gêne : ces symptômes se disent d’abord au médecin traitant, à la sage-femme ou au gynécologue. C’est le bilan qu’ils demandent — et l’anomalie qu’il met en évidence : un kyste, un fibrome, une anomalie ovarienne, une masse pelvienne, une lésion à analyser — qui conduit ensuite à l’avis d’un chirurgien.
Les questions qui reviennent le plus souvent en consultation. Si la vôtre n’y figure pas, n’hésitez pas à la poser lors du rendez-vous — ou à Sophie, l’assistante du site, en bas à droite.
La douleur des petites incisions est en général modérée. Ce qui surprend le plus est la gêne liée au gaz : ventre tendu, ballonnement, douleur d’épaule. Un traitement antalgique est prescrit et adapté, et le détail des suites opératoires est expliqué avant la sortie. Une douleur qui augmente au lieu de diminuer, ou qui s’accompagne de fièvre, n’est pas une suite normale : elle se signale sans attendre.
Parce que le gaz qui reste appuie sous les côtes, et qu’à cet endroit les nerfs sont les mêmes que ceux de l’épaule. Le cerveau se trompe d’endroit. Cette douleur est sans gravité et disparaît à mesure que le gaz est absorbé. Marcher aide.
Oui, mais de petite taille : une au nombril, où elle se dissimule dans le pli naturel, et une à trois autres de 5 à 12 mm. Elles restent visibles et pâlissent avec le temps — leur surveillance fait partie des suites opératoires. On ne peut pas parler de chirurgie sans cicatrice, et personne ne peut garantir à l’avance l’aspect final d’une cicatrice, qui dépend aussi de votre peau.
Il ouvre l’abdomen. Cette éventualité est prévue et expliquée avant l’intervention, et elle fait partie de ce que vous acceptez en signant le consentement. Les motifs les plus fréquents sont des adhérences, une anatomie inattendue ou un saignement à contrôler. Les interventions concernées sont détaillées sur la page chirurgie gynécologique bénigne. La priorité est d’opérer en sécurité.
Oui. Demander un deuxième avis avant une chirurgie gynécologique est courant et n’a rien de discourtois envers le premier médecin. Il est utile de venir, ou de se connecter, avec le dossier complet : imagerie, comptes rendus, résultats d’analyse. Le parcours du Dr Zeitoun est détaillé sur le site. Un avis chirurgical se donne sur des documents, pas sur un souvenir de consultation.
La revue Cochrane du 29 août 2023 (Pickett CM et coll., 63 études regroupées, hystérectomie pour maladie bénigne) situe la reprise des activités à 22 à 25 jours après cœlioscopie, contre 37 jours après ouverture du ventre. Ce sont des moyennes : le geste réalisé, votre métier et votre fatigue comptent autant que la voie d’abord. Le détail des suites opératoires et la façon de préparer son intervention sont expliqués sur le site.
Il dépend de ce qu’il y a à retirer, de sa taille, de vos antécédents de chirurgie abdominale et de ce que montre l’imagerie. La cœlioscopie est la voie préférée en chirurgie gynécologique bénigne et pour de nombreux cancers gynécologiques à un stade précoce. Le choix se discute en consultation, sur vos documents, et la possibilité d’une conversion est expliquée avant.
Cela ne se fixe pas d’avance : la reprise se décide au contrôle post-opératoire, en fonction du geste réalisé et de ce que vous ressentez. La règle simple est la douleur — on ne reprend pas un geste qui fait mal. La conduite suppose de pouvoir freiner en urgence sans appréhension. Les repères sont détaillés dans les suites opératoires.
Cela dépend du geste, de l’heure de l’intervention et de votre situation à domicile. Certaines cœlioscopies se font en ambulatoire, d’autres justifient une nuit de surveillance. La décision se prend avec le chirurgien et le médecin anesthésiste, à la consultation d’anesthésie : voir préparer son intervention.
Une douleur qui augmente au lieu de diminuer, de la fièvre, des vomissements qui ne cèdent pas, un ventre dur, une cicatrice rouge ou qui coule, un essoufflement, une douleur d’un mollet : aucun de ces signes n’attend le rendez-vous prévu. On appelle le secrétariat ou la clinique, au moindre doute. Les autres suites, celles qui sont normales, sont décrites dans les suites opératoires.
Oui, dans la majorité des cas. La chirurgie d’un kyste de l’ovaire, la myomectomie pour fibrome, la chirurgie des ovaires et des trompes et l’hystérectomie se réalisent couramment par cette voie. La taille de la lésion, sa nature présumée et vos antécédents guident la décision. Pour l’utérus, voir aussi la chirurgie bénigne de l’utérus et l’hystéroscopie, qui passe par les voies naturelles et n’est pas une cœlioscopie.
L’indication se pose en consultation, sur votre imagerie et vos comptes rendus — pas sur un symptôme isolé. Le Dr Jérémie Zeitoun reçoit à Paris 8e et opère à la Clinique Hartmann, à Neuilly-sur-Seine ; son parcours est détaillé sur le site. Une anomalie trouvée à l’échographie ou à l’IRM — kyste, fibrome, masse pelvienne — est le motif habituel d’un avis chirurgical. Un deuxième avis est possible, en consultation ou en téléconsultation avant tout déplacement : prendre rendez-vous ou demander à être rappelée.
Pour aller plus loin sur les interventions réalisées par cette voie et sur les anomalies qui y conduisent.
Les quatre zones prises en charge — utérus, ovaires et trompes, col, vulve et vagin — et les interventions correspondantes.
Article patienteEndométriome, kyste dermoïde, kyste fonctionnel : ce qui se surveille, ce qui s’opère, et sur quels critères la décision se prend.
InterventionVoies d’abord (cœlioscopie, vaginale, laparotomie), suites opératoires, récupération — tout ce qu’il faut savoir.
Si une anomalie a été trouvée sur votre imagerie, si une cœlioscopie vous a été proposée, ou si vous souhaitez un deuxième avis avant de décider, le Dr Jérémie Zeitoun reçoit en consultation au cabinet du 8e arrondissement de Paris et à la Clinique Hartmann de Neuilly-sur-Seine, ainsi qu’en téléconsultation. Le formulaire « Demandez à être rappelée » permet aussi de transmettre un compte rendu, ou de se signaler si aucun créneau proposé ne convient.