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Chimiothérapie cancer du sein Paris
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Cancérologie mammaire · Paris 8e & Neuilly-sur-Seine

Chimiothérapie du cancer du sein Dr Jérémie Zeitoun · Chirurgien sénologue Paris

Si une chimiothérapie vous a été proposée, vous avez sans doute beaucoup de questions. Cette page explique simplement à quoi elle sert, comment elle se passe et — point essentiel — quand on peut l’éviter.

Dr Jérémie Zeitoun chirurgien Paris
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L’ESSENTIEL

À retenir en 30 secondes

CHIFFRES CLÉS

Quelques repères pour s’orienter

Les ordres de grandeur les plus utiles à connaître.

1 patiente sur 3
reçoit une chimiothérapie après l’opération d’un cancer du sein. Les deux autres n’en ont pas besoin.
2 patientes sur 3
peuvent éviter la chimiothérapie grâce à un test génomique, quand leur cancer est hormono-dépendant et à risque intermédiaire.
4 à 6 mois
c’est la durée du traitement, avec une perfusion toutes les 2 ou 3 semaines.
2 à 4 heures
c’est la durée d’une perfusion en hôpital de jour. Vous repartez ensuite chez vous.
3 à 5 jours
après chaque perfusion, c’est la période où la fatigue est la plus marquée. Puis ça s’atténue.
Ce que nous garantissons

La chimiothérapie n’est pas une condamnation. C’est un traitement encadré, modulable et de mieux en mieux toléré — et dans de nombreux cas, vous pouvez l’éviter.

01
Aucune chimio n’est commencée sans avoir d’abord vérifié qu’elle est réellement nécessaire (test génomique, RCP, second avis).
02
Vous êtes accompagnée à chaque étape : oncologue référent, infirmier d’annonce, soins de support (sport, psy, diététique).
03
Les effets secondaires se préviennent et se traitent. La fatigue, les nausées, la chute des cheveux : tout est anticipé.
Une question ? Un doute ?
Parlez-en au Dr Zeitoun
Consultation rapide à Paris 8e ou Neuilly. Second avis bienvenu.
Comprendre

À quoi sert la chimiothérapie, exactement ?

Quand on opère un cancer du sein, on enlève la tumeur. Mais une question reste : est-ce que des cellules cancéreuses ont pu, avant la chirurgie, se détacher et voyager dans le corps ? Souvent on ne le voit pas. Elles sont invisibles aux examens, beaucoup trop petites. C’est précisément à cela que sert la chimiothérapie : aller chasser ces cellules potentiellement disséminées, partout dans l’organisme.

Schéma : comment fonctionne la chimiothérapie du cancer du sein

La chimiothérapie circule dans tout le corps et cible les cellules cancéreuses, où qu'elles soient.

La chirurgie est un traitement local : elle agit uniquement sur le sein et l’aisselle. La chimiothérapie, elle, est un traitement général (on dit « systémique ») : les médicaments passent par le sang et vont partout. C’est ce qui fait sa force — mais aussi pourquoi elle a plus d’effets secondaires : elle ne cible pas seulement les cellules cancéreuses, elle touche aussi les cellules saines qui se divisent vite (cheveux, muqueuses, sang).

Les médicaments de chimiothérapie ont énormément évolué. Aux molécules « classiques » (taxanes, anthracyclines), s’ajoutent maintenant des traitements beaucoup plus ciblés : l’immunothérapie (qui aide votre système immunitaire à reconnaître le cancer), les thérapies anti-HER2 (qui bloquent une protéine spécifique), et d’autres encore. Le mot « chimiothérapie » désigne souvent l’ensemble de ces traitements généraux, même si techniquement chacun fonctionne différemment.

Le moment

Avant ou après la chirurgie ?

Décision en RCP : avant ou après la chirurgie pour la chimiothérapie du cancer du sein

La décision se prend en concertation pluridisciplinaire (RCP).

Les deux sont possibles, et le choix n’est pas anodin. Voici la différence concrète :

Avant chirurgie

Chimiothérapie néoadjuvante

Faire le traitement médicamenteux d’abord, puis opérer. Cinq bénéfices concrets :

  • La tumeur peut diminuer de taille, parfois assez pour passer d’une mastectomie à une tumorectomie
  • On voit la réponse au traitement in vivo : si la tumeur fond, c’est rassurant ; si elle résiste, on peut ajuster (essais I-SPY, KATHERINE)
  • Une réponse complète à l’opération (pCR : plus une seule cellule cancéreuse retrouvée) prédit une excellente survie à long terme — surtout pour les triple-négatifs et HER2+
  • Bénéfice de survie majeur pour les cancers HER2+ et triple-négatifs ≥ 2 cm ou avec ganglion atteint. C’est pour ces sous-types que la séquence néoadjuvante a montré le meilleur impact sur la survie sans récidive
  • Le temps de la consultation d’oncogénétique et d’oncofertilité : les 4-6 mois de traitement laissent largement le temps de chercher une mutation BRCA, ce qui peut modifier la chirurgie elle-même (mastectomie bilatérale prophylactique discutée si BRCA1/2)

Privilégiée pour les cancers HER2+ et triple-négatifs ≥ 2 cm ou avec ganglion atteint.

Après chirurgie

Chimiothérapie adjuvante

Opérer d’abord, puis faire le traitement médicamenteux. Indications principales :

  • Quand le diagnostic complet (taille réelle, ganglions, sous-type) n’est connu qu’après l’opération
  • Pour les cancers hormono-dépendants à risque intermédiaire ou élevé
  • Quand on hésite et qu’un test génomique sur la pièce opératoire orientera la décision
  • Pour les tumeurs petites (< 2 cm), unifocales, à profil favorable, où le bénéfice de la néoadjuvante n’est pas démontré

Reste la stratégie historique pour de nombreux cancers hormono-dépendants à risque faible ou intermédiaire.

Études de référence

Les essais qui ont fait évoluer la prise en charge néoadjuvante.

KEYNOTE-522
Schmid et al., N Engl J Med 2020 (mise à jour 2022)

L’ajout de pembrolizumab à la chimiothérapie néoadjuvante augmente la réponse complète de 51% à 65% dans les triple-négatifs précoces et améliore la survie sans événement.

NeoSphere
Gianni et al., Lancet Oncol 2012 (suivi 2016)

L’association trastuzumab + pertuzumab + docétaxel atteint 45% de réponse complète dans les HER2+ contre 29% avec trastuzumab seul.

KATHERINE
von Minckwitz et al., N Engl J Med 2019

Pour les HER2+ avec maladie résiduelle après néoadjuvant, le T-DM1 réduit le risque de récidive de 50% par rapport au trastuzumab seul.

CTNeoBC
Cortazar et al., Lancet 2014 (méta-analyse)

La réponse complète histologique après néoadjuvant est associée à une amélioration significative de la survie globale, surtout dans les triple-négatifs et HER2+.

BRCA & néoadjuvant
Tung et al., J Clin Oncol 2020 ; GeparOLA

Le statut BRCA modifie la stratégie chirurgicale. Les 4-6 mois de traitement néoadjuvant permettent de finaliser la consultation d’oncogénétique avant la chirurgie définitive.

Le choix entre les deux séquences se fait en concertation pluridisciplinaire (RCP), avec le chirurgien, l’oncologue médical, le radiothérapeute et l’anatomopathologiste, à partir du compte-rendu d’anatomopathologie.

Pour qui

À qui la chimiothérapie s’adresse-t-elle ?

La réponse dépend du profil biologique de votre tumeur, identifié sur la biopsie. Chaque profil a une logique propre.

Petit lexique pour s’y retrouver
RH+ « hormono-dépendant »

La tumeur a des récepteurs aux hormones (œstrogène et/ou progestérone) à sa surface. Elle « se nourrit » d’hormones. Le profil le plus fréquent (environ 70% des cancers du sein). L’hormonothérapie marche très bien dessus.

HER2+

La tumeur fabrique beaucoup d’une protéine appelée HER2 qui la fait pousser vite. Les traitements ciblés anti-HER2 (comme le trastuzumab) la bloquent très efficacement.

Triple-négatif

La tumeur n’a ni récepteurs hormonaux, ni HER2 (« négative » sur les trois). Donc ni hormonothérapie ni anti-HER2 ne fonctionnent. La chimiothérapie reste alors le traitement principal.

Triple-négatif
Quasi systématique

Ce sous-type n’a ni récepteurs hormonaux ni HER2 — donc ni l’hormonothérapie ni les thérapies anti-HER2 ne fonctionnent. La chimiothérapie reste le pilier du traitement et elle est aujourd’hui souvent associée à l'immunothérapie (pembrolizumab) avant la chirurgie pour les tumeurs ≥2 cm ou ganglion positif. Le bénéfice est très net.

HER2 positif
+ thérapie ciblée

La protéine HER2 est sur-exprimée par les cellules cancéreuses. On la cible avec des anticorps spécifiques (trastuzumab, pertuzumab) associés à la chimiothérapie. C’est devenu l’un des sous-types avec les meilleurs résultats, alors que c’était autrefois l’un des plus difficiles. La thérapie anti-HER2 se poursuit pendant 1 an. Pour les petites tumeurs HER2+ (≤3 cm sans ganglion atteint), un protocole allégé existe : le protocole TOLANEY (paclitaxel hebdomadaire + trastuzumab) qui évite les anthracyclines et préserve mieux les cheveux.

RH+ / HER2− haut risque
Selon le risque

Les cancers hormono-dépendants (RH+) sans HER2, avec plusieurs ganglions atteints, un grade élevé ou une taille importante peuvent justifier une chimiothérapie en plus de l’hormonothérapie. Pour les cas intermédiaires, un test génomique sur la tumeur est précieux : il permet souvent de l’éviter en toute sécurité.

RH+ / HER2− faible risque
Pas de chimiothérapie

Cancer hormono-dépendant avec petite tumeur, ganglions négatifs, grade faible : la chimiothérapie n’apporte pas de bénéfice significatif. L’hormonothérapie seule (souvent 5 à 10 ans) suffit. C’est le cas le plus fréquent — et c’est une bonne nouvelle.

Protocoles

Les protocoles de chimiothérapie — et lesquels font tomber les cheveux

Protocoles de chimiothérapie du cancer du sein : EC-T, AC-T, TCHP, TOLANEY, KEYNOTE-522

Chaque protocole est adapté au sous-type biologique et au stade.

Le mot « protocole » désigne l’association précise de médicaments utilisée, le nombre de cures et leur rythme. Voici les plus courants en cancer du sein, avec leur impact concret sur la chute de cheveux. C’est souvent la première question posée — la réponse dépend surtout du type de médicaments utilisés.

Anthracyclines + taxanes

EC-T / AC-T / FEC-T

Le protocole « classique » : 3-4 cures d’EC (épirubicine + cyclophosphamide) ou AC, puis 3-4 cures de taxane (docétaxel ou paclitaxel). Durée totale : 4 à 6 mois.

Chute de cheveux : quasi systématique (>95%). Casque réfrigérant possible mais efficacité limitée avec anthracyclines.

Utilisé pour : triple-négatif, RH+/HER2− haut risque, certains HER2+.

Triple-négatif néoadjuvant

KEYNOTE-522

Pour les triple-négatifs ≥2 cm ou avec ganglion atteint : chimiothérapie (carboplatine + paclitaxel puis EC ou AC) + pembrolizumab (immunothérapie) avant chirurgie, puis pembrolizumab seul après. Durée totale : environ 1 an.

Chute de cheveux : quasi systématique. L’immunothérapie n’aggrave pas la chute mais ajoute d’autres effets (thyroïde, peau).
HER2+ standard

TCHP / TCH

Pour les HER2+ ≥2 cm ou ganglion atteint : taxane + carboplatine + trastuzumab + pertuzumab (TCHP) avant chirurgie. Puis trastuzumab (± pertuzumab) seul pendant le reste de l’année.

Chute de cheveux : quasi systématique (taxane). Casque réfrigérant assez efficace ici (pas d’anthracyclines).
HER2+ petites tumeurs

Protocole TOLANEY

Pour les petites tumeurs HER2+ (≤3 cm, ganglions négatifs) : paclitaxel hebdomadaire pendant 12 semaines + trastuzumab pendant 1 an. Pas d’anthracyclines, pas de carboplatine. Beaucoup mieux toléré. Validé par l’essai APT (Tolaney et al., 2015 et 2019).

Chute de cheveux : fréquente mais souvent partielle (paclitaxel seul). Casque réfrigérant nettement plus efficace.
RH+ post-ménopausée

Docétaxel + cyclophosphamide (TC)

Alternative aux anthracyclines pour les cancers hormono-dépendants à risque intermédiaire : 4 cures de docétaxel + cyclophosphamide, espacées de 3 semaines. Durée : 3 mois.

Chute de cheveux : quasi systématique mais plus rapide à repousser (pas d’anthracyclines).
Traitements ciblés (sans chimiothérapie)

Abemaciclib, olaparib, anti-HER2

Pris après la chimiothérapie ou seuls selon les cas : abemaciclib pendant 2 ans pour les RH+ à haut risque (MonarchE), olaparib 1 an pour mutation BRCA (OlympiA), trastuzumab seul pendant 1 an.

Chute de cheveux : non ou très rare. Ce ne sont pas des chimiothérapies à proprement parler.

Le choix du protocole se fait en RCP selon votre profil tumoral, votre âge, vos antécédents (notamment cardiaques) et la balance bénéfice/risque attendue. Posez la question à votre oncologue : « est-ce que je peux éviter les anthracyclines ? » — la réponse dépend du type de tumeur, mais elle vaut la peine d’être posée.

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Déroulement

Comment ça se passe, concrètement ?

Voici à quoi ressemble un parcours de chimiothérapie, étape par étape.

  1. 1

    Consultation avec l’oncologue médical

    L’oncologue vous explique le protocole choisi, le nombre de cures prévues, les médicaments utilisés et leurs effets attendus. Il prescrit un bilan préopératoire (prise de sang, échographie cardiaque) et organise la pose d’un dispositif veineux.

  2. 2

    Pose d’une chambre implantable (« port-à-cath »)

    C’est un petit boîtier placé sous la peau, sous la clavicule, relié à une grosse veine. Il évite de piquer dans les bras à chaque cure et protège les veines. La pose est rapide (30 min, anesthésie locale) et le dispositif reste en place toute la durée du traitement, parfois plus longtemps.

  3. 3

    Si vous souhaitez une grossesse : consultation d’oncofertilité

    Étape cruciale et urgente si vous envisagez un enfant. La chimiothérapie peut altérer la fertilité, surtout après 35 ans. Une congélation d’ovocytes ou d’embryons peut être organisée — mais elle prend 2 à 4 semaines. Il faut donc le décider avant la première cure.

  4. 4

    Les cures de chimiothérapie

    La fréquence et la durée varient selon le protocole choisi :

    • EC-T / AC-T : 3-4 cures espacées de 3 semaines + 3-4 cures espacées de 3 semaines (ou 12 hebdo de paclitaxel). Durée totale 4 à 6 mois
    • TCHP (HER2+) : 6 cures espacées de 3 semaines avant chirurgie. Durée ~4-5 mois, puis trastuzumab seul pour compléter 1 an
    • TOLANEY (petits HER2+) : paclitaxel hebdomadaire pendant 12 semaines + trastuzumab 1 an. Donc 12 perfusions rapprochées
    • TC (RH+ alternative) : 4 cures espacées de 3 semaines. Durée 3 mois
    • KEYNOTE-522 (triple-négatif) : 8 cures de chimiothérapie sur 5-6 mois + pembrolizumab toutes les 3 semaines pendant ~1 an au total

    Chaque perfusion dure entre 1 et 4 heures en hôpital de jour. Avant chaque cure, une prise de sang vérifie que le corps a bien récupéré. Si les globules blancs sont trop bas, on peut reporter de quelques jours ou ajouter un traitement de soutien.

  5. 5

    Suivi entre les cures

    La vie continue entre les perfusions. La fatigue est plus marquée les 3-5 jours après chaque cure, puis s’atténue. La plupart des patientes maintiennent une activité (familiale, parfois professionnelle à temps partiel). Vous avez un numéro pour joindre l’équipe en cas de fièvre, vomissements ou inquiétude.

  6. 6

    Chirurgie (si chimiothérapie néoadjuvante)

    Quelques semaines après la dernière cure, place à la chirurgie : tumorectomie ou mastectomie selon ce qui a été décidé, avec analyse du ganglion sentinelle.

  7. 7

    Suite des traitements

    Après la chimiothérapie, viennent souvent la radiothérapie (5 à 6 semaines), puis l’hormonothérapie (5 à 10 ans pour les cancers hormono-dépendants), ou la poursuite des thérapies ciblées (anti-HER2 pendant 1 an).

Effets secondaires

Ce qui peut survenir, ce qu’on peut faire

Les effets dépendent du protocole, mais voici les principaux et les solutions existantes. La majorité sont gérables — et presque tous réversibles à l’arrêt du traitement.

Fatigue

L’effet le plus fréquent. Pic 3-5 jours après chaque cure. Atténué par une activité physique douce (marche, yoga doux), des siestes courtes et du soutien à la maison.

Chute des cheveux

Très fréquente avec taxanes et anthracyclines, commence vers J15-J21. Le casque réfrigérant (porté pendant la perfusion) réduit nettement la chute. La repousse démarre 1 à 2 mois après la dernière cure.

Nausées

Beaucoup mieux contrôlées qu’avant grâce aux antiémétiques modernes. Données systématiquement, avant et après la perfusion. Plutôt rares aujourd’hui, surtout sévères.

Baisse des globules blancs

Surveillée par prise de sang avant chaque cure. Si nécessaire, une injection (G-CSF) stimule la moelle osseuse. Hygiène simple : éviter les foules les jours « bas », bien se laver les mains.

Fourmillements aux mains/pieds

Liés aux taxanes (paclitaxel surtout). On peut adapter les doses ou utiliser des moufles/chaussettes froides pendant la perfusion. Régressent généralement après la fin du traitement.

Bouche sensible

Sécheresse, petites aphtes. Bains de bouche réguliers, alimentation tiède, brossage doux. Souvent transitoire.

Effets sur le cœur

Surveillance systématique (échographie cardiaque) avec anthracyclines et anti-HER2. La fonction cardiaque récupère le plus souvent à l’arrêt. Très rare en cas de surveillance correcte.

Fertilité

Risque réel, surtout après 35 ans. Consultation d’oncofertilité avant le début. Solutions : congélation d’ovocytes/embryons, protection ovarienne médicamenteuse pendant la chimiothérapie dans certains cas.

Peut-on l’éviter ?

Quand on peut éviter la chimiothérapie

C’est l’une des grandes avancées des 15 dernières années : pour beaucoup de cancers du sein hormono-dépendants, on sait aujourd’hui identifier les patientes qui n’ont pas besoin de chimiothérapie, sans prendre de risque.

Le moyen : un test sur la tumeur elle-même (pas sur votre sang) qui mesure l’activité de certains gènes. Quatre tests sont validés en France depuis 2023 : Oncotype DX, MammaPrint, EndoPredict, Prosigna. Ils donnent un score qui distingue les tumeurs « actives » (qui bénéficient de la chimiothérapie) des tumeurs « paresseuses » (où l’hormonothérapie seule suffit).

Selon les études TAILORx et MINDACT, 60 à 70% des patientes éligibles évitent la chimiothérapie grâce à ces tests, sans perte de chance. C’est devenu la référence pour les cancers RH+/HER2− avec 0 à 3 ganglions atteints, surtout chez les femmes ménopausées.

→ Tout savoir sur les tests génomiques
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CONSULTATION

Le second avis

Avant de commencer une chimiothérapie, vous avez parfaitement le droit de demander un second avis — et c’est même encouragé. Si vous voulez relire votre dossier, comprendre une décision, vérifier qu’un test génomique a bien été envisagé, ou simplement clarifier les choses, le Dr Zeitoun reçoit régulièrement pour ces consultations.

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Vos questions

Questions fréquentes sur la chimiothérapie

Les questions que les patientes posent le plus souvent — avant le traitement, pendant, ou simplement pour comprendre ce qui leur est proposé. Si la vôtre n'est pas là, elle trouvera sa réponse en consultation.

À quoi sert la chimiothérapie ?
Elle vient compléter la chirurgie en s’attaquant aux cellules cancéreuses qui auraient pu se disséminer dans le corps sans être détectables. La chirurgie traite localement le sein ; la chimiothérapie traite l’ensemble du corps.
Toutes les patientes ont-elles besoin de chimiothérapie ?
Non. La majorité des cancers du sein hormono-dépendants à faible risque sont soignés sans chimiothérapie. Pour les cas intermédiaires, un test génomique aide à décider — il permet d’éviter la chimiothérapie dans 60-70% des cas éligibles.
Avant ou après la chirurgie ?
Les deux sont possibles. Avant la chirurgie (« néoadjuvante »), elle permet de réduire la tumeur et d’observer comment elle réagit. Après (« adjuvante »), elle complète la chirurgie. Le choix se fait en RCP selon le profil de la tumeur.
Combien de temps ça dure ?
4 à 6 mois en général, à raison d’une perfusion toutes les 2 ou 3 semaines. Les traitements ciblés (anti-HER2, immunothérapie, hormonothérapie) peuvent ensuite se poursuivre pendant 1 an ou plus.
Vais-je perdre mes cheveux ?
Cela dépend du protocole utilisé, pas de la chimiothérapie en général. Les anthracyclines (EC, AC, FEC) et les taxanes (docétaxel, paclitaxel) font tomber les cheveux dans plus de 95% des cas. La chute commence 2-3 semaines après la première cure. Avec les anti-HER2 seuls (trastuzumab, pertuzumab), avec l’hormonothérapie ou avec les traitements ciblés (abemaciclib, olaparib), il n’y a pas ou très peu de chute. Le casque réfrigérant, porté pendant la perfusion, limite la chute — il est nettement plus efficace sans anthracyclines (protocole TOLANEY, TC, TCHP).
Quels sont les protocoles de chimiothérapie les plus courants ?
Les principaux : EC-T / AC-T (anthracycline puis taxane, 4-6 mois) pour les triple-négatifs et les RH+/HER2− à haut risque ; TCHP (taxane + carboplatine + double anti-HER2) pour les HER2+ ≥2 cm ; protocole TOLANEY (paclitaxel hebdo + trastuzumab) pour les petits HER2+ sans ganglion atteint, beaucoup mieux toléré ; KEYNOTE-522 (chimiothérapie + immunothérapie pembrolizumab) pour les triple-négatifs ≥2 cm ou ganglion atteint ; TC (docétaxel + cyclophosphamide) en alternative aux anthracyclines pour certains RH+. Le choix se fait en RCP selon votre profil de tumeur.
Qu’est-ce que le protocole TOLANEY ?
C’est un protocole de chimiothérapie plus léger, validé pour les petites tumeurs HER2 positives sans ganglion atteint (typiquement ≤3 cm). Il associe du paclitaxel donné en hebdomadaire pendant 12 semaines + du trastuzumab pendant 1 an. Pas d’anthracyclines, pas de carboplatine. Il est nettement mieux toléré que les protocoles plus intenses : moins de fatigue, moins de baisse des globules blancs, pas de toxicité cardiaque des anthracyclines, casque réfrigérant efficace. Il est nommé d’après Sara Tolaney qui a publié les résultats (essai APT) en 2015 et 2019.
Peut-on éviter les anthracyclines ?
Oui dans plusieurs situations : protocole TC (docétaxel + cyclophosphamide) pour certains RH+/HER2− à risque intermédiaire ; protocole TOLANEY ou TH (paclitaxel + trastuzumab) pour les petits HER2+ ; absence totale de chimiothérapie pour les RH+/HER2− à faible risque grâce aux tests génomiques. Les anthracyclines (EC, AC, doxorubicine, épirubicine) sont efficaces mais elles ont une toxicité cardiaque qu’on cherche à éviter quand c’est possible — surtout si vous avez un terrain cardiaque fragile. Posez la question à votre oncologue.
Peut-on avoir des enfants après ?
Oui, mais la chimiothérapie peut altérer la fertilité, surtout après 35 ans. Si vous envisagez une grossesse, une consultation d’oncofertilité doit être organisée AVANT le début du traitement, dès l’annonce. Congélation d’ovocytes ou d’embryons possible.
Est-ce remboursé ?
Oui, à 100% par l’Assurance Maladie au titre de l’ALD 30. Aucun reste à charge sur les médicaments. Des dépassements d’honoraires peuvent s’appliquer pour certains soins en secteur 2.
FREN