Presque tous les cancers du col naissent au même endroit : la zone de jonction du col. Et presque tous ont le même point de départ : une infection à papillomavirus HPV à haut risque. Mais entre cette infection banale et un cancer, il y a des années, plusieurs étapes, et autant d'occasions d'intervenir.
Test HPV positif, frottis anormal, lésion repérée en colposcopie : le Dr Zeitoun reprend vos résultats, vous situe dans ce parcours et vous propose, si besoin, une conisation ou une prise en charge oncologique à la Clinique Hartmann de Neuilly.
Un dépistage anormal ne signifie pas un cancer ; il conduit à préciser la situation, puis à surveiller ou traiter selon la lésion.
Le cancer du col de l'utérus a une particularité rare : on en connaît presque toujours l'origine. Dans plus de 99 % des cas, il part d'une infection à papillomavirus humain (HPV). Mais cette infection est banale — la majorité d'entre nous y sommes exposées — et dans la très grande majorité des cas, elle ne laisse aucune trace.
Ce qui distingue les infections à risque, ce n'est pas simplement le type de HPV (haut risque : surtout les types 16 et 18), c'est la façon dont l'infection évolue : persistante, si le virus reste trop longtemps dans les cellules, ou transformante, si le génome viral s'intègre dans le matériel génétique de la cellule et amorce un processus de transformation maligne.
Et tout cela commence toujours au même endroit : la zone de jonction du col. C'est là que naissent 95 % des lésions et des cancers. Comprendre ce chemin — de l'infection au diagnostic — c'est comprendre pourquoi le test HPV, le dépistage et la vaccination HPV protègent réellement, chacun à une étape différente du même processus. Cet article s'appuie sur les recommandations de la HAS et de l'INCa, et fait partie du parcours autour du cancer du col de l'utérus.
Avant de parler d'infection, il faut parler de l'endroit précis où les problèmes débutent. La zone de jonction n'est pas un détail anatomique : c'est le lieu quasi exclusif d'origine du cancer du col.
Le col de l'utérus est recouvert de deux types d'épithéliums : un épithélium malpighien (cellules plates, qui forment la partie visible du col) et un épithélium glandulaire (cellules cylindriques, qui tapissent le canal cervical). Leur zone de rencontre s'appelle la jonction pavimento-cylindrique, ou zone de transformation.
Cette zone est en remaniement permanent tout au long de la vie (notamment sous l'influence des hormones). Ses cellules, en cours de maturation, sont particulièrement vulnérables au papillomavirus : c'est là que le HPV s'installe, c'est là que les lésions débutent, et c'est là que naissent 95 % des cancers du col.
Ce que cela change en pratique : la conisation cible précisément cette zone. En emportant la zone de jonction dans son intégralité, elle retire la lésion à sa source — c'est pourquoi elle est si efficace pour traiter les « lésions dites précancéreuses » de haut grade et les cancers in situ.
Le HPV est omniprésent. Mais entre une infection qui disparaît et une infection qui conduit à un cancer, il y a une longue distance — et deux mécanismes distincts à comprendre.
| Type d'infection | Ce qui se passe |
|---|---|
| Éliminée | Cas le plus fréquent : le système immunitaire détruit le virus en 1 à 2 ans — aucune conséquence |
| Persistante | Le HPV à haut risque reste détectable au-delà de 12 à 24 mois : le test HPV reste positif, les cellules sont perturbées mais pas encore transformées |
| Transformante | Le génome du virus s'intègre dans les chromosomes de la cellule, déréglant les gènes suppresseurs de tumeur : la cellule commence à se transformer |
Parmi les quelque 14 génotypes de HPV à haut risque, les types 16 et 18 concentrent environ 70 % des cancers du col. Ils persistent davantage, ils intègrent leur génome cellulaire plus efficacement, et ils produisent des protéines (E6 et E7) particulièrement puissantes pour neutraliser les mécanismes naturels de protection de la cellule. C'est pourquoi un test HPV positif pour le type 16 ou 18 conduit à une surveillance plus rapprochée.
Diminue les défenses locales et favorise à la fois la persistance du HPV et sa progression vers une infection transformante.
Une immunité affaiblie (immunosuppression, certaines maladies) rend l'élimination du virus plus difficile et accélère l'évolution vers des lésions.
Sans dépistage régulier, une infection persistante et ses lésions évoluent sans être repérées ni traitées.
Ce qu'il faut retenir : avoir un HPV à haut risque n'est pas avoir un cancer — ni même être certain d'en développer un. Ce qui distingue une infection bénigne d'une infection dangereuse, c'est la persistance, puis la transformation. La vaccination HPV agit précisément ici : en prévenant l'infection par les types 16 et 18, elle supprime le point de départ.
Lorsque l'infection devient transformante à la zone de jonction, les cellules commencent à présenter des anomalies. Ces anomalies sont désignées par plusieurs termes — dysplasies, CIN, lésions intraépithéliales — qui décrivent toutes le même processus : une modification progressive des cellules, dépistable et traitable — c'est précisément ce que révèle un frottis anormal ou un test HPV positif persistant.
Ces termes désignent tous des anomalies cellulaires de la zone de jonction provoquées par le HPV. CIN 1, 2, 3 (néoplasie cervicale intraépithéliale) et LSIL/HSIL (lésions malpighiennes intraépithéliales de bas ou haut grade) sont des lectures différentes du même spectre. On parle de « lésions dites précancéreuses » car leur évolution n'est jamais certaine.
Les lésions de bas grade (CIN 1 / LSIL) régressent spontanément dans une large majorité de cas, à mesure que le système immunitaire élimine le virus. Elles justifient en règle générale une surveillance par frottis et test HPV, sans traitement immédiat, plutôt qu'une conisation d'emblée.
Les lésions de haut grade (CIN 2-3 / HSIL) ont un risque significatif d'évoluer vers un cancer in situ puis invasif sans traitement. Elles justifient le plus souvent une conisation : l'ablation de la zone de jonction anormale, qui préserve l'utérus et la fertilité. La décision tient compte de l'âge et du projet de maternité.
Le passage d'une infection transformante aux lésions de haut grade, puis au cancer, prend plusieurs années. Cette lenteur laisse largement le temps d'agir : c'est le principe même du dépistage. Un frottis anormal révèle précisément ces stades intermédiaires.
Lien avec la conisation : la conisation emporte précisément la zone de jonction — le foyer de ces anomalies. Analysée intégralement par le laboratoire, la pièce opératoire confirme le grade, vérifie les marges et détecte toute micro-invasion éventuelle. C'est à la fois un traitement et un diagnostic définitif.
CIN 2, CIN 3 ou lésion de haut grade confirmée en colposcopie : le Dr Zeitoun reprend vos résultats, vous explique l'indication de la conisation et ses modalités, et programme l'intervention à la Clinique Hartmann de Neuilly si nécessaire.
Si les « lésions dites précancéreuses » de haut grade ne sont ni dépistées ni traitées, l'évolution franchit deux caps successifs. Ces deux stades n'ont pas le même pronostic ni les mêmes options thérapeutiques.
Le carcinome in situ (= CIN 3 avancé / cancer intraépithélial) désigne le stade où toute l'épaisseur de l'épithélium de la zone de jonction est envahie par des cellules anormales — mais où la membrane basale reste intacte. Les cellules sont malignes, la lésion n'envahit pas les tissus sous-jacents. C'est la dernière étape avant l'invasion.
Ce stade est encore traitables par conisation dans la majorité des cas, à condition que les marges soient saines et qu'il n'existe pas de foyer de micro-invasion dans la pièce opératoire. C'est pourquoi l'analyse anatomopathologique minutieuse de toute conisation est indispensable.
Le cancer invasif se définit par le franchissement de la membrane basale : les cellules anormales envahissent les tissus en profondeur. À un stade très précoce (micro-invasion), le traitement reste conservateur dans certains cas. Au-delà, la prise en charge relève d'une chirurgie plus étendue, d'une radiothérapie ou de leur combinaison, décidée en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Deux types principaux existent selon l'épithélium d'origine à la zone de jonction : le carcinome épidermoïde (80 % des cas, né de l'épithélium malpighien) et l'adénocarcinome (né de l'épithélium glandulaire, plus difficile à dépister par le frottis seul).
Le fil conducteur : HPV 16/18 → infection de la zone de jonction → persistance → transformation → « lésions dites précancéreuses » (CIN 1 → CIN 2-3) → cancer in situ → cancer invasif. Chaque flèche prend du temps. Et à chaque étape — jusqu'au cancer in situ — une conisation peut interrompre ce parcours. Pour la prise en charge du cancer invasif constitué, voir la page cancer du col de l'utérus.
Le dépistage s'adresse à des femmes sans symptôme. Son objectif n'est pas de trouver un cancer, mais de repérer les infections persistantes et les « lésions dites précancéreuses » — c'est-à-dire d'intervenir avant que le processus ne franchisse le cap du cancer.
| Âge | Examen recommandé (HAS, INCa) |
|---|---|
| 25 à 29 ans | Frottis cervico-utérin (cytologie) |
| À partir de 30 ans | Test HPV en première intention (recherche du virus à haut risque) |
Recherche directement la présence du virus à haut risque (dont les types 16 et 18). Plus sensible que le frottis, il détecte l'infection persistante même avant que les cellules ne soient encore anormales. Un résultat positif pour HPV 16 ou 18 conduit en général directement à une colposcopie.
Examine l'aspect des cellules de la zone de jonction au microscope. Il peut repérer des modifications évocatrices d'une lésion, mais il est moins sensible que le test HPV pour détecter une infection précoce. Voir l'article frottis anormal pour comprendre les résultats.
En amont du dépistage : la vaccination. La vaccination contre le HPV (génotypes 16 et 18 couverts) agit bien avant le dépistage, en empêchant l'infection de s'installer. C'est le seul moyen d'agir à la toute première étape du processus. Vaccination et dépistage ne s'excluent pas : leur combinaison est la stratégie la plus efficace.
Un dépistage anormal ouvre une enquête — il ne pose pas un diagnostic. L'étape suivante est destinée à préciser la nature exacte de la lésion à la zone de jonction : est-on face à une infection persistante sans lésion, à une « lésion dite précancéreuse » de bas ou de haut grade, à un cancer in situ, ou à un cancer invasif ?
Examen du col au microscope grossissant, avec application de colorants (acide acétique, Lugol) qui font ressortir les zones anormales — en particulier à la zone de jonction. Indolore, rapide, décisif pour cibler les biopsies.
Réalisées pendant la colposcopie, sur les zones suspectes repérées. La pièce est analysée par le laboratoire, qui précise le grade de la lésion (CIN 1, 2, 3, cancer in situ ou invasif) et guide la décision : surveillance ou conisation.
Les lésions de bas grade → surveillance rapprochée. Les lésions de haut grade et cancers in situ → conisation. Les cancers invasifs → prise en charge en réunion de concertation pluridisciplinaire (chirurgie, radiothérapie, ou les deux).
Les « lésions dites précancéreuses » et les cancers précoces ne donnent le plus souvent aucun symptôme — raison pour laquelle le dépistage régulier est indispensable. Lorsqu'un cancer est constitué et évolué, certains signes peuvent apparaître.
Signes qui doivent conduire à consulter : des saignements en dehors des règles, des saignements après les rapports sexuels (signe fréquent et évocateur), des pertes vaginales inhabituelles (colorées ou malodorantes), et à un stade plus avancé des douleurs pelviennes importantes, parfois irradiant vers les membres inférieurs. Ces signes ne signifient pas obligatoirement un cancer — ils sont plus souvent liés à une cause bénigne — mais ils justifient toujours un avis médical sans délai. Après la ménopause, tout saignement mérite une exploration : voir saignements après la ménopause.
Selon l'étape du processus à laquelle vous vous trouvez, la réponse est différente. Le Dr Zeitoun intervient dès lors qu'une décision chirurgicale se pose.
Test HPV positif (types 16 ou 18 ou autre), frottis anormal, compte rendu de colposcopie ou de biopsie : le Dr Zeitoun reprend l'ensemble de vos résultats et vous situe précisément dans ce parcours — infection persistante, « lésion dite précancéreuse » de bas ou haut grade, cancer in situ, cancer invasif — avant de proposer la suite.
Pour les « lésions dites précancéreuses » de haut grade (CIN 2-3) et les cancers in situ, le Dr Zeitoun réalise la conisation : ablation en monobloc de la zone de jonction, conservatrice (l'utérus est préservé), suivie d'une surveillance rapprochée par co-testing. L'analyse de la pièce confirme les marges et élimine toute micro-invasion.
Lorsqu'un cancer invasif est confirmé, la stratégie est définie en réunion de concertation pluridisciplinaire avec les oncologues et radiothérapeutes. Le Dr Zeitoun coordonne la prise en charge chirurgicale selon le stade et le projet de la patiente.
Consultations au cabinet du 8e arrondissement de Paris (241 rue du Faubourg Saint-Honoré), interventions à la Clinique Hartmann de Neuilly-sur-Seine. Secteur 2 non-OPTAM : dépassements d'honoraires formalisés dans un devis remis avant toute intervention.
Non — et c'est essentiel à comprendre. La grande majorité des infections à papillomavirus disparaissent spontanément en un à deux ans. Seule une minorité d'infections, quand un HPV à haut risque (surtout les types 16 et 18) persiste et devient transformant, peut conduire à des « lésions dites précancéreuses » puis, à terme, à un cancer. Avoir un HPV positif n'est donc pas avoir un cancer, ni même une quasi-certitude d'en développer un.
Une infection persistante est une infection dans laquelle le HPV reste détectable au-delà de 12 à 24 mois sans être éliminé — le test HPV reste positif. Une infection transformante va plus loin : le génome du virus s'intègre dans les chromosomes cellulaires et dérègle des gènes essentiels (notamment les suppresseurs de tumeur), amorçant la modification progressive des cellules de la zone de jonction. La persistance est nécessaire, mais c'est la transformation qui amorce réellement le processus vers les « lésions dites précancéreuses ».
Parmi les types de HPV à haut risque, les génotypes 16 et 18 sont responsables d'environ 70 % des cancers du col. Ils persistent davantage, intègrent leur génome dans les cellules plus efficacement, et produisent des protéines qui neutralisent les mécanismes naturels de protection cellulaire. Un test HPV positif pour les types 16 ou 18 conduit à une surveillance — voire une colposcopie directe — plus rapide qu'un test positif pour d'autres génotypes à haut risque.
La zone de jonction (ou zone de transformation) est la zone du col où se rencontrent l'épithélium malpighien (la peau du col) et l'épithélium glandulaire (le canal cervical). Ses cellules, en remaniement permanent, sont particulièrement vulnérables au HPV. C'est là que naissent 95 % des lésions et des cancers du col, et c'est précisément cette zone que la conisation retire en intégralité pour traiter les lésions de haut grade.
Ce sont des anomalies cellulaires de la zone de jonction provoquées par une infection HPV transformante. On les désigne aussi par CIN 1, 2 ou 3, ou par les termes LSIL (bas grade) et HSIL (haut grade). Elles ne sont pas un cancer, mais certaines peuvent le devenir sans traitement. Les lésions de bas grade (CIN 1) régressent souvent seules. Les lésions de haut grade (CIN 2-3) justifient le plus souvent une conisation. On dit « dites précancéreuses » car leur évolution n'est jamais certaine.
Le cancer in situ (carcinome in situ / CIN 3 avancé) désigne le stade où toute l'épaisseur de l'épithélium de la zone de jonction est envahie par des cellules malignes — mais sans franchissement de la membrane basale. Les cellules sont malignes, mais la lésion reste confinée à la surface du col, sans invasion des tissus sous-jacents. C'est la dernière étape avant le cancer invasif, et elle se traite encore par conisation dans la majorité des cas, sous réserve que les marges soient saines.
Le processus est en général très lent : il s'écoule le plus souvent dix à quinze ans, parfois davantage, entre une infection HPV persistante et un éventuel cancer invasif. C'est cette lenteur qui rend le dépistage efficace — elle laisse largement le temps de repérer et de traiter les « lésions dites précancéreuses » et les cancers in situ bien avant le stade d'invasion.
Oui. Les lésions de haut grade (CIN 2-3) et les cancers in situ se traitent le plus souvent par conisation : ablation en monobloc de la zone de jonction anormale, par anse diathermique ou laser, en ambulatoire. L'utérus est préservé, la fertilité aussi dans la grande majorité des cas. Une surveillance rapprochée (co-testing à 6 mois) est organisée après l'intervention.
Les « lésions dites précancéreuses » et les cancers précoces sont le plus souvent asymptomatiques — c'est pourquoi le dépistage est indispensable. Lorsqu'un cancer est constitué, les signes possibles sont : des saignements en dehors des règles, des saignements après les rapports sexuels, des pertes vaginales inhabituelles, et à un stade plus avancé des douleurs pelviennes importantes, parfois irradiant vers les membres inférieurs. Ces signes doivent conduire à consulter rapidement, sans pour autant signifier obligatoirement un cancer.
Oui. La vaccination HPV (voir notre article dédié à la vaccination) protège contre les génotypes 16 et 18, responsables d'environ 70 % des cancers du col, en empêchant l'infection de s'installer à la zone de jonction. En agissant au tout premier maillon du processus — avant l'infection — elle neutralise le point de départ. Elle ne remplace pas le dépistage mais s'y ajoute : ensemble, les deux stratégies visent l'élimination du cancer du col.
Le Dr Zeitoun est chirurgien gynécologue oncologue : il traite les « lésions dites précancéreuses » de haut grade et les cancers in situ par conisation, et prend en charge la chirurgie des cancers invasifs en réunion de concertation pluridisciplinaire. Il reçoit au cabinet du 8e arrondissement de Paris et opère à la Clinique Hartmann de Neuilly-sur-Seine. Il pratique des dépassements d'honoraires (secteur 2 non-OPTAM), formalisés dans un devis remis avant toute intervention.
Pour approfondir chaque étape de ce parcours — du virus à la chirurgie.
La page de référence : stades, chirurgie et prise en charge du cancer du col constitué, depuis le diagnostic.
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Cet article a une visée d'information et ne remplace pas une consultation médicale ; le dépistage et le suivi sont coordonnés avec votre gynécologue, médecin traitant ou sage-femme.