
La reconstruction mammaire par implant est la technique la plus courante après mastectomie. Elle restaure immédiatement le volume du sein, en un ou deux temps opératoires selon la qualité de la peau.
Pour une douleur, votre médecin traitant, votre sage-femme ou votre gynécologue sont le premier interlocuteur. Si leur examen ou votre imagerie montre une boule, un kyste ou une image à faire analyser, le Dr Zeitoun, chirurgien sénologue, reçoit en consultation au cabinet (Paris 8e) et à la Clinique Hartmann (Neuilly), où il opère. Prenez rendez-vous ou demandez à être rappelée.
La douleur au sein, ou mastodynie, désigne toute douleur ressentie dans un sein ou dans les deux. C'est une situation très fréquente — environ 70 % des femmes en font l'expérience au cours de leur vie [1] — et, contrairement à l'inquiétude qu'elle suscite presque toujours, elle n'est pas un signe de cancer du sein.
Les chiffres sont constants d'une série à l'autre. Parmi les femmes qui consultent pour une douleur mammaire, un cancer est retrouvé chez 2 à 7 % d'entre elles [1]. Et lorsque la douleur est le seul symptôme, sans boule ni anomalie clinique, la proportion tombe à 0,8 % dans une série canadienne de 953 patientes [2] et à 0,4 % dans une cohorte britannique de 10 830 femmes [3] — soit le même niveau que dans une population dépistée sans aucun symptôme. À titre de comparaison, dans cette même cohorte, une boule était associée à un cancer dans environ 5 % des cas [3].
Pour savoir si une douleur doit être explorée, on ne regarde donc pas son intensité — une douleur cyclique violente reste une douleur cyclique — mais ses caractères : suit-elle le cycle ou non ? Touche-t-elle les deux seins ou un seul ? Est-elle diffuse ou toujours au même point ? Est-elle isolée ou accompagnée d'un autre signe ?
Cet article explique comment faire cette différence, passe en revue toutes les causes — hormonales, mammaires, et celles qui ne viennent pas du sein —, détaille les sept situations qui imposent de consulter, le déroulé du bilan (échographie, mammographie) et les rares situations où une chirurgie devient utile.
Une image classée ACR 3, 4 ou 5, un kyste, un adénofibrome, une lésion à faire analyser : le Dr Zeitoun reçoit en consultation pour un avis chirurgical. Prenez rendez-vous, ou demandez à être rappelée par le secrétariat.
Le sein est une glande hormono-dépendante : son tissu se modifie à chaque cycle sous l'effet des œstrogènes et de la progestérone. Il repose par ailleurs sur une paroi thoracique faite de côtes, de cartilages et de muscles, elle-même parcourue de nerfs. Une douleur ressentie « dans le sein » peut donc venir de la glande — ou de ce qui se trouve juste derrière.
C'est le point qui surprend le plus en consultation. Une douleur cyclique intense, qui empêche de dormir sur le ventre, de faire du sport ou de porter certains vêtements, reste une douleur cyclique : elle est invalidante, pas inquiétante. Elle mérite d'être soulagée.
À l'inverse, une gêne modeste mais nouvelle, fixe et unilatérale, chez une femme de 55 ans en dehors de tout traitement hormonal, retient davantage l'attention qu'une tension prémenstruelle violente à 28 ans. Ce n'est pas ce que vous ressentez qui compte : c'est comment la douleur se comporte.
Toute la démarche médicale part de là. Avant même de parler d'examens, on cherche à savoir si la douleur suit le cycle hormonal ou non — parce que les deux familles n'ont ni les mêmes causes, ni la même conduite à tenir. Cette distinction se fait à l'interrogatoire, en quelques questions.
Elle apparaît dans la seconde moitié du cycle, culmine dans les jours précédant les règles et s'atténue quand elles arrivent. Elle touche les deux seins, elle est diffuse, prédomine dans les quadrants supérieurs et externes, et peut irradier vers l'aisselle. Elle concerne surtout la période d'activité génitale, de 20 à 50 ans. Conduite à tenir : examen clinique, et imagerie mammaire large — en pratique elle est demandée facilement, y compris quand l'examen est normal.
Elle est sans rapport avec le cycle : parfois permanente, parfois par crises. Elle touche souvent un seul sein, en un point précis que la patiente sait désigner du doigt. Elle survient à tout âge, plus volontiers après 40 ans et après la ménopause. Ses causes sont soit mammaires, soit extra-mammaires (paroi thoracique, rachis, plus rarement cardiaque ou digestive). Conduite à tenir : examen clinique et imagerie ciblée sur le point douloureux, systématiquement.
À retenir. Une douleur cyclique peut revenir tous les mois pendant des années sans traduire la moindre maladie. Cela ne veut pas dire qu'il faut la garder pour soi : au moindre doute, on consulte — son médecin traitant, sa sage-femme ou son gynécologue. Une douleur qui change de caractère, devient unilatérale et fixe, apparaît après la ménopause hors traitement hormonal, ou s'accompagne d'un autre signe, appelle en plus un avis rapide.
Le sein n'est pas toujours en cause. Une part importante des douleurs qui lui sont attribuées vient en réalité de ce qui l'entoure : la paroi thoracique, les côtes, la colonne, plus rarement un organe voisin. Reconnaître ces causes évite beaucoup d'examens inutiles — et beaucoup d'angoisse.
Tension bilatérale en seconde partie de cycle, parfois dès l'ovulation. Elle disparaît avec les règles et revient le mois suivant. C'est le mécanisme normal d'une glande hormono-dépendante, pas une maladie.
Chez beaucoup de femmes, la douleur des seins n'est qu'un signe parmi d'autres. Elle s'inscrit dans un syndrome prémenstruel : ballonnement abdominal, prise de poids passagère de un à deux kilos, jambes lourdes, irritabilité, troubles du sommeil, parfois migraines. Tous ces signes apparaissent après l'ovulation et cèdent avec les règles.
Le mécanisme est le même partout : dans la seconde moitié du cycle, l'imprégnation en œstrogènes n'est pas suffisamment contrebalancée par la progestérone. Le tissu retient de l'eau — dans les seins comme ailleurs. C'est ce déséquilibre, et non un excès d'hormones, qui est en cause : il ouvre une possibilité de traitement.
Pilule, implant, stérilet hormonal : une sensibilité mammaire est fréquente au début et s'atténue le plus souvent. Si elle persiste, elle se discute avec le prescripteur — jamais en arrêtant seule un traitement.
Une mastodynie qui apparaît sous traitement hormonal substitutif justifie de revoir le dosage, la molécule ou la voie d'administration, avec le médecin qui l'a prescrit.
La tension mammaire fait partie des tout premiers signes de grossesse, souvent avant le retard de règles. Elle est bilatérale et s'accompagne d'une augmentation de volume.
Les cycles deviennent irréguliers et l'imprégnation hormonale fluctue davantage : les douleurs peuvent s'intensifier pendant quelques années, avant de disparaître après la ménopause.
La directive de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada en dresse la liste [9]. Trois familles y reviennent : des antidépresseurs et antipsychotiques (sertraline et autres inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, venlafaxine, mirtazapine, tricycliques, halopéridol, rispéridone, phénothiazines), des médicaments cardiovasculaires (spironolactone, méthyldopa, digoxine), et les traitements hormonaux (œstrogènes, progestatifs, contraceptifs oraux, traitement de la ménopause, clomifène).
Pour beaucoup d'entre eux, le mécanisme est le même : ils font monter la prolactine. C'est la raison pour laquelle la liste de vos traitements en cours est demandée en consultation — et pourquoi un dosage de prolactine est parfois utile.
De loin la première cause de seins douloureux et granuleux à la palpation. Ce n'est pas une maladie : c'est une variation du tissu mammaire sous l'effet des hormones. Elle ne s'opère pas. Elle rend en revanche l'examen et la lecture de la mammographie plus délicats, ce qui justifie parfois des examens complémentaires. Les lésions bénignes du sein →
Un kyste est une poche de liquide. Quand il se remplit vite, il met la glande sous tension et provoque une douleur localisée parfois très vive, d'apparition brutale. C'est l'une des rares causes où un geste simple — la ponction évacuatrice sous échographie — soulage immédiatement.
Tumeur bénigne solide, typique de la femme jeune. Le plus souvent indolore, il devient sensible en période prémenstruelle chez certaines patientes. La question de l'opérer se pose sur d'autres critères que la douleur. Faut-il opérer un adénofibrome ? →
Une dilatation bénigne des canaux situés derrière le mamelon. Elle associe douleur rétro-aréolaire et, souvent, un écoulement épais. Quand un écoulement accompagne la douleur, la page à lire est celle de l'écoulement du mamelon.
La mastite d'allaitement est la plus connue : sein rouge, chaud, tendu, avec fièvre. Il existe aussi des mastites en dehors de tout allaitement. Un abcès constitué demande un drainage, parfois chirurgical, et ne relève jamais de l'attente.
C'est la seule situation où douleur et cancer se rencontrent vraiment. En quelques jours à quelques semaines s'installent une rougeur qui s'étend, une chaleur, un gonflement, un aspect de peau d'orange. Cela ne ressemble pas à une mastodynie ordinaire et justifie une consultation immédiate. Cancer du sein : le guide →
Deux d'entre elles sont fréquentes et méritent d'être cherchées à chaque consultation : la paroi thoracique et le maintien. Les autres sont rares, voire exceptionnelles — on les évoque devant un tableau qui ne ressemble à rien d'autre.
Syndrome de Tietze et costochondrite : la douleur est reproduite exactement quand on appuie sur la jonction entre le cartilage et le sternum, et majorée par la toux ou l'inspiration profonde. La douleur est dans la paroi, pas dans la glande.
Une arthrose cervico-dorsale ou la souffrance d'un nerf intercostal peut projeter une douleur en bande vers la région mammaire. C'est une cause rare, évoquée seulement quand la douleur suit un trajet précis et se modifie nettement avec les positions.
Une brûlure intense dans un territoire précis, précédant de quelques jours l'éruption de vésicules. Avant l'éruption, le diagnostic est difficile ; il se fait souvent a posteriori.
Un soutien-gorge mal ajusté — ce qui est très fréquent — suffit à lui seul à entretenir une gêne permanente. C'est la cause la plus simple à corriger, et la plus souvent négligée.
Une hypertrophie mammaire pèse elle aussi, mais elle se manifeste surtout par des douleurs du dos, de la nuque et des épaules, plus que par une douleur des seins eux-mêmes.
Thrombose d'une veine superficielle du sein : un cordon dur et douloureux apparaît sous la peau. C'est une situation rare, d'évolution bénigne, mais qui justifie un examen pour éliminer une lésion sous-jacente.
Une douleur thoracique gauche oppressante n'est pas mammaire jusqu'à preuve du contraire. Un reflux gastro-œsophagien, ou une souffrance de la vésicule à droite, peuvent aussi se projeter sur la région mammaire.
Au moindre doute, consultez. C'est le message principal de cette page, et il vaut pour toutes les douleurs du sein, y compris les plus banales. Le premier interlocuteur est celui que vous voyez déjà : votre médecin traitant, votre sage-femme ou votre gynécologue. Ils examinent, demandent l'imagerie et vous orientent si besoin. Une douleur qui vous inquiète est une bonne raison de consulter — vous n'avez pas à attendre qu'elle « mérite » un rendez-vous.
Les sept situations ci-dessous ne signifient pas « cancer ». Elles signifient « à examiner sans attendre plusieurs mois », et le plus souvent avec un avis spécialisé : ce ne sont pas les seules raisons de consulter, ce sont celles qui ne se reportent pas.
Et une situation qui ne relève pas de la sénologie mais de l'urgence : une douleur thoracique en étau, irradiant au bras ou à la mâchoire, avec essoufflement ou malaise — appelez le 15.
Ce qu'il faut garder en tête. Ces sept signes ne sont pas une liste de symptômes de cancer, et ils ne sont pas non plus la condition à remplir pour avoir le droit de consulter. On consulte au moindre doute, auprès de son médecin, de sa sage-femme ou de son gynécologue. Dans la grande majorité des cas, on retrouve une cause bénigne — un kyste, une mastose, une origine pariétale — et la consultation sert alors à nommer la cause et à soulager.
Lecture de votre imagerie, examen clinique, réponse claire sur la conduite à tenir — et discussion complète si une intervention se pose. Prenez rendez-vous, ou demandez à être rappelée par le secrétariat.
Toute douleur du sein s'explore. Aucune n'est renvoyée avec un « ce n'est rien » : même une douleur cyclique typique, même bilatérale, même chez une femme jeune, fait l'objet d'un examen clinique complet et, dans la grande majorité des cas, d'une imagerie mammaire. Ce qui varie d'une patiente à l'autre, ce n'est pas si l'on explore — c'est quels examens, et vers qui l'on oriente ensuite.
Le bilan suit toujours le même ordre, en quatre temps. Chacun est détaillé plus bas.
Depuis quand, d'un côté ou des deux, rythmée par le cycle ou non, un point précis ou diffuse, reproduite par la pression. Puis les traitements en cours, la contraception, les antécédents familiaux. Il fait plus de la moitié du diagnostic.
Inspection des deux seins bras levés puis baissés, palpation quadrant par quadrant, palpation des aires ganglionnaires, recherche d'un écoulement — et palpation de la paroi thoracique, souvent oubliée, qui démasque une origine pariétale.
C'est le socle du bilan, demandé largement. Mammographie associée à l'échographie après 40 ans ; échographie seule en première intention chez la femme jeune. Le compte rendu classe ce qui est vu de ACR/BI-RADS 1 à 6.
Uniquement si l'imagerie a montré quelque chose : on ne biopsie jamais une douleur, on biopsie une image. Elle est réalisée par le radiologue sous guidage échographique, sous anesthésie locale, avec pose d'un petit clip qui marque la cible.
La consultation a lieu au cabinet du 241 rue du Faubourg Saint-Honoré, à Paris 8e, ou à la Clinique Hartmann, à Neuilly-sur-Seine — les deux lieux de consultation. Les interventions, elles, se déroulent uniquement à la Clinique Hartmann.
Apportez vos examens d'imagerie antérieurs — comptes rendus et clichés. C'est le seul document réellement utile : il permet de comparer et fait souvent gagner une consultation.
L'examen se termine toujours par la paroi thoracique, patiente allongée sur le côté. C'est le geste qui fait basculer un grand nombre de diagnostics : quand la pression sur le cartilage reproduit exactement la douleur, elle ne vient pas de la glande.
Après 40 ans, la mammographie est l'examen de référence, demandé même quand l'examen clinique est normal. Deux clichés par sein, complétés au besoin par une tomosynthèse qui reconstruit la glande en coupes fines et démêle les superpositions.
Elle est ciblée sur la zone douloureuse quand la douleur est localisée, et porte sur les deux seins quand elle est diffuse. Le radiologue rend un compte rendu classé ACR/BI-RADS : 1 et 2 normal ou bénin, 3 probablement bénin avec un contrôle rapproché, 4 et 5 suspects, qui appellent un prélèvement.
Comprendre votre mammographie → · Comprendre la classification ACR / BI-RADS →
L'échographie complète systématiquement la mammographie, et c'est elle qu'on demande en première intention chez la femme jeune, dont la glande est dense. Indolore, sans rayons X, elle est passée directement sur le point douloureux que vous montrez du doigt.
C'est l'examen qui tranche la question la plus fréquente : la lésion est-elle liquidienne — un kyste, qui peut être ponctionné et soulagé dans la foulée — ou solide, ce qui conduit à la caractériser puis, selon son aspect, à la prélever ?
Elle n'intervient qu'au bout de la chaîne, et seulement devant une lésion classée ACR 4 ou 5. Le radiologue prélève quelques fragments à l'aiguille, sous guidage échographique et sous anesthésie locale, en une trentaine de minutes. Un clip minuscule est laissé en place pour marquer la cible si une chirurgie devait suivre.
Les fragments partent au laboratoire d'anatomopathologie. Le résultat arrive en quelques jours et il est expliqué en consultation, jamais annoncé par téléphone ou par courriel. Comprendre l'analyse →
Un bilan hormonal — prolactine, TSH, revue des médicaments — s'y ajoute devant une douleur nettement cyclique accompagnée d'un syndrome prémenstruel. L'IRM mammaire, elle, n'a aucune place dans le bilan d'une douleur isolée.
On n'opère jamais une douleur. On opère une lésion identifiée — et c'est précisément pour cela que le bilan compte : il sépare la très grande majorité des situations qui ne relèvent d'aucun geste des quelques-unes qui en relèvent. Voici ces situations.

Un kyste sous tension se ponctionne d'abord sous échographie : geste simple, en consultation, qui soulage immédiatement. Une exérèse ne se discute que devant des récidives rapprochées très symptomatiques, ou devant un kyste complexe dont l'analyse est nécessaire.
L'exérèse est discutée devant une croissance documentée, un volume important, une gêne permanente, ou un doute avec une tumeur phyllode. Une biopsie est réalisée avant toute chirurgie, même quand l'imagerie est typique. La page adénofibrome →
Un abcès collecté ne guérit pas sous antibiotiques seuls. Il se draine — par ponction sous échographie quand c'est possible, chirurgicalement quand la collection est volumineuse ou cloisonnée.
Devant un écoulement pathologique associé à un papillome, une chirurgie limitée au secteur canalaire concerné — la pyramidectomie — permet à la fois de traiter et d'analyser. L'écoulement du mamelon →
Hyperplasie atypique, cicatrice radiaire, lésion classée B3 : ces lésions n'expliquent pas la douleur, mais elles sont parfois retrouvées à l'occasion du bilan et imposent une exérèse et une surveillance rapprochée. Les lésions à risque →
Rare, mais possible. La prise en charge est alors celle du cancer du sein, décidée en réunion de concertation pluridisciplinaire, avec discussion complète des options avant toute décision.
Kyste récidivant, adénofibrome, lésion à risque, ou intervention déjà proposée ailleurs : avis chirurgical et, si nécessaire, intervention en ambulatoire à la Clinique Hartmann. Prenez rendez-vous, ou demandez à être rappelée.
Les mesures ci-dessous s'adressent à une douleur dont la cause a été identifiée comme bénigne après examen. Elles ne remplacent pas une consultation, et aucune ne doit conduire à modifier seule un traitement en cours.
Un maintien correct diminue nettement la douleur de la plupart des femmes qui consultent pour mastodynie. Deux points comptent : la taille réelle, qui n'est pas celle qu'on porte depuis dix ans, et le maintien pendant le sport. Dans les périodes très douloureuses, un soutien-gorge de nuit sans armature apporte un vrai bénéfice.
C'est la mesure la plus simple, la moins coûteuse — et la plus systématiquement négligée.
Le paracétamol en première intention. Un anti-inflammatoire en gel appliqué localement sur la zone douloureuse est particulièrement utile dans les douleurs localisées et pariétales, avec l'avantage d'éviter le passage général. Les anti-inflammatoires par voie orale se prennent sur des durées courtes et après avis médical.
C'est l'approche française classique devant une mastodynie cyclique installée, en particulier lorsqu'elle s'accompagne d'un syndrome prémenstruel. Le raisonnement est simple : puisque la douleur naît d'une imprégnation en œstrogènes insuffisamment contrebalancée en seconde partie de cycle, on apporte de la progestérone pour rétablir l'équilibre.
Deux voies existent. La voie locale — un gel de progestérone appliqué sur les seins — agit sur place, sans effet général. La voie orale, par progestérone micronisée ou par un progestatif, se prescrit du 15e au 25e jour du cycle environ, et agit aussi sur les autres signes prémenstruels. Le choix, la durée et la surveillance relèvent du médecin qui prescrit : c'est une ordonnance, pas une automédication.
Une mastodynie apparue avec une contraception ou un traitement de la ménopause justifie d'en reparler au médecin qui l'a prescrit : changer de molécule, de dosage ou de voie d'administration règle souvent le problème. N'interrompez jamais un traitement de votre propre initiative.
La réduction de la caféine est très souvent conseillée. Il faut être honnête sur son niveau de preuve : les études sont contradictoires et le bénéfice, quand il existe, est modeste. Cela reste un essai simple et sans risque sur deux ou trois cycles. L'arrêt du tabac et l'activité physique régulière ont, eux, des bénéfices bien démontrés par ailleurs.
Aucun complément alimentaire n'a démontré d'efficacité solide sur la douleur mammaire. Les traitements hormonaux spécifiques de la mastodynie existent, mais ont des effets indésirables réels : ils sont réservés aux formes sévères, invalidantes et résistantes, sur prescription et sous surveillance.
Après une tumorectomie, une mastectomie, un curage axillaire ou une reconstruction mammaire, des douleurs, des tiraillements, des sensations de brûlure ou de décharge peuvent persister plusieurs mois. Elles ne signifient ni récidive, ni échec de l'opération : elles relèvent le plus souvent d'une atteinte des petites branches nerveuses de la région.
Il existe des prises en charge spécifiques, d'autant plus efficaces qu'elles sont mises en place tôt. Ces douleurs ne doivent pas être supportées en silence en attendant la consultation de surveillance suivante : elles se disent, elles s'évaluent et elles se traitent.
Les questions qui reviennent le plus souvent à propos de la douleur au sein. Si la vôtre n'y figure pas, posez-la lors du rendez-vous — ou à Sophie, l'assistante du site, en bas à droite.
Presque jamais. Prise isolément, la douleur mammaire n'est pas un signe de cancer du sein : dans les séries publiées, un cancer est retrouvé chez 2 à 7 % des femmes adressées pour une douleur du sein, et lorsque la douleur est le seul symptôme, cette proportion descend sous 1 % — soit le niveau observé dans une population dépistée sans symptôme. Ce qui compte n'est pas l'intensité de la douleur mais son caractère : cyclique ou non, diffuse ou localisée, isolée ou accompagnée d'un autre signe.
Le plus souvent non. La grande majorité des cancers du sein sont découverts par une grosseur indolore, par une anomalie de mammographie de dépistage, ou par une modification de la peau ou du mamelon. Une forme fait exception : le cancer inflammatoire du sein, qui associe en quelques jours à quelques semaines une rougeur qui s'étend, une chaleur, un gonflement et un aspect de peau d'orange. Cette situation justifie une consultation immédiate.
Au moindre doute. Une douleur du sein qui vous inquiète est une raison suffisante de consulter, même si elle paraît banale. Le premier interlocuteur est votre médecin traitant, votre sage-femme ou votre gynécologue : ils examinent, demandent l'imagerie et vous orientent si besoin vers un chirurgien sénologue. Prendre rendez-vous →
Certaines situations ne se reportent pas et appellent un avis rapide : si la douleur s'accompagne d'une boule, si elle est toujours au même endroit dans un seul sein et indépendante du cycle depuis plus de deux cycles, s'il existe un écoulement du mamelon, une rétraction, un capiton ou un aspect de peau d'orange, si le sein devient rouge, chaud et gonflé en quelques jours, si la douleur apparaît après la ménopause en dehors de tout traitement hormonal, ou si un ganglion dur est apparu sous le bras. Ces caractères ne signifient pas « cancer » — ils signifient « à examiner ».
C'est la mastodynie cyclique, la forme la plus fréquente. Sous l'effet des variations hormonales de la seconde moitié du cycle, le tissu glandulaire retient de l'eau et devient tendu et sensible. La douleur touche les deux seins, prédomine dans les quadrants supérieurs et externes, peut irradier vers l'aisselle, et s'atténue avec l'arrivée des règles. Une douleur cyclique intense reste une douleur cyclique : l'intensité n'est pas un critère de gravité.
Oui, et c'est la raison pour laquelle une douleur thoracique gauche ne doit jamais être banalisée. Une douleur en étau, oppressante, qui irradie vers la mâchoire, l'épaule ou le bras gauche, survient à l'effort et s'accompagne d'essoufflement, de sueurs ou d'un malaise, n'est pas une douleur du sein : il faut appeler le 15 immédiatement. À l'inverse, une douleur superficielle, reproduite quand on appuie dessus et variable avec les positions, oriente vers la paroi thoracique ou vers le sein lui-même.
Toute douleur du sein s'explore. L'examen clinique d'abord : interrogatoire précis, palpation des seins et des aires ganglionnaires, et palpation de la paroi thoracique pour démasquer une origine pariétale. Puis, dans la grande majorité des cas, une imagerie mammaire — ciblée sur le point douloureux quand la douleur est localisée, portant sur les deux seins quand elle est diffuse : échographie avant 40 ans, mammographie associée à l'échographie après 40 ans. La biopsie n'intervient que devant une lésion classée ACR/BI-RADS 4 ou 5.
On n'opère jamais une douleur en elle-même : on opère une lésion identifiée. Les situations où une chirurgie est discutée après une consultation pour douleur sont : un kyste volumineux et récidivant très symptomatique, un adénofibrome en croissance ou volumineux, un abcès du sein nécessitant un drainage, un écoulement pathologique associé à un papillome, une lésion à risque (B3) découverte par le bilan, ou plus rarement une lésion maligne. La décision se prend après le bilan complet, en consultation, au cas par cas.
Un soutien-gorge de maintien correctement ajusté, porté aussi la nuit dans les périodes douloureuses, est la mesure la plus efficace et la plus sous-utilisée. On y ajoute selon les cas le paracétamol, un anti-inflammatoire en gel appliqué localement, et la révision d'un traitement hormonal en cours avec le médecin qui l'a prescrit — jamais de sa propre initiative. La ponction évacuatrice sous échographie soulage immédiatement un kyste sous tension. Aucun complément alimentaire n'a démontré d'efficacité solide.
Les chiffres cités dans cet article renvoient aux références numérotées ci-dessous.
Cette page a une vocation d'information générale. Elle ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation. Aucun avis ne peut être donné sans examen en présentiel et analyse complète du dossier.
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Autre signeLiquide ou sang qui sort du sein : ce qui est bénin, ce qui doit être exploré, et quand on opère.
Lésions bénignesLes lésions bénignes et les lésions à risque du sein : lesquelles se surveillent, lesquelles s'opèrent.
ImagerieL'examen de première intention devant une douleur localisée avant 40 ans : déroulé, intérêt, ce qu'il montre.
ImagerieTomosynthèse, classification ACR/BI-RADS, densité mammaire, lecture du compte rendu.
BibliothèqueGuides patient sur la chirurgie du sein, la chirurgie gynécologique et la chirurgie intime — bibliothèque complète.
Venir de l'étrangerLe tarif de la consultation, ce que contient le devis, le règlement à l'arrivée et le temps qu'il faut rester.
Pour une douleur, commencez par votre médecin traitant, votre sage-femme ou votre gynécologue. Si leur examen ou votre imagerie retrouve une boule, un kyste, un adénofibrome ou une image à faire analyser, le Dr Jérémie Zeitoun, chirurgien sénologue, reçoit en consultation au cabinet du 8e arrondissement de Paris et à la Clinique Hartmann de Neuilly-sur-Seine, où se déroulent également les interventions, pour faire le point calmement.
Dr Jérémie Zeitoun — Ancien interne formé au Centre François Baclesse et à l'Institut Curie · Ancien assistant de l'Institut Gustave Roussy