L'oncoplastie associe la rigueur cancérologique de la tumorectomie à la finesse esthétique de la chirurgie plastique. Retirer la tumeur en marges saines, préserver la forme et la symétrie du sein.
Retirer la tumeur, préserver le sein. C'est le principe du traitement conservateur — possible dans la majorité des cancers du sein de taille petite à modérée.
La tumorectomie retire la tumeur avec une marge de sécurité de tissu sain autour — c'est la condition indispensable pour limiter le risque de récidive locale. L'intervention se réalise sous anesthésie générale, dure une à deux heures, et est le plus souvent réalisée en chirurgie ambulatoire — vous rentrez le jour même.
Dans la majorité des cas, une cicatrice simple suffit — soit en regard de la tumeur, soit péri-aréolaire — sans qu'il soit nécessaire de réaliser une oncoplastie. C'est la situation la plus fréquente, et le résultat esthétique est généralement très satisfaisant lorsque la quantité de tissu retirée reste modérée par rapport au volume du sein.
Quand le remodelage est nécessaire — l'oncoplastie. Quand la quantité de tissu retirée est importante par rapport au volume du sein, laisser la cavité combler seule risquerait de déformer le sein ou de créer une asymétrie marquée. Dans ce cas, le tissu glandulaire restant est remodelé en fin d'intervention pour redonner au sein une forme harmonieuse — c'est ce qu'on appelle l'oncoplastie. L'oncoplastie consiste à appliquer des techniques issues de la chirurgie esthétique au traitement du cancer du sein. Plusieurs techniques existent selon la localisation de la tumeur et la morphologie du sein : Round Block (incision autour de l'aréole), radiaire interne ou externe, T inversé pour les seins plus volumineux, lambeau local perforant quand le défect est difficile à combler autrement, ou plastie en Batwing pour les tumeurs centrales. Il n'y a pas d'incision type — la technique se choisit au cas par cas.
Pour qui ? L'oncoplastie est proposée chaque fois qu'un geste de remodelage glandulaire permet d'améliorer le résultat esthétique sans compromettre la qualité oncologique. Elle est particulièrement indiquée quand le ratio entre le volume du sein et la taille de la tumeur entraîne une perte de substance importante, en cas de localisation délicate (quadrants inférieurs, tumeurs proches de l'aréole, tumeurs centrales rétro-aréolaires, tumeurs du décolleté ou des quadrants internes), ou en cas d'hypertrophie ou ptose marquée — le T inversé permet alors de combiner le geste oncologique à une réduction et un lifting du sein, indication souvent appréciée des patientes avec gêne fonctionnelle préexistante. Les limites de l'oncoplastie sont les tumeurs très volumineuses dans un sein de petit volume, les tumeurs multifocales étendues, et les contre-indications à la radiothérapie — dans ces situations, une mastectomie avec possibilité de reconstruction immédiate est généralement préférable. La décision se discute en consultation et en RCP.
Après un traitement conservateur, une radiothérapie est habituellement proposée pour réduire le risque de récidive locale. Les modalités sont discutées avec l'équipe de radiothérapeutes, généralement 2 à 3 mois après la chirurgie, sur 1, 3 ou 5 semaines.
Si les marges s'avèrent insuffisantes à l'analyse définitive, une reprise chirurgicale est organisée. Ce résultat est communiqué lors de la consultation à 15 jours, qui marque aussi la lecture du compte-rendu anatomopathologique définitif.
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De plus en plus de cancers du sein sont diagnostiqués à un stade précoce, avant qu'une tumeur ne soit palpable. Pour ces lésions invisibles à l'examen mais visibles en imagerie, un repérage pré-opératoire est indispensable pour guider la chirurgie avec une précision millimétrique. Plusieurs techniques existent : harpon métallique, Magseed (graine magnétique), Localizer Sirius (clip radio-opaque).
Annonce des résultats du bilan, examen clinique, présentation des techniques chirurgicales possibles avec maquette anatomique, choix concerté de la technique. Délai de réflexion garanti.
Validation du projet thérapeutique en réunion de concertation pluridisciplinaire (oncologue médical, radiothérapeute, anatomopathologiste, chirurgien). Consultation d'anesthésie au moins 48h avant l'intervention.
Si lésion non palpable : repérage radiologique. Marquage chirurgical debout par le chirurgien (étape essentielle pour les plasties en T inversé). Injection de marqueur pour le ganglion sentinelle. Bloc opératoire.
Anesthésie générale. Tumorectomie avec marges de sécurité, prélèvement du ganglion sentinelle si indiqué, remodelage glandulaire selon la technique choisie, symétrisation controlatérale si prévue. Pansement modelant. Clinique Hartmann ou Hôpital Américain.
Examen des cicatrices. Lecture du compte-rendu anatomopathologique définitif (type histologique, grade, marges, ganglions). Présentation du plan thérapeutique complémentaire validé en RCP : radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie selon profil.
Dans la très grande majorité des cas, les suites opératoires sont simples et peu douloureuses. Une douleur modérée à type de tension, soulagée par des antalgiques simples (paracétamol ± anti-inflammatoires), peut persister quelques jours. Un pansement modelant en forme de soutien-gorge est mis en place et conservé 24 à 48 heures.
Les fils de suture sont généralement résorbables — pas besoin de les retirer. Une infirmière contacte la patiente le lendemain de l'intervention pour vérifier l'absence de complications. Un soutien-gorge de contention est conseillé pendant 1 mois.
Les ecchymoses ("bleus") sont fréquentes et disparaissent en quelques semaines. Si une injection de bleu a été faite pour le ganglion sentinelle, la peau peut être colorée pendant plusieurs mois — c'est sans gravité.
Les bains et activités sportives sont contre-indiqués pendant 1 mois. Tous les gestes de la vie quotidienne sont autorisés. Une radiothérapie complémentaire commencera généralement 2 à 3 mois après la chirurgie, sur 1, 3 ou 5 semaines selon le protocole.
L'oncoplastie reste une intervention chirurgicale et comporte un risque, faible mais réel, de complications. Les vraies complications sont rares à la suite d'une oncoplastie réalisée dans les règles. En voici les principales :
30 à 40 minutes pour la plupart des techniques (Round Block, Batwing, plastie radiaire, lambeau local perforant), sauf le T inversé qui dure de 40 minutes à 1h10 selon le sein et le volume à retirer. Anesthésie générale dans tous les cas. Sans compter le geste sur le ganglion sentinelle ou le curage axillaire éventuel.
Oui, le plus souvent. Round Block, Batwing et plastie radiaire sont quasi systématiquement en ambulatoire — sortie le jour même. T inversé avec symétrisation et lambeau perforant peuvent nécessiter 1 à 2 nuits.
Oui, systématiquement. Dès qu'il y a un traitement conservateur du sein, une radiothérapie complémentaire est réalisée derrière. Elle commence généralement 2 à 3 mois après la chirurgie, sur 1, 3 ou 5 semaines selon le protocole. Les modalités sont discutées avec l'équipe de radiothérapeutes.
Cela dépend de la technique. Round Block : cicatrice unique périaréolaire, quasi invisible avec le temps. T inversé : 3 cicatrices (péri-aréolaire + verticale + sillon sous-mammaire). Plastie radiaire : cicatrice radiaire externe. Lambeau perforant : cicatrice étendue. Batwing : cicatrice horizontale en V.
La symétrisation controlatérale est proposée dans le même temps opératoire principalement pour le T inversé et le Round Block, qui modifient la forme et le volume du sein opéré. Pour les autres techniques (plastie radiaire, lambeau local perforant, Batwing), elle n'est généralement pas nécessaire d'emblée — un complément peut être proposé à distance si besoin (au moins 1 an après la radiothérapie).
Si l'analyse anatomopathologique définitive (résultat à 15 jours) montre des marges insuffisantes, une reprise chirurgicale est organisée. Cette reprise est généralement plus simple — soit une nouvelle tumorectomie, soit, plus rarement, une mastectomie selon l'étendue résiduelle.
Oui, et c'est même fréquent. La chimiothérapie pré-opératoire peut faire diminuer la taille de la tumeur et permettre un traitement conservateur initialement non envisageable. L'oncoplastie est alors discutée selon la réponse au traitement et la taille résiduelle de la tumeur.
L'allaitement reste possible après oncoplastie, particulièrement si la chirurgie a été conservatrice et limitée. Il peut être réduit ou impossible du côté opéré selon la technique (T inversé, lambeau perforant). La radiothérapie ultérieure réduit fortement les capacités d'allaitement du côté irradié. Discutez de ce projet avec votre chirurgien si vous avez des plans de grossesse.
Une consultation pour discuter de votre dossier, comprendre les options qui s'offrent à vous, ou un second avis chirurgical — n'hésitez pas à prendre rendez-vous.