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HPV et papillomavirus · Article patiente

Comment attrape-t-on le HPV ?

Le papillomavirus est l'infection sexuellement transmissible la plus courante au monde — environ 80 % des adultes le contracteront au moins une fois dans leur vie. Voici comment il se transmet, et toutes les questions qu'on n'ose pas poser à son médecin.

Auteur et révision médicale : Dr Jérémie Zeitoun, chirurgien cancérologue gynéco-sénologique — RPPS 10101463296 — Ancien interne formé au Centre François Baclesse et à l'Institut Curie, ancien praticien spécialiste de l'Institut Gustave Roussy. Voir le parcours complet →
Dernière mise à jour : 27 avril 2026 · Sources : OMS, HAS, INCa, Centre national de référence des papillomavirus humains. Références en bas de page.

Recevoir un résultat HPV positif — ou apprendre que son partenaire en a un — soulève des questions très concrètes, parfois embarrassantes : « Est-ce qu'il m'a trompée ? Est-ce que je peux le transmettre à mon enfant ? Le préservatif protège-t-il vraiment ? Peut-on l'attraper sans rapport sexuel ? » Cet article répond, sans tabou, à ces questions que les patientes posent en consultation. Pour comprendre ce que signifie un test HPV positif, l'article HPV positif après frottis : que faire concrètement ? est complémentaire ; pour la prévention vaccinale, voir Vaccination HPV : qui, quand, pourquoi ?.

Comment se transmet le HPV ?

Le HPV se transmet par contact direct entre peau et muqueuses lors des rapports sexuels — au sens large. Il ne s'agit pas seulement de la pénétration : tout contact intime suffit (caresses génitales, rapports oraux, contact vulvaire-pénien sans pénétration). C'est la raison pour laquelle le préservatif, bien qu'utile, ne protège que partiellement : le virus peut être présent sur des zones non couvertes (vulve, périnée, scrotum, base du pénis).

Le virus peut infecter toutes les muqueuses génitales (col de l'utérus, vagin, vulve, anus, pénis), mais aussi les muqueuses oro-pharyngées — d'où l'augmentation préoccupante des cancers de la gorge liés au HPV depuis 20 ans, en particulier chez les hommes.

Une infection extrêmement courante

Environ 80 % des hommes et des femmes sexuellement actifs contracteront au moins une infection HPV au cours de leur vie. C'est l'infection sexuellement transmissible la plus répandue au monde. Dans la grande majorité des cas, le système immunitaire élimine le virus en 12 à 24 mois, sans aucune intervention. Seules les infections persistantes — c'est-à-dire qui durent plus de 2 ans — exposent à un risque de lésion précancéreuse, et seulement pour certaines souches dites « à haut risque oncogène ».

Le message clé

Avoir contracté un HPV ne dit rien sur votre vie sexuelle, votre fidélité ou celle de votre partenaire. C'est un virus qui circule très largement dans la population générale, et le contracter à un moment de sa vie n'a rien d'exceptionnel. Le vrai sujet n'est pas « comment l'éviter à tout prix » — mais « comment limiter ses conséquences » par la vaccination, le dépistage, et la surveillance des lésions persistantes.

Les questions qu'on n'ose pas poser

« Est-ce que mon partenaire m'a trompée ? »

C'est probablement la question la plus douloureuse — et la réponse est claire : un test HPV positif ne dit rien sur la fidélité. Le virus peut rester dormant pendant des années, parfois depuis vos tout premiers rapports sexuels, et se réactiver des années plus tard sans aucun nouveau contact. Il peut aussi avoir été contracté lors du tout début de votre relation actuelle, ou être présent chez votre partenaire qui l'ignore lui-même.

C'est l'histoire naturelle du virus — ni un signe d'infidélité, ni une trahison.

« Mon partenaire est-il porteur ? Peut-on le tester ? »

Chez l'homme, il n'existe aucun test HPV validé. Pas de frottis équivalent, pas de prise de sang, pas d'examen courant. Un partenaire masculin peut donc être porteur sans le savoir — et sans pouvoir en être informé autrement que par votre propre diagnostic. Cela fait partie des limites actuelles de la médecine : nous ne pouvons pas, à ce jour, dépister le HPV chez l'homme en routine.

Cela dit, les hommes développent rarement des cancers HPV : les infections évoluent rarement vers une maladie sévère chez eux (avec des exceptions importantes : cancers anaux, oropharyngés, péniens). C'est pour cela que la vaccination des garçons est aujourd'hui considérée comme essentielle — à la fois pour les protéger et pour limiter la circulation du virus dans la population.

« Le préservatif protège-t-il vraiment ? »

Partiellement seulement. Le préservatif réduit le risque de transmission, mais ne le supprime pas, parce que le virus peut être présent sur des zones non couvertes par le préservatif (vulve, périnée, scrotum, base du pénis). Son utilisation reste utile — particulièrement pour la prévention d'autres infections sexuellement transmissibles — mais il ne constitue pas une garantie absolue contre le HPV. La vaccination reste la prévention de loin la plus efficace.

« Peut-on attraper le HPV sans rapport sexuel ? »

En pratique, non. La transmission par les objets, les WC, les piscines, les serviettes ou les mains est théoriquement possible, mais reste exceptionnelle et n'a jamais été clairement démontrée comme cause significative d'infection. La voie de transmission largement majoritaire est le contact intime peau-muqueuse lors des rapports sexuels.

« Peut-on transmettre le HPV à son enfant ? »

La transmission mère-enfant lors de l'accouchement existe mais reste rare. Elle peut, exceptionnellement, provoquer une papillomatose laryngée juvénile — une maladie bénigne mais récidivante chez l'enfant, qui justifie quelques précautions à la naissance. Cette transmission n'est pas une indication systématique de césarienne. La discussion se fait au cas par cas avec votre obstétricien si vous présentez des lésions visibles au moment de l'accouchement.

« Et le HPV oral ? Le baiser ? »

Les rapports oro-génitaux peuvent transmettre le HPV à la sphère oro-pharyngée — c'est la voie de transmission principale des cancers HPV de la gorge, en augmentation marquée depuis 20 ans. Le baiser simple présente un risque théorique très faible et n'a pas été démontré comme une voie significative d'infection. Là encore, la vaccination protège efficacement contre les souches à haut risque.

Verrues génitales et HPV : la confusion fréquente

Beaucoup de patientes confondent les verrues génitales (condylomes) et les lésions précancéreuses du col. Ce sont deux manifestations différentes du HPV, causées par des types de virus distincts :

Verrues génitales

Causées principalement par les types HPV 6 et HPV 11, dits « à bas risque ». Visibles, parfois récidivantes, mais ne dégénèrent pas en cancer. Apparaissent sur la vulve, le périnée, l'anus, le pénis ou le scrotum.

Lésions précancéreuses du col

Causées par les types à haut risque oncogène (HPV 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58…). Silencieuses, sans symptôme — d'où l'importance du dépistage par frottis ou test HPV.

Le vaccin Gardasil 9 couvre les deux catégories : il prévient à la fois les condylomes (types 6 et 11) et les principales souches cancérigènes (16, 18, 31, 33, 45, 52, 58). Une seule vaccination protège donc contre ces deux manifestations très différentes du virus.

Que faire en couple si l'un est positif ?

La situation se présente régulièrement en consultation : un partenaire reçoit un résultat HPV positif, l'autre s'inquiète. Voici les repères concrets.

Ce qu'il faut savoir

  • Pas besoin de tester l'autre partenaire s'il s'agit d'un homme — il n'existe pas de test HPV chez l'homme. Si c'est une femme, le dépistage normal selon son âge s'applique.
  • Pas besoin de mettre une protection systématique entre vous : à ce stade, vous avez probablement déjà été exposé(e). La transmission peut s'être déjà produite, et le virus circule fréquemment dans les deux sens au sein d'un couple.
  • La vaccination du partenaire peut être discutée s'il a moins de 26 ans — elle peut prévenir les souches qu'il n'aurait pas encore contractées.
  • Le dépistage de la partenaire doit être suivi normalement (frottis ou test HPV selon l'âge).

En pratique, dans un couple stable, la découverte d'un HPV positif chez l'un implique rarement une modification du comportement sexuel — sauf en cas de lésions visibles type condylome, où une consultation est justifiée pour les deux partenaires.

La meilleure protection : la vaccination avant l'exposition

La conclusion logique de ce qu'on vient de voir, c'est que la vaccination avant le début de la vie sexuelle est, et de loin, la meilleure prévention. C'est pour cela que la HAS recommande de vacciner entre 11 et 14 ans — bien avant l'exposition probable au virus.

Pour les jeunes adultes déjà exposés mais pas encore à toutes les souches, le rattrapage jusqu'à 26 ans (remboursé depuis décembre 2025) reste utile : il protège contre les souches non encore contractées. Le détail du calendrier, des effets secondaires et des idées reçues est traité dans l'article dédié Vaccination HPV : qui, quand, pourquoi ?.

Une question, un résultat, un doute ?

Le Dr Jérémie Zeitoun reçoit en consultation pour analyser votre dossier, expliquer un résultat ou discuter d'une stratégie de prévention adaptée à votre situation.

Questions fréquentes

Combien de temps après l'infection apparaissent les premiers signes ?

Le HPV est presque toujours silencieux. La majorité des infections n'entraînent aucun symptôme et se résolvent spontanément. Quand des lésions apparaissent (condylomes, lésions précancéreuses du col), elles peuvent survenir plusieurs mois ou plusieurs années après l'infection initiale — d'où la difficulté de remonter à un partenaire « source » précis.

Une infection HPV peut-elle revenir après avoir disparu ?

Oui, deux mécanismes existent : la réinfection (par une nouvelle souche, ou par la même souche provenant d'un autre partenaire), et la réactivation d'une infection latente, lorsque le système immunitaire est affaibli (stress, maladie, traitement immunosuppresseur, grossesse).

Puis-je avoir des rapports sexuels avec un test HPV positif ?

Oui. Un test HPV positif n'est pas une contre-indication aux rapports sexuels. Si vous êtes en couple stable, votre partenaire a probablement déjà été exposé. Si vous changez de partenaire, le préservatif réduit (mais ne supprime pas) le risque de transmission. La vaccination du partenaire reste pertinente s'il a moins de 26 ans.

Faut-il prévenir mes anciens partenaires ?

Ce n'est pas une obligation médicale (contrairement à d'autres infections sexuellement transmissibles comme le VIH). Cela dit, l'information peut être utile : un ancien partenaire peut souhaiter en parler à sa propre compagne ou compagnon, ou se faire vacciner s'il a moins de 26 ans. C'est un choix personnel, sans recommandation officielle.

Les femmes vierges peuvent-elles avoir un HPV ?

C'est extrêmement rare. La transmission non sexuelle (objets, mains, voie verticale mère-enfant) existe mais reste exceptionnelle. C'est pour cela que le dépistage par frottis ne commence qu'à 25 ans en France, et seulement chez les femmes ayant eu une activité sexuelle.

Mon partenaire et moi avons toujours utilisé un préservatif. Comment ai-je pu avoir le HPV ?

Le préservatif ne couvre pas toutes les zones potentiellement infectées : la vulve, le périnée, le scrotum et la base du pénis restent en contact direct lors des rapports. Par ailleurs, des contacts intimes sans pénétration (caresses, sexe oral) peuvent transmettre le virus. C'est l'une des raisons pour lesquelles la vaccination est plus efficace que le préservatif pour prévenir le HPV.

Sources scientifiques

  1. Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Human papillomavirus (HPV) and cervical cancer, fiche d'information actualisée 2025.
  2. Haute Autorité de Santé (HAS). Vaccination contre les papillomavirus : élargissement de la cohorte de rattrapage vaccinal, 13 mai 2025.
  3. Institut National du Cancer (INCa). Papillomavirus humains et cancers en France, 2024-2025.
  4. Centre National de Référence des Papillomavirus Humains (CNR HPV). Données épidémiologiques actualisées.
  5. de Sanjosé S et al. Human papillomavirus genotype attribution in invasive cervical cancer: a retrospective cross-sectional worldwide study. The Lancet Oncology, 2010.
  6. Bouvard V et al. A review of human carcinogens — Part B: biological agents. The Lancet Oncology, 2009.
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