Une mutation BRCA1 ou BRCA2 expose à un risque élevé de cancer de l'ovaire et de la trompe. L'ablation préventive des ovaires et des trompes — la salpingo-ovariectomie bilatérale — est aujourd'hui la mesure la plus efficace pour réduire ce risque. Reste à décider quand l'envisager, comment elle se déroule, et comment accompagner la ménopause qu'elle entraîne.
Si vous êtes porteuse d'une mutation BRCA et envisagez une chirurgie de réduction du risque, le Dr Zeitoun reçoit en consultation, reprend votre dossier d'oncogénétique et votre imagerie, et programme l'intervention par cœlioscopie à la Clinique Hartmann de Neuilly.
La décision repose sur une mutation confirmée et un conseil d'oncogénétique ; le dossier est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire.
L'annexectomie prophylactique — terme médical pour l'ablation préventive des ovaires et des trompes — est la principale chirurgie de réduction du risque proposée aux femmes porteuses d'une mutation BRCA1 ou BRCA2. On parle aussi de salpingo-ovariectomie bilatérale, ou de RRSO selon le sigle anglo-saxon.
Son objectif est clair : en retirant les ovaires et les trompes avant l'apparition de la maladie, on réduit fortement le risque de cancer. C'est une décision importante, qui touche à la fertilité et provoque, avant la ménopause naturelle, une ménopause chirurgicale à anticiper.
Cet article explique à quel âge l'intervention est conseillée selon le gène, pourquoi on retire aussi les trompes, comment se déroule la cœlioscopie, et comment accompagner la ménopause induite. Il s'inscrit dans la démarche plus large de chirurgie préventive BRCA, dont le volet mammaire est la mastectomie prophylactique, et s'appuie sur les recommandations de l'INCa.
Si vous êtes porteuse d'une mutation BRCA et envisagez une chirurgie de réduction du risque, le Dr Zeitoun reçoit en consultation, reprend votre dossier d'oncogénétique et votre imagerie, et programme l'intervention par cœlioscopie à la Clinique Hartmann de Neuilly.
Avant de parler d'âge et de calendrier, quelques repères : ce que retire exactement l'intervention, et pourquoi les trompes comptent autant que les ovaires.
On a longtemps pensé que les cancers « de l'ovaire » naissaient toujours dans l'ovaire. On sait aujourd'hui qu'une grande partie des cancers de l'ovaire les plus fréquents chez les femmes BRCA — les carcinomes séreux de haut grade — débutent en réalité dans la frange de la trompe de Fallope (l'extrémité frangée de la trompe, juste au contact de l'ovaire).
C'est la raison pour laquelle la chirurgie préventive retire systématiquement les deux ovaires et les deux trompes : c'est l'annexectomie bilatérale. Retirer les seuls ovaires laisserait persister un point de départ possible de la maladie.
À retenir : l'annexectomie prophylactique concerne les ovaires et les trompes. Elle ne retire pas l'utérus, qui n'est ôté que dans des situations particulières. C'est une chirurgie de réduction du risque : elle abaisse fortement le risque, sans le ramener tout à fait à zéro, car le péritoine reste en place.
L'âge conseillé dépend du gène muté, parce que les cancers de l'ovaire liés à BRCA1 surviennent en moyenne plus tôt que ceux liés à BRCA2. Il tient toujours compte, aussi, de votre histoire familiale et de votre projet de vie.
L'intervention n'est jamais une urgence : elle se prépare. Quatre éléments encadrent la décision.
Une mutation BRCA1 ou BRCA2 documentée par test génétique, dans le cadre d'un conseil d'oncogénétique.
Le contexte familial de cancers du sein et de l'ovaire affine l'âge conseillé et l'urgence relative.
L'annexectomie entraîne une infertilité définitive : elle se discute lorsque vous n'envisagez plus de grossesse.
La compréhension et l'organisation de la ménopause chirurgicale font partie intégrante de la décision.
Et si un désir de grossesse persiste ? L'intervention peut être différée, en associant surveillance et, parfois, préservation de la fertilité. Le Dr Zeitoun ne pratique pas la PMA : ce volet est organisé avec une équipe de médecine de la reproduction. Pour comprendre l'ensemble de la stratégie héréditaire, voir aussi le risque sein-ovaire.
La salpingo-ovariectomie bilatérale est, à ce jour, la mesure la plus efficace pour réduire le risque de cancer de l'ovaire et de la trompe chez les femmes BRCA. Voici ce qu'elle apporte — et ses limites, énoncées honnêtement.
Réduction d'environ 80 % du risque de cancer de l'ovaire et de la trompe — jusqu'à environ 90 % dans certaines séries. C'est le bénéfice central, et il s'accompagne d'une baisse de la mortalité globale.
Une réduction d'environ 50 % du risque de cancer du sein a longtemps été décrite avant la ménopause, mais les études récentes la remettent en question. La prévention mammaire repose surtout sur la surveillance et, parfois, la mastectomie prophylactique.
Comme le péritoine — la fine membrane qui tapisse l'intérieur du ventre — n'est pas retiré, un risque très faible de cancer à ce niveau persiste. L'intervention réduit donc fortement le risque, sans le supprimer totalement.
Les ovaires et les trompes retirés sont analysés intégralement en anatomopathologie, selon un protocole dédié, afin de ne pas méconnaître une lésion débutante.
Sources des chiffres cités : réduction du risque ovaire/trompe — Rebbeck, JNCI 2009 ; Domchek, JAMA 2010 ; Finch, JCO 2014. Risque mammaire — Eisen, JCO 2005 ; Kauff, JCO 2008 ; nuance récente : Kotsopoulos, JNCI 2017.
Pourquoi pas seulement de la surveillance ? Aujourd'hui, aucun examen ne permet de dépister le cancer de l'ovaire de façon fiable et précoce : ni l'échographie pelvienne, ni le dosage du CA-125 (un marqueur mesuré dans le sang). La surveillance peut accompagner une période d'attente, mais elle ne remplace pas le bénéfice de la chirurgie de réduction du risque. À l'inverse, pour une masse ovarienne bénigne isolée, la logique est différente.
Que vous ayez déjà choisi la chirurgie préventive ou que vous souhaitiez un deuxième avis avant de décider, le Dr Zeitoun reprend votre dossier d'oncogénétique, explique le déroulement et la prise en charge de la ménopause, et opère par cœlioscopie à la Clinique Hartmann.
Le conseil génétique est assuré par un oncogénéticien ; la prise en charge hormonale est coordonnée avec votre gynécologue, médecin traitant ou sage-femme.
L'annexectomie prophylactique est une chirurgie réglée, réalisée par cœlioscopie sous anesthésie générale. Elle se prépare en amont et se déroule le plus souvent simplement.
Avant l'intervention, plusieurs étapes sécurisent la décision et la prise en charge de la ménopause à venir.
Confirmation de la mutation et conseil génétique : c'est le socle de l'indication. Le dossier est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Échographie pelvienne, parfois IRM, et bilan biologique. Le CA-125 (un marqueur mesuré dans le sang) peut être dosé, en sachant qu'il ne permet pas, seul, un dépistage fiable.
Information sur la ménopause chirurgicale, évaluation osseuse de référence (densitométrie) et plan de prise en charge décidé avant l'opération.
Consultation d'anesthésie obligatoire, et remise d'un devis détaillé avant l'intervention.
L'intervention se fait par quelques petites incisions, sous contrôle vidéo. Après inspection de la cavité abdominale et pelvienne, les ovaires et les trompes sont libérés puis retirés au plus près de leur pédicule vasculaire.
Les pièces sont extraites dans un sac d'extraction étanche, sans contact avec la paroi, puis adressées en anatomopathologie pour une analyse complète. L'intervention dure entre 30 et 45 minutes.
Dans certains cas, elle peut aussi être réalisée par vNOTES : une chirurgie par les voies naturelles (par le vagin), assistée par une caméra, qui évite toute cicatrice sur l'abdomen.
Hospitalisation & récupération : l'annexectomie prophylactique se réalise uniquement en ambulatoire (sortie le jour même) à la Clinique Hartmann. La douleur est modérée, soulagée par des antalgiques simples, et la reprise des activités courantes se fait en général en une à deux semaines. Cette chirurgie s'inscrit dans l'ensemble des gestes décrits dans la chirurgie des ovaires et des trompes.
Et si l'analyse révèle une lésion débutante ? C'est rare, mais possible. Dans ce cas, le dossier est repris en réunion de concertation pluridisciplinaire et la prise en charge suit les recommandations du cancer de l'ovaire. C'est précisément l'intérêt de l'analyse systématique : détecter au plus tôt.
Réalisée avant la ménopause naturelle, l'ablation des deux ovaires provoque une ménopause immédiate, souvent plus marquée qu'une ménopause spontanée. C'est un point central de la décision — et il s'accompagne, il ne se subit pas.
Les symptômes peuvent apparaître rapidement après l'intervention. Leur intensité varie beaucoup d'une femme à l'autre.
Chez une femme BRCA sans antécédent de cancer du sein, un traitement hormonal substitutif est le plus souvent envisageable jusqu'à l'âge de la ménopause naturelle (autour de 50-51 ans), pour atténuer les symptômes et protéger l'os et le cœur. On privilégie volontiers les œstrogènes par voie transdermique.
La décision est individualisée et prise avec votre gynécologue, médecin traitant ou sage-femme, et l'oncologue si besoin. En cas d'antécédent de cancer du sein, le THS est en revanche généralement contre-indiqué, et l'on s'oriente vers des alternatives.
Lorsque le THS n'est pas indiqué, des solutions existent contre les bouffées de chaleur (certains traitements non hormonaux), ainsi que des traitements locaux pour le confort intime.
Densitométrie de suivi, apports adaptés en calcium et vitamine D, et activité physique régulière pour limiter le risque d'ostéoporose précoce.
Surveillance du bilan lipidique et de la tension, hygiène de vie, dans le cadre d'un suivi global de la ménopause précoce.
L'adaptation à une ménopause précoce mérite un accompagnement : sommeil, humeur, sexualité et image de soi font partie de la prise en charge.
Le rôle de chacun : le Dr Zeitoun pose l'indication chirurgicale et réalise l'intervention. La prise en charge hormonale et le suivi de la ménopause sont coordonnés avec votre gynécologue et/ou médecin traitant et/ou sage-femme, dans une logique d'équipe — pour que la décision préventive ne se traduise jamais par une ménopause subie sans accompagnement.
Le suivi poursuit deux objectifs : accompagner la ménopause induite, et maintenir la surveillance des autres risques liés à la mutation — au premier rang desquels le sein.
Après l'intervention, le suivi accompagne la ménopause et maintient la surveillance des autres risques. L'objectif : vivre sereinement, avec des rendez-vous espacés et un interlocuteur clair pour répondre à vos questions.
Un rendez-vous vérifie la bonne cicatrisation, commente le résultat anatomopathologique et fait le point sur les premiers symptômes de la ménopause.
La mutation BRCA expose aussi au cancer du sein : la surveillance mammaire rapprochée (examen, mammographie, échographie et IRM mammaire selon les recommandations) se poursuit après l'annexectomie.
Suivi de la densité osseuse, du bilan cardiovasculaire et adaptation, si besoin, du traitement de la ménopause.
Le suivi se partage entre le chirurgien, le gynécologue et l'oncogénéticien, pour une prise en charge cohérente de l'ensemble du risque héréditaire.
Le volet mammaire ne s'arrête pas là. Pour certaines femmes BRCA, la réflexion se prolonge vers la mastectomie prophylactique et, le cas échéant, la prise en charge du sein. Ces décisions sont distinctes de l'annexectomie et se prennent à leur propre rythme.
De la première consultation au suivi, un cheminement clair, partagé et sans précipitation.
Chaque étape se construit avec vous : reprise de votre dossier d'oncogénétique et de votre imagerie, information complète, choix du moment et organisation anticipée de la ménopause. Le Dr Zeitoun pose l'indication et coordonne l'ensemble du parcours.
Reprise du dossier d'oncogénétique et de l'imagerie, examen clinique, analyse du contexte (âge, mutation, projet de vie).
Choix du moment, information complète, organisation anticipée de la ménopause. Discussion en RCP.
Cœlioscopie programmée à la Clinique Hartmann, consultation d'anesthésie préalable, devis remis à l'avance.
Contrôle, résultat anatomopathologique expliqué, prise en charge de la ménopause et poursuite de la surveillance mammaire.
C'est l'ablation préventive des deux ovaires et des deux trompes (salpingo-ovariectomie bilatérale), par cœlioscopie, chez une femme porteuse d'une mutation BRCA1 ou BRCA2. Elle réduit fortement le risque de cancer de l'ovaire, de la trompe et du péritoine. Les trompes sont systématiquement retirées car beaucoup de cancers dits ovariens naissent en réalité dans la trompe.
L'intervention est en règle générale recommandée à partir de 40 ans en cas de mutation BRCA1, et peut être différée jusqu'à 45 ans en cas de mutation BRCA2 (cancers plus tardifs), une fois le projet familial accompli. L'âge reste toujours individualisé selon l'histoire familiale et le type de mutation.
Parce qu'une grande partie des cancers de l'ovaire les plus fréquents débutent en réalité dans la frange de la trompe de Fallope — l'extrémité frangée de la trompe, juste au contact de l'ovaire. Retirer les ovaires et les trompes offre donc une protection plus complète que l'ablation des seuls ovaires.
Elle réduit d'environ 80 % (jusqu'à environ 90 % dans certaines séries) le risque de cancer de l'ovaire et de la trompe chez les femmes BRCA, et diminue la mortalité globale. Comme le péritoine (la membrane qui tapisse l'intérieur du ventre) n'est pas retiré, un risque très faible de cancer à ce niveau persiste.
Oui, si elle est réalisée avant la ménopause naturelle : l'ablation des deux ovaires entraîne une ménopause chirurgicale immédiate, souvent plus marquée qu'une ménopause spontanée. Sa prise en charge (traitement hormonal, prévention osseuse et cardiovasculaire) doit être anticipée avant l'intervention.
Chez une femme BRCA sans antécédent de cancer du sein, un THS est le plus souvent envisageable jusqu'à l'âge de la ménopause naturelle (autour de 50-51 ans), en privilégiant les œstrogènes transdermiques. La décision est individualisée, prise avec le gynécologue et, si besoin, l'oncologue. En cas d'antécédent de cancer du sein, le THS est généralement contre-indiqué.
L'annexectomie se réalise par cœlioscopie (ou par vNOTES, voie vaginale assistée par caméra), sous anesthésie générale, en 30 à 45 minutes. Les ovaires et les trompes sont retirés dans un sac d'extraction et analysés. Elle se fait uniquement en ambulatoire (sortie le jour même), avec une reprise des activités courantes en une à deux semaines.
Non, l'ablation de l'utérus n'est pas systématique. L'annexectomie prophylactique standard ne concerne que les ovaires et les trompes. Le retrait de l'utérus n'est discuté que dans des situations particulières et fait l'objet d'une décision partagée.
Un bénéfice mammaire a longtemps été décrit lorsque l'intervention est réalisée avant la ménopause, mais son ampleur est aujourd'hui débattue. La prévention du cancer du sein repose surtout sur la surveillance rapprochée et, dans certains cas, la mastectomie prophylactique, qui est une démarche distincte.
L'annexectomie entraîne une infertilité définitive : elle n'est proposée qu'une fois le projet parental abouti. Lorsqu'un désir de grossesse persiste, la stratégie associe surveillance et parfois préservation de la fertilité, et l'intervention est différée. Le Dr Zeitoun ne pratique pas la PMA et oriente vers les équipes spécialisées.
Oui. La décision repose sur une mutation BRCA confirmée et un conseil génétique. La consultation d'oncogénétique précise le risque, l'âge conseillé et accompagne la décision. Le dossier est par ailleurs discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire.
La chirurgie de réduction du risque chez une femme BRCA est une intervention médicalement justifiée, prise en charge par l'Assurance Maladie. Je pratique des dépassements d'honoraires (secteur 2 non-OPTAM), expliqués en consultation et formalisés dans un devis remis avant l'intervention.
Pour replacer l'annexectomie prophylactique dans l'ensemble de la démarche de prévention liée à une mutation BRCA.
La stratégie globale de réduction du risque chez les femmes BRCA1 et BRCA2 : sein et ovaire, surveillance et chirurgie.
Volet mammaireL'ablation préventive du sein chez les femmes à haut risque : indications, techniques et reconstruction.
Guide completToutes les interventions sur l'ovaire et la trompe par cœlioscopie : kystes, annexectomie, chirurgie préventive.
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Le conseil génétique relève de l'oncogénétique ; la prise en charge hormonale est coordonnée avec votre gynécologue, médecin traitant ou sage-femme.