La reconstruction par lambeau de la face interne de cuisse — gracilis (TMG/TUG) ou PAP — utilise la peau et la graisse de la racine de la cuisse pour reconstruire le sein. Une technique microchirurgicale autologue idéale pour les femmes minces à volume mammaire modéré, ou en alternative quand le DIEP n'est pas possible.
Le lambeau gracilis est une chirurgie qui exige deux spécialistes au bloc : un chirurgien oncologique sénologue pour la sécurité carcinologique, et un chirurgien plasticien microchirurgien pour le prélèvement du lambeau et les anastomoses vasculaires. Cette collaboration est la norme à l'Institut Gustave Roussy comme à la Clinique Hartmann.
Mastectomie, exploration axillaire, ganglion sentinelle, marges d'exérèse, préparation du site receveur pour le lambeau. Sécurité carcinologique et suivi oncologique.
Prélèvement du lambeau gracilis à la face interne de cuisse, dissection du pédicule vasculaire, anastomoses artérielle et veineuse sous microscope, modelage du sein reconstruit.
« Quand on m'a demandé pourquoi j'opère en binôme pour les lambeaux, j'ai répondu : parce qu'une reconstruction réussie, c'est deux spécialistes au sommet de leur art — pas un généraliste. »
Reconstruction par lambeau gracilis — opération réalisée en binôme avec un chirurgien plasticien à la Clinique Hartmann.
Le lambeau de la face interne de cuisse est une technique de reconstruction mammaire autologue qui utilise la peau et la graisse prélevées à la racine de la cuisse — sous le pli inguinal. C'est la technique de référence quand le tablier abdominal est insuffisant pour un DIEP, ou pour les femmes minces présentant un volume mammaire modéré.
L'intervention consiste à prélever un fuseau horizontal de peau et de graisse à la face interne de la racine de la cuisse. Deux variantes existent. Le lambeau de gracilis (TMG — transverse myocutaneous gracilis flap — ou TUG — transverse upper gracilis flap), décrit en 2004, emporte un petit muscle accessoire, le muscle gracile, avec le fuseau cutanéo-graisseux. Le lambeau PAP (Profunda Artery Perforator), décrit en 2012, ne prélève qu'un fuseau cutanéo-graisseux pur, sans aucun muscle.
Dans les deux cas, le lambeau est transféré au niveau du thorax. Ses vaisseaux sont reconnectés sous microscope avec les vaisseaux de l'aisselle ou du thorax, derrière la troisième ou quatrième côte : c'est le temps de microchirurgie qui maintient le tissu vivant. Le Dr Zeitoun ne pratique pas la microchirurgie — cette partie de l'intervention est réalisée en collaboration étroite avec un chirurgien plasticien microchirurgien expérimenté.
Le lambeau est ensuite modelé pour lui donner la forme d'un sein naturel (conique). Le volume apporté est moyen — une seconde intervention avec transfert de graisse autologue (lipomodelage) peut être nécessaire pour obtenir un volume plus important. La reconstruction est définitive et évolutive : elle suit les variations pondérales comme le sein naturel.
La reconstruction mammaire n'est jamais obligatoire. Elle reste un choix personnel, discuté en consultation sans pression ni délai imposé. D'autres techniques existent — lambeau DIEP, lambeau de grand dorsal, prothèse, reconstruction à plat — chacune avec ses avantages et inconvénients.
Le lambeau de la face interne de cuisse est la technique de choix pour les femmes minces à volume mammaire modéré, ou quand le DIEP n'est pas possible — notamment en cas de tablier abdominal insuffisant. C'est aussi une situation particulièrement adaptée à la mastectomie prophylactique bilatérale.
Les meilleures indications de ces lambeaux sont retrouvées chez les femmes minces (IMC inférieur à 30) qui présentent un volume mammaire modéré et une absence d'excès cutanéo-graisseux abdominal. Le volume apporté par la cuisse est suffisant pour restituer un sein harmonieux.
Quand le tablier abdominal est insuffisant pour un DIEP, ou en cas d'antécédent de chirurgie abdominale majeure contre-indiquant le prélèvement abdominal, le lambeau de cuisse offre une alternative autologue de référence — avec un site donneur éloigné, non irradié et bien vascularisé.
Dans le cadre d'une mastectomie prophylactique bilatérale (mutation BRCA notamment), la reconstruction par double lambeau de cuisse est une situation particulièrement adaptée — chaque cuisse fournit le lambeau pour reconstruire le sein homolatéral.
En cas de contre-indication à la mise en place d'une prothèse — antécédent de radiothérapie, refus personnel, ou complication sur reconstruction prothétique (coque, exposition) — le lambeau de cuisse constitue une solution autologue définitive et bien tolérée.
Le lambeau de cuisse est contre-indiqué chez les fumeuses actives (risque de nécrose du lambeau), en cas d'obésité (IMC ≥ 30), de diabète mal équilibré ou de pathologies cardio-respiratoires non compatibles avec une chirurgie microchirurgicale de plusieurs heures.
Deux techniques de lambeau de cuisse coexistent. Le lambeau de gracilis (TMG ou TUG), le plus ancien, prélève le muscle gracile avec la peau et la graisse. Le lambeau PAP, plus récent, ne prélève que le fuseau cutanéo-graisseux sans aucun muscle. Le choix dépend de l'anatomie de la patiente et de la stratégie du plasticien microchirurgien.
Décrit en 2004. L'intervention prélève un petit muscle accessoire, le muscle gracile, avec le fuseau cutanéo-graisseux de la face interne de cuisse. Le pédicule vasculaire est prélevé avec le muscle, ce qui rend la dissection plus simple et plus rapide.
Le muscle gracile est un muscle accessoire de l'adduction de la cuisse — son prélèvement est possible sans séquelle fonctionnelle notable. Les acronymes anglo-saxons TMG (transverse myocutaneous gracilis) et TUG (transverse upper gracilis) désignent la même technique.
Décrit en 2012. Le lambeau PAP (Profunda Artery Perforator) ne prélève qu'un fuseau cutanéo-graisseux pur, sans aucun muscle. Le pédicule vasculaire est prélevé entre les muscles adducteurs et ischio-jambiers, sans séquelle fonctionnelle sur la cuisse.
La dissection est techniquement plus délicate — les vaisseaux perforants doivent être disséqués avec précaution à travers la musculature — mais le respect de la fonction de la cuisse est optimal. Le PAP est une technique récente, réalisée par des plasticiens microchirurgiens expérimentés.
Le lambeau de la face interne de cuisse est une intervention complexe qui combine chirurgie oncologique mammaire et microchirurgie. Le Dr Zeitoun, chirurgien cancérologue sénologue, ne réalise pas personnellement le temps microchirurgical — la dissection du lambeau (gracilis ou PAP), le prélèvement du pédicule vasculaire et la reconnexion vasculaire sous microscope sont effectués par un chirurgien plasticien microchirurgien expérimenté.
Cette collaboration étroite est la garantie d'une prise en charge optimale : chaque temps de l'intervention est confié au chirurgien le plus expert de son domaine. Le Dr Zeitoun assure le bilan pré-opératoire carcinologique, la mastectomie et le suivi complet — le plasticien microchirurgien réalise le prélèvement du lambeau à la cuisse, les anastomoses microvasculaires et le modelage du sein reconstruit.
La plaque aréolo-mamelonnaire (PAM) et la symétrisation du sein controlatéral sont systématiquement proposées dans un second temps, une fois le volume du sein reconstruit stabilisé. Un lipomodelage (transfert de graisse autologue) peut également être nécessaire pour augmenter le volume si celui-ci est insuffisant. Ces gestes sont également remboursés par l'Assurance Maladie. La reconstruction par lambeau de cuisse ne modifie en rien la surveillance carcinologique — le suivi oncologique est maintenu avec la même rigueur.
Un bilan préopératoire habituel est réalisé conformément aux prescriptions. Le plasticien microchirurgien peut demander une imagerie vasculaire de la cuisse pour repérer les perforantes. L'imagerie du sein controlatéral (mammographie, échographie) est vérifiée si elle date de plus d'un an.
La consultation anesthésiste a lieu au plus tard 48h avant l'intervention. Des bas anti-thrombose peuvent être prescrits à porter avant même l'intervention, jusqu'à la sortie de l'établissement — les risques thrombo-emboliques sont élevés dans ce type de reconstruction.
Arrêt complet du tabac exigé au moins 1 mois avant l'intervention et jusqu'à la cicatrisation complète (environ 15 jours après l'intervention). Un test nicotinique urinaire peut être demandé le jour même — en cas de positivité, l'intervention est annulée. La cigarette électronique est considérée de la même manière.
Anesthésie générale classique. Consultation anesthésiste obligatoire au plus tard 48h avant l'intervention.
L'intervention dure 3 à 5 heures. Hospitalisation de 3 à 5 nuits, conditionnée par la surveillance microchirurgicale du lambeau et l'ablation du drainage.
Remboursée sur la base SS dans le cadre de l'ALD pour cancer du sein. Dépassements d'honoraires secteur 2 — devis remis en consultation.
La reconstruction par lambeau de cuisse restaure immédiatement un volume et une forme permettant de s'habiller normalement. La forme conique du sein reconstruit est au plus proche du sein naturel.
Au début, le sein peut apparaître un peu trop figé, avec des irrégularités ou une insuffisance de volume. Il faut attendre 2 à 3 mois pour apprécier le résultat définitif, une fois les tissus stabilisés. Une certaine asymétrie résiduelle (volume, forme, couleur, sensibilité) est inévitable.
Les cicatrices — thoracique et à la cuisse (du pli inguinal au sillon sous-fessier) — prennent un aspect rosé et gonflé les premiers mois, puis s'estompent progressivement. La cicatrice à la cuisse est bien dissimulée dans les plis naturels de la peau.
Le but est d'apporter une nette amélioration sans prétendre à la perfection. Si les attentes sont réalistes, le résultat obtenu devrait vous donner une grande satisfaction. L'intégration psychique du sein reconstruit peut demander plusieurs mois, période durant laquelle l'entourage médical et familial joue un rôle important.
La reconstruction mammaire par lambeau de la face interne de cuisse est une intervention chirurgicale minutieuse et longue. Les complications sérieuses sont heureusement peu fréquentes quand l'intervention est réalisée par une équipe expérimentée, mais il faut les connaître pour les anticiper.
C'est la complication spécifique et la plus redoutée du lambeau de cuisse. Elle survient par thrombose des microanastomoses vasculaires — la précarité de la vascularisation du lambeau, dont les vaisseaux sont rebranchés à l'aide d'un microscope, explique ce risque. Il est nettement plus élevé chez les patientes diabétiques, en surpoids, ou fumeuses.
L'arrêt du tabac est donc absolument obligatoire. Une thrombose nécessite une réintervention chirurgicale pour essayer d'éliminer le thrombus et sauver le lambeau. Si cette reprise échoue, la nécrose du lambeau nécessitera son retrait au cours d'une troisième intervention — un échec de reconstruction par lambeau n'empêchera pas pour autant une reconstruction ultérieure avec une autre technique.
Arrêt du tabac obligatoire ≥ 1 mois avant Surveillance rapprochée post-opératoireL'hématome est un risque inhérent à tout geste chirurgical. Il peut survenir malgré toute l'attention apportée par le chirurgien en per-opératoire. Cette complication peut nécessiter une reprise chirurgicale précoce pour évacuation et hémostase.
Surveillance post-opératoire rapprochée Reprise chirurgicale si nécessaireLa cytostéatonécrose crée des nodules fermes dans le sein reconstruit, indolores. Il est aisé de les différencier d'une récidive de la maladie par imagerie mammaire, mais leur apparition peut générer une anxiété compréhensible. Ces nodules peuvent être pris en charge par lipofilling ou excision chirurgicale si nécessaire.
Surveillance mammographique classique Lipofilling correcteur si besoinL'infection, bien que toujours possible, n'est pas fréquente dans les suites de cette intervention sans prothèse. Elle nécessite un traitement antibiotique adapté et, plus rarement, une reprise chirurgicale. Une antibioprophylaxie per-opératoire est systématique.
Antibioprophylaxie systématique Pas de matériel étrangerLa gêne au niveau de la cuisse peut être importante les premiers temps, obligeant la patiente à marcher de manière ralentie. Elle peut persister plusieurs mois, ce qui peut gêner les femmes sportives — mais les séquelles fonctionnelles sont négligeables à long terme.
Le prélèvement du muscle gracile (en cas de lambeau TMG/TUG) n'entraîne pas de perte de force notable — c'est un muscle accessoire de l'adduction. Avec le lambeau PAP, aucun muscle n'est prélevé, ce qui limite encore davantage les répercussions fonctionnelles.
Muscle gracile : muscle accessoire Séquelles négligeables à long termeLes risques thrombo-emboliques (phlébite, embolie pulmonaire) sont assez élevés dans ce type de reconstruction compte tenu de la durée opératoire. Il est possible que le médecin anesthésiste vous prescrive des bas anti-thrombose qu'il vous faudra porter avant même l'intervention, jusqu'à votre sortie de l'établissement. Des anticoagulants préventifs sont également prescrits.
Bas anti-thrombose avant + après Anticoagulation préventiveLes meilleures indications de ces lambeaux sont retrouvées chez les femmes minces (IMC inférieur à 30) qui présentent un volume mammaire modéré à reconstruire et une absence d'excès cutanéo-graisseux abdominal — ce qui contre-indique le DIEP.
C'est aussi une situation particulièrement adaptée à la mastectomie prophylactique bilatérale (mutation BRCA notamment), où chaque cuisse peut fournir le lambeau pour reconstruire le sein homolatéral. L'obésité (IMC ≥ 30) et le tabagisme actif sont des contre-indications.
IMC < 30, non fumeuse Volume mammaire modéré Mastectomie prophylactique bilatérale adaptéeLe lambeau de gracilis (TMG pour transverse myocutaneous gracilis flap, ou TUG pour transverse upper gracilis flap), décrit en 2004, prélève un petit muscle accessoire — le muscle gracile — en plus du fuseau cutanéo-graisseux de la face interne de cuisse.
Le lambeau PAP (Profunda Artery Perforator), décrit en 2012, ne prélève que la peau et la graisse, sans aucun muscle. Le PAP offre ainsi un meilleur respect de la fonction de la cuisse, mais son pédicule vasculaire est plus délicat à disséquer. Le choix entre les deux dépend de l'anatomie de la patiente et de la stratégie du plasticien microchirurgien.
Gracilis : avec muscle (2004) PAP : sans muscle (2012) Choix selon anatomieLa cicatrice s'étend du pli inguinal jusqu'au sillon sous-fessier, à la face interne de la racine de la cuisse. Elle suit les plis naturels de la peau et reste bien dissimulée.
Les cicatrices prennent un aspect rosé et gonflé les premiers mois, puis s'estompent progressivement sans jamais disparaître complètement. Elles peuvent parfois rester un peu trop visibles — hyperpigmentation, épaississement, rétraction, adhérence ou élargissement — et nécessiter un traitement spécifique.
Cicatrice dans les plis naturels Bien dissimuléeLe volume apporté par le lambeau de face interne de cuisse est moyen — c'est pourquoi cette technique est idéale pour les femmes minces présentant un volume mammaire modéré. Si un volume plus important est souhaité, une seconde intervention avec transfert de graisse autologue (lipomodelage ou lipofilling) peut être nécessaire.
Cette seconde étape est habituellement programmée 3 à 6 mois après la reconstruction initiale, une fois le lambeau stabilisé. Elle est fréquente, bien tolérée et également remboursée par l'Assurance Maladie. La plaque aréolo-mamelonnaire (PAM) et la symétrisation du sein controlatéral sont également reconstruites dans un second temps.
Volume moyen — adapté aux morphologies minces Lipomodelage en second temps PAM & symétrisation ultérieuresLa reconstruction mammaire après cancer du sein est prise en charge à 100% par l'Assurance Maladie sur la base du tarif Sécurité sociale, dans le cadre de l'ALD (Affection de Longue Durée). Cela inclut le lambeau de face interne de cuisse, la symétrisation du sein controlatéral et la reconstruction de la plaque aréolo-mamelonnaire.
Le Dr Zeitoun exerce en secteur 2 non OPTAM. Des dépassements d'honoraires s'appliquent. Un devis détaillé vous est remis avant toute intervention. Votre mutuelle peut rembourser tout ou partie des dépassements selon votre contrat.
100% base SS (ALD) Devis remis en consultation Mutuelle possible sur les dépassementsOui. Le lambeau peut être prélevé immédiatement lors de la mastectomie — on parle alors de reconstruction immédiate — soit à distance de la mastectomie et des traitements complémentaires qui ont été nécessaires : on parle alors de reconstruction secondaire.
En cas de reconstruction immédiate, la plaque aréolo-mamelonnaire (PAM) est conservée avec l'enveloppe cutanée du sein — elle n'a donc pas besoin d'être reconstruite. La cicatrice est alors placée dans le sillon sous-mammaire, avec une petite palette cutanée permettant la surveillance du lambeau dans les premiers jours post-opératoires.
En cas de reconstruction secondaire (après mastectomie déjà réalisée), la PAM et la symétrisation du sein controlatéral sont reconstruites ultérieurement, une fois le volume du sein stabilisé.
La décision entre reconstruction immédiate et différée est discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) selon votre situation oncologique.
Immédiate ou secondaire Décision en RCPChaque situation est unique. La consultation permet de définir ensemble la technique la mieux adaptée à votre morphologie, vos traitements reçus et vos attentes.