Résection conique du col pour une lésion CIN 2, CIN 3 ou un adénocarcinome in situ. Intervention ambulatoire de 15 minutes, fertilité préservée.
Auteur et révision médicale : Dr Jérémie Zeitoun, chirurgien cancérologue gynéco-sénologique — RPPS 10101463296 — formé à l'Institut Gustave Roussy, l'Institut Curie et au Centre François Baclesse. Voir le parcours complet →
Dernière mise à jour : · Sources : CNGOF, HAS, INCa 2020, SFCPCV. Références en bas de page.
La conisation est l'ablation chirurgicale d'un fragment en forme de cône du col de l'utérus, emportant la zone de jonction et la lésion précancéreuse. Le geste est à la fois diagnostique — la pièce est analysée au laboratoire pour préciser le grade exact et l'état des marges — et thérapeutique — la lésion est retirée en monobloc, ce qui élimine le risque d'évolution cancéreuse dans la quasi-totalité des cas.
Le cône retiré mesure en moyenne 15 mm de hauteur sur 1 à 2 cm de base. Il emporte la partie externe du col (exocol) et une portion du canal cervical (endocol) où se situe la zone de jonction entre les deux types d'épithéliums — c'est là que se développent 95 % des lésions précancéreuses.
La conisation se fait par voie vaginale — aucune cicatrice visible, aucune incision abdominale. Trois techniques existent : l'anse diathermique (la plus utilisée), le laser CO₂ et le bistouri froid. Le choix dépend de la taille et de la localisation de la lésion, du contexte (âge, projet de grossesse) et des préférences du chirurgien.
La conisation est proposée quand les biopsies colposcopiques confirment une lésion de haut grade. C'est-à-dire à partir du stade où la surveillance seule ne suffit plus, et où il devient nécessaire de retirer chirurgicalement la zone anormale pour éviter une évolution cancéreuse.
Ce sont les deux indications classiques. CIN 2 (dysplasie modérée) : traitement discuté selon l'âge, le désir de grossesse et le statut HPV — la surveillance est parfois possible chez la femme jeune. CIN 3 (dysplasie sévère) : la conisation est la règle.
L'AIS est une lésion précancéreuse glandulaire, plus rare et plus profonde, qui touche l'endocol. La conisation doit être plus haute qu'une conisation standard pour retirer intégralement la zone à risque. Le suivi est plus strict.
Si le frottis suggère une lésion plus sévère que celle vue à la colposcopie (par exemple HSIL cytologique sans lésion visible), la conisation permet d'analyser toute la zone de jonction et de trancher.
Quand la zone de jonction remonte dans le canal et n'est pas visible en totalité à la colposcopie — c'est fréquent chez la femme ménopausée — la conisation permet une exploration histologique complète.
Les CIN 1 (lésions de bas grade) ne sont pas opérées. Dans 60 % des cas, elles disparaissent spontanément en 1 à 2 ans. Le suivi repose sur le test HPV et la cytologie. C'est seulement en cas de persistance au-delà de 2 ans, ou d'évolution vers un CIN 2/3, qu'une conisation peut être envisagée.
La conisation est une intervention ambulatoire. Vous entrez à la clinique le matin et sortez dans la journée, en moyenne 4 à 6 heures après l'arrivée. L'intervention elle-même dure 15 à 20 minutes.
L'anesthésie générale est la plus fréquente en France pour la conisation : elle permet un confort maximal, une immobilité parfaite du bassin et une précision optimale du geste. La durée d'endormissement est très courte (15-20 minutes). Une anesthésie locorégionale (rachi-anesthésie) peut être proposée en alternative, notamment chez les patientes avec contre-indication à l'anesthésie générale. L'anesthésie locale pure (par infiltration cervicale) reste possible pour une petite conisation à l'anse, mais elle est rarement utilisée en France.
L'anse diathermique (LEEP ou LLETZ) est la technique de référence : une anse métallique fine, parcourue par un courant haute fréquence, sectionne le tissu en le coagulant simultanément. Elle est rapide, sûre et largement éprouvée. Le laser CO₂ permet une précision millimétrique appréciable pour les lésions très superficielles ou multifocales ; il est plus long à mettre en œuvre et plus coûteux. Le bistouri froid (cold knife cone) est réservé aux cas complexes — lésions glandulaires profondes, AIS — car il préserve mieux les marges pour l'analyse histologique, mais au prix d'un saignement plus important.
Les suites sont habituellement simples. La conisation ne provoque pas de douleur post-opératoire significative. Certaines patientes décrivent une gêne transitoire évoquant des règles douloureuses pendant 2 à 3 jours, calmée par un antalgique simple (paracétamol).
Pertes sanguines modérées pendant 2 à 3 semaines. Elles diminuent progressivement. Un saignement continu ou une hémorragie franche doit faire contacter le cabinet ou la clinique en urgence (rare : environ 1-2 % des cas).
Pertes marron-noirâtres parfois abondantes entre le 10ᵉ et le 20ᵉ jour — c'est l'évacuation de la croûte qui recouvre le col. Phénomène normal qui ne doit pas inquiéter.
Attendre 1 mois après la conisation pour reprendre une activité sexuelle. Cette règle limite le risque d'infection et d'hémorragie secondaire par chute d'escarre.
Pas de sport pendant 20 jours. Éviter les longs déplacements pendant 15 jours. La marche tranquille est bien tolérée dès le lendemain.
Pas de bain ni de piscine pendant 15 jours. Douches possibles sans restriction. Pas de tampon ni de coupe menstruelle pendant 1 mois — serviettes uniquement.
Un arrêt de travail n'est pas systématique. La plupart des patientes reprennent rapidement, parfois dès le lendemain pour un travail sédentaire. Quelques jours peuvent être utiles en cas de métier physique. À adapter en consultation pré-opératoire.
Quand consulter en urgence ? Saignement abondant (supérieur à des règles), fièvre > 38 °C, douleurs pelviennes intenses, malaise ou vertiges persistants. Contactez le cabinet au 01 58 05 11 24 ou en dehors des horaires, la Clinique Hartmann au 01 89 86 70 07.
C'est la question la plus fréquente en consultation. La réponse est rassurante : la conisation ne compromet pas la fertilité. L'utérus, les trompes et les ovaires sont totalement préservés. Les cycles menstruels reprennent normalement dès les premières semaines.
Les études les plus récentes (méta-analyses Kyrgiou 2016, Danhof 2021) montrent que le risque d'accouchement prématuré avant 37 semaines passe de 7 % dans la population générale à environ 10 à 14 % après conisation standard, et jusqu'à 20 % après cône profond (supérieur à 15 mm). Ce risque est proportionnel à la hauteur du cône retiré — d'où l'importance capitale de calibrer le geste au minimum nécessaire.
En pratique, chez une patiente avec projet de grossesse : le Dr Zeitoun discute systématiquement la stratégie en consultation pré-opératoire, en adapter la technique (anse fine, cône court) et le choix entre CIN 2 opéré vs surveillé quand c'est possible. Il est essentiel d'informer votre futur obstétricien de l'antécédent de conisation afin qu'un suivi obstétrical adapté soit organisé — mesure régulière de la longueur du col à l'échographie, et éventuellement cerclage prophylactique en cas de col court documenté.
Il n'y a pas de délai imposé après une conisation non compliquée. Certains praticiens recommandent d'attendre 3 mois — le temps d'obtenir les résultats définitifs et d'organiser le suivi post-opératoire. Une grossesse débutée avant ce délai n'est toutefois pas à risque particulier, et doit simplement être suivie avec la vigilance adaptée à l'antécédent de conisation.
Le suivi post-conisation repose sur des tests simples réalisés chez le gynécologue, la sage-femme ou le médecin traitant, selon un rythme adapté au grade de la lésion initiale et à l'état des marges.
Environ 15 à 25 % des conisations rapportent des marges non saines (atteinte par la lésion en bordure de la pièce). Contrairement à une idée reçue, cela ne signifie pas qu'une reprise chirurgicale est systématique. Dans la majorité des cas, les lésions résiduelles régressent spontanément. Une surveillance rapprochée par colposcopie et co-testing à 6 mois permet de décider. Une reprise (conisation itérative ou hystérectomie selon contexte) n'est envisagée qu'en cas de persistance documentée.
La vaccination HPV post-conisation est discutée au cas par cas chez les patientes de moins de 45 ans. Elle n'est pas officiellement recommandée en France à ce jour, mais plusieurs études suggèrent une réduction du risque de récidive chez les patientes vaccinées après traitement d'une CIN 2/3. Le Dr Zeitoun en parle en consultation et peut vous orienter vers votre médecin traitant ou gynécologue si vous souhaitez envisager cette option.
La conisation est une intervention sûre, largement éprouvée depuis des décennies, avec un taux de complications faible. Le Dr Zeitoun vous explique chaque risque en consultation pré-opératoire — cette information est une obligation légale et un temps essentiel de la décision partagée.
Saignement abondant dans les 15 jours suivant l'intervention, survenant le plus souvent au moment de la chute d'escarre (J+10). Nécessite en général une simple compression ou un tamponnement vaginal. Rarement (< 1 %), une reprise au bloc peut être nécessaire.
Rétrécissement cicatriciel du canal cervical, survenant parfois des mois après l'intervention. Peut provoquer des règles douloureuses, une rétention du flux (hématométrie), ou gêner la surveillance ultérieure. Traitement : simple dilatation, rarement reprise chirurgicale. Plus fréquent chez la femme ménopausée.
Risque de récidive d'une lésion CIN, principalement dans les 2 premières années. Plus élevé en cas de marges non saines, de HPV persistant, ou de tabagisme actif. C'est précisément l'intérêt du suivi prolongé à 20 ans minimum.
Endométrite ou infection pelvienne rare. Se manifeste par fièvre, douleurs pelviennes, pertes malodorantes. Traitement par antibiothérapie adaptée après prélèvement. Le respect des consignes post-opératoires (pas de bain, pas de rapports pendant 1 mois) est la meilleure prévention.
Le tabagisme augmente significativement le risque de complications chirurgicales (saignement, infection, retard de cicatrisation), mais aussi le risque de persistance et de récidive de la lésion HPV. Arrêter de fumer 6 à 8 semaines avant l'intervention élimine ce risque supplémentaire. Tabac Info Service (3989) propose un accompagnement gratuit.
Cabinet Paris 8e · Clinique Hartmann Neuilly · Secteur 2 non-OPTAM
Les réponses ci-dessous s'appuient sur les recommandations du CNGOF, de la HAS, de l'INCa 2020 et de la littérature médicale récente. Chaque question est fréquemment posée en consultation — cette section est régulièrement mise à jour.
Non, l'intervention elle-même est indolore car réalisée sous anesthésie (générale le plus souvent). Les suites opératoires sont habituellement bien tolérées : pas de douleur significative, parfois une gêne transitoire évoquant des règles douloureuses pendant 2 à 3 jours. Un antalgique simple (paracétamol) suffit dans la très grande majorité des cas.
Oui, dans la très grande majorité des cas. La conisation ne compromet pas la fertilité. Le risque d'accouchement prématuré est légèrement augmenté (7 % dans la population générale → 10-14 % après conisation standard), surtout si le cône est profond. C'est pourquoi le Dr Zeitoun calibre le geste au minimum nécessaire chez les patientes avec projet de grossesse. Il est essentiel d'informer votre futur obstétricien de cet antécédent pour un suivi adapté.
Un arrêt de travail n'est pas systématique. La conisation étant ambulatoire et peu douloureuse, de nombreuses patientes reprennent leur activité rapidement, parfois dès le lendemain pour un travail sédentaire. En cas de métier physique ou avec port de charges, quelques jours de repos peuvent être utiles. L'arrêt éventuel est discuté individuellement en consultation pré-opératoire et adapté à votre situation.
Ce sont les trois grades de lésions précancéreuses du col, appelées dysplasies. CIN 1 (bas grade) : anomalie légère, régressant spontanément dans ~60 % des cas — simple surveillance. CIN 2 (grade intermédiaire) : à surveiller ou traiter selon l'âge et le contexte. CIN 3 (haut grade) : anomalie sévère nécessitant un traitement, le plus souvent une conisation. Mais ce n'est pas encore un cancer — il faut en moyenne 10 à 15 ans pour qu'une CIN 3 non traitée évolue en cancer invasif, d'où l'intérêt fondamental du dépistage.
Aucune cicatrice visible. La conisation se fait par voie vaginale : pas d'incision cutanée, pas de suture externe. Le col cicatrise en 4 à 6 semaines. Un petit raccourcissement du col est visible en colposcopie de contrôle, sans impact esthétique ni fonctionnel dans la vie quotidienne.
Oui, mais il faut attendre 1 mois après l'intervention. Cette règle est essentielle : pendant la cicatrisation, les rapports augmentent le risque d'infection et peuvent provoquer un saignement par chute d'escarre. Après ce délai, la vie sexuelle reprend normalement, sans impact sur le plaisir ni sur la fonction.
Cela arrive dans 15 à 25 % des cas et ne signifie pas qu'il faut réopérer tout de suite. Dans la majorité des situations, les lésions résiduelles régressent spontanément. Une surveillance rapprochée par colposcopie et co-testing (frottis + test HPV) à 6 mois permet de trancher. Une reprise chirurgicale n'est envisagée qu'en cas de persistance documentée, et la décision est toujours discutée en consultation avec vous.
C'est une question discutée au cas par cas. La vaccination HPV post-conisation n'est pas officiellement recommandée en France à ce jour, mais plusieurs études suggèrent qu'elle peut réduire le risque de récidive de lésion cervicale chez les patientes vaccinées après traitement d'une CIN 2/3. Le Dr Zeitoun en parle en consultation avec les patientes concernées et peut vous orienter vers votre médecin traitant ou gynécologue si vous souhaitez envisager cette option.
Le résultat anatomopathologique est disponible en 2 à 3 semaines après l'intervention. Il précise le grade exact de la lésion, l'état des marges (saines ou non), et la présence éventuelle d'une micro-invasion. Une consultation post-opératoire est organisée à J+15 pour commenter ces résultats et planifier le suivi. Vous recevez systématiquement une copie du compte-rendu.
Le Dr Zeitoun exerce en secteur 2 non-OPTAM : des dépassements d'honoraires sont pratiqués, y compris pour les patientes en ALD. La base de remboursement Sécurité Sociale pour une conisation (code CCAM JKFA031) est de 93 €, mais les honoraires pratiqués sont supérieurs. Un devis personnalisé est systématiquement remis après consultation — il permet à votre complémentaire santé d'évaluer sa prise en charge. Le reste à charge dépend du niveau de votre mutuelle.
Cette page s'appuie sur les recommandations des sociétés savantes françaises et internationales, et sur des études récentes indexées à PubMed.
Dernière révision de cette page : 18 avril 2026 · Mise à jour prévue : juillet 2026.
Cabinet Paris 8e ou Clinique Hartmann Neuilly. Deuxième avis possible sur dossier.